Dans les Deux-Sèvres, des heurts avec la gendarmerie lors d’une manifestation contre les « mégabassines »

Protesters throw stones at gendarmes during a demonstration part of a three-day gathering dubbed "Printemps maraichin", called by the collective "Bassines Non Merci" (Basins No Thank You) and the Confederation Paysanne farmers' union, to protest against a project to build large scale agricultural water storage basins in the Marais Poitevin marshland area, in La Rochenard, western France, on March 26, 2022. (Photo by Sebastien SALOM-GOMIS / AFP)

A La Rochénard, une mobilisation a rassemblé des milliers d’opposants à ces réserves d’eau géantes destinées à l’irrigation agricole.

Le Monde avec AFP

Publié LE 26 03 2022

Des heurts sporadiques entre gendarmes et manifestants ont marqué, samedi 26 mars après-midi, à La Rochénard (Deux-Sèvres), une mobilisation qui a rassemblé des milliers de personne enopposition aux « mégabassines », ces réserves d’eau géantes destinées à l’irrigation agricole.

Le « printemps maraîchin », manifestation prévue pour durer jusqu’à dimanche, a rassemblé samedi entre 4 200 (selon la préfecture) et 7 000 personnes (selon les organisateurs).

Les premiers heurts se sont produits lorsque des groupes de manifestants se sont dirigés vers une zone interdite par les autorités. Peu avant, certains venaient de déterrer, à coups de pelles et de pioches, des éléments de canalisation « destinés à être raccordés au réseau de futures bassines », selon les Soulèvements de la terre, coorganisateur de la mobilisation.

Vers 18 heures, le cortège regagnait, dans le calme, le point de départ de la manifestation à La Rochénard.

« Une privatisation de l’eau »

Réunis à l’appel du collectif Bassines non merci, fer de lance de l’opposition aux projets de ces retenues d’eau, et de la Confédération paysanne, les manifestants réclament « l’arrêt de tous les projets de “mégabassines” », qu’ils considèrent comme « une privatisation de l’eau ».

« L’eau est bien commun, partageons-la »« Rechargez les nappes phréatiques avant de stocker l’eau », pouvait-on lire sur les banderoles brandies dans une foule composée de jeunes adultes et de retraités, de familles, de militants associatifs et syndicaux, ainsi que de personnes venues en bleu de travail ou encagoulées.

Un très important dispositif de gendarmerie avait été mis en place, les autorités craignant que les débordements déjà survenus lors de précédentes manifestations ne se répètent.

Plusieurs armes blanches, dont de gros couteaux et des mortiers d’artifice, ont été saisies lors de fouilles préventives dans la matinée, selon la préfecture qui, comme celle de Charente-Maritime, avait interdit de manifestation un périmètre d’une dizaine de kilomètres dans les communes avoisinantes.

Les « mégabassines », des excavations recouvertes d’une membrane plastifiée, doivent être alimentées par les cours d’eau et les nappes phréatiques en hiver pour servir l’été à des agriculteurs irrigants quand la ressource manque.

Ces dernières années, l’opposition à ces projets s’est cristallisée dans les Deux-Sèvres, notamment à Mauzé-sur-le-Mignon, où a été creusée la première des seize retenues prévues sur le bassin de la Sèvre niortaise, crucial pour l’alimentation du Marais poitevin.

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