LES RACINES HISTORIQUES DU FASCISME SANITAIRE (1/2)

LES RACINES HISTORIQUES DU FASCISME SANITAIRE de l’hygiénisme anti polonais à l’imaginaire nazi, de la tuberculine à la tentation du modèle chinois…

Pour beaucoup le sort des non vaccinés, des deux doses hors délais n’est qu’un détail sans importance, au mieux un point Godwin. Malheureusement la crise politique qui découle des évènements récents laissera des traces . La France s’est surprise à réduire une partie de ses citoyens au rang de métèques (au sens grec du terme) . Au moment où le reste du monde prend enfin conscience de la dérive, notre pays met en place l’apartheid

Les exemples de délires hygiénistes sont assez nombreux en histoire. Ils nécessitent une perversion de la science, la volonté totalitaire d’en mettre en pratique les lois sur Terre, l’absence d’état de droit pour imposer des contrepouvoirs, la docilité d’une population faisant sienne la banalité du Mal.

Le prétexte n’est jamais un vrai risque épidémique mais l’invention d’une menace terrifiante et infondée. Une théologie de la peur , fabriquée par de faux spécialistes , balaie tout  et rien ne l’arrête …

La peur de l’épidémie peut conduire aux pires abus quand l’état de droit n’est plus respecté. La liberté peut elle céder le pas devant l’intérêt collectif ?  L’imaginaire l’emporte sur la science et le pire devient possible. La liberté est alors conditionnée par le respect de règles sanitaires que la Raison  contredit. On peut aller très loin dans l’immonde et distinguer des catégories d’hommes en fonction de l’âge ou de la race, des degrès d’acceptation d’un traitement présenté comme magique

La dictature devient alors préférable à la démocratie. Les mesures prises actuellement en France ne sont pas anecdotiques, pas plus que ce sidérant rapport du Sénat dans lequel trois sénateurs en arrivent à envier les modèles de contraintes chinoises…

https://www.senat.fr/rap/r20-673/r20-673.html

I L’hygiénisme moderne est né au 19eme siècle et il s’est construit à l’encontre de la Pologne désignée comme le foyer épidémique par excellence.

L’hygiénisme moderne est une dérive de ce que l’on appelle la révolution pasteurienne.

Le « microbe » se définit comme un objet aux dimensions multiples (biologique et médical, juridique et économique, pédagogique, morale). La « révolution » qui le concerne paraît influencée par trois séries de phénomènes distincts : l’hygiénisme, l’industrialisation et la microbiologie. ».

 

Jusqu’à Pasteur, les hygiénistes se heurtent, tant chez leurs interlocuteurs que dans leurs propres rangs, au scepticisme, voire au fatalisme, concernant l’efficacité de leur action. L’identification d’un agent corrupteur, le microbe, et de son double, le montreur de microbes, suscite un intérêt à la fois scientifique et stratégique. Le lien social est redéfini comme étant composé de microbes : si l’on veut des rapports économiques et sociaux proprement dit, il faut extirper le microbe et pour ce faire, placer le représentant des hygiénistes et des pastoriens dans tous les endroits où leur présence sera nécessaire. Tous les grands problèmes de l’hygiénisme bénéficient ainsi d’une retraduction qui les rend socialement davantage audibles. Au final, les hygiénistes ont eu besoin des convictions pastoriennes pour créer les réseaux d’assainissement et étendre la circulation des biens et des personnes.

https://www.cairn.info/revue-corps-2011-1-page-165.htm

Deux courants s’opposent , les infectionnistes qui rendent les lieux infectés reponsables de la maladie et préconisent la prophylaxie , de l’autre les contagionistes qui affirment que les contacts de personne à personne sont responsables et préconisent la quarantaine et l’isolement .

Bernard et Pasteur démontrent que les deux sont possibles

Les travaux de Louis Pasteur lui ouvrent de nouvelles perspectives : d’où viennent les agents de la fermentation ? Naissent-ils de germes semblables à eux ou apparaissent-ils « spontanément » comme le suppose la théorie de la génération spontanée ?

Dès lors, il indique les moyens de les éviter et de les combattre. Il définit les bases de l’hygiène personnelle et sociale. Il préconise l’usage de l’asepsie, c’est-à-dire, l’ensemble des mesures propres à empêcher tout apport exogène de micro-organismes ou de virus sur des tissus vivants ou des milieux inertes (déf. Larousse). Il conseille la stérilisation des linges, le flambage des instruments, la propreté des mains. Des recommandations à l’origine du prodigieux essor de la chirurgie moderne.

Edward Jenner (1749-1823) avait découvert que l’on pouvait protéger les humains contre la variole en leur inoculant la vaccine, une maladie habituellement rencontrée chez les bovins et identique à la variole et pourtant bénigne chez l’homme. La découverte de Jenner reposait sur une circonstance exceptionnelle, à savoir l’existence chez l’animal d’une maladie proche de la maladie humaine et dont l’agent provoquait une protection chez l’homme.

Sur ce principe, Louis Pasteur utilise les agents infectieux eux-mêmes pour obtenir l’immunisation, selon des procédés généralisables à un grand nombre de maladies comme le choléra des poules (1878) ou le charbon (1881).

Peut on trouver un vaccin contre tous les microbes? C ‘est dans cette ambition que dérive l’hygiénisme.Faute de résultats il se réfugie alors dans les vieilles thèses contagionistes

Pasteur lui même n’échappe pas à cette dérive avec la vaccination controversée contre la rage. Le petit Meistera t il été mordu par un chien enragé et Pasteur fut accusé de propager une rage de laboratoire. Le vaccin actuel est différent de celui de l’époque

https://www.cairn.info/revue-les-tribunes-de-la-sante1-2015-2-page-25.htm

Le typhus a tué plus de soldats de Napoléon que le froid ou les cosaques …

Est venue se rajouter l’idée de “cordons a n i t a i re” au siècle dernier (n’oublions pas que l’armée napoléonienne avait été décimée par le typhus, en 1812, en passant par les terres polonaises lors de la malencontre u s e
campagne russe). En 1888, le secrétaire général de la Société
française d’hygiène était convaincu que l’amélioration sanitaire
de la Pologne “qui est une sorte de trait d’union entre l’Orient
et l’Occident [aurait] une influence générale et civilisatrice de
p remier ord re. La Pologne hygiénisée […] serait capable de
servir de barrière aux diverses épidémies, toujours importées
d’Asie, qui viennent visiter la vieille Europe : peste, typhus,
choléra, diphtérie, fièvres éruptives […]”

Lodz était par ailleurs la ville
e u ropéenne ayant le triste privilège d’avoir le taux de mort a l i t é
le plus élevé d’Europe au tournant des XIXème et XXème s i è c l e s
(31,5 pour 1000 – comparé aux 17,9 pour 1000 de Paris à la
même époque) (12) mais, même à Varsovie, qui bénéficiait d’un
système sanitaire beaucoup plus évolué, on estime que vers
1880-1900, 32,8 habitants sur 10000 mouraient de maladies
contagieuse

L’épidémie de typhus de 1919-1921 aété à l’origine des stru c t u res contemporaines de santépublique internationale, en ce qu’elle a révélé le manque de
c o o rdination de mesures anti-épidémiques au niveau européen. Mais la signification du typhus dans l’histoire est encore
plus profonde. Synonyme de terreur et de désespoir pour d’innombrables individus, objet de re c h e rches des plus éminents
scientifiques, le typhus exanthématique a emporté des millions de personnes (les chiff res exacts n’ont jamais été établis
à notre connaissance) au cours de la pre m i è re moitié de notre
siècle. Le micro – o rganisme qui le provoque, Rickettsia pro –
wazecki, a été identifié pendant la Pre m i è re guerre mondiale,
alors que son vecteur – le pou – avait été repéré quelques années
plus tôt par le pasteurien Charles NI C O L L E ( 1 9 0 9 ).

la maladie a posé des problèmes de classification entre la virologie et la bactériologie . Si la famine, qui a suivi la révolution bolchevique de 1917, est restée dans les mémoires, on i g n o re souvent qu’à la même époque le typhus a aussi tué d’innombrables individus. Les Allemands, qui
avaient mis en place un programme anti-typhique, déjà teinté
d’antisémitisme, dans les régions de Pologne qu’ils avaient
occupées de 1915 à 1918 (29), considéraient, dans les années
1920, que leur pays servait de véritable “mur anti-épidémique”,
p rotégeant le reste de l’Europe des maladies est-euro p é e n n e s ,
en particulier polonaises
La perception de la Pologne comme réservoir de typhus, de
saleté et de misère était plus répandue qu’on ne l’imagine
aujourd’hui. Un journaliste français décrivait ainsi son arrivée à la gare de Varsovie en 1928 :
Quelle odeur ! Ca sent le suif, la peau de mouton graisseuse,
la sueur, la crasse. Ces gens-là ne se sont jamais lavés de
toute leur chienne de vie ! la vermine, sur eux, doit gro u i l l e r
à plaisir… Pouah ! L’ O r i e n t! L’ O r i e n t! ( 2 6 )
Si la stabilité relative et le développement économique et social
de la Pologne ont permis la décroissance spectaculaire de la
morbidité typhique à partir de 1922, la maladie ne disparut pas
e n t i è rement et comptait quelques milliers de cas par an en
Pologne. Avant l’apparition de l’insecticide DDT, qui réglera
le problème après la Deuxième guerre mondiale, les eff o rts se
concentraient sur l’obtention d’un vaccin , dont le plus eff icace fut élaboré par le chercheur polonais Rudolf WE I G L, à partir d’excréments de poux ; les Allemands se sont inspirés duvaccin de l’Américain COX et cultivaient le leur sur des œufs
de poules.

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