Hier, dans Paris, la police aura fait la chasse aux arabes.

. C’est qu’ils ont eu la mauvaise idée de fêter comme les blancs, une victoire dans un championnat sportif. Dans les centres d’hébergements, les noirs sont expulsés pour laisser place aux ukrainiens blancs. A Calais, on ne sait plus s’il faut parler de persécution ou de torture pour dire la méchanceté qui s’y déploie. A la Gare du Nord et dans les souterrains de la RATP, les hommes noirs sont régulièrement extraits des flux des voyageurs. Dans les cités périphériques des grandes villes, la vie des jeunes hommes noirs dépend de l’humeur des policiers. L’homme blanc et bourgeois qui conduit cette politique en France depuis cinq années est donné gagnant à tout les sondages d’opinion. Si un intellectuel Français à pu dire il y a quelques années que le racisme venait d’en haut, ne voulant sans doute pas croire que la France pouvait devenir majoritairement raciste, majoritairement au point que la presse n’ait plus rien à en dire, au point qu’un ministre de l’intérieur ait pu dire à la porte-parole traditionnelle du racisme qu’elle était dans la mollesse ; qu’il lui fallait reprendre des vitamines ; qu’elle était allée trop loin dans la stratégie de dédiabolisation et que lui, ministre de l’intérieur de celui qui a été élu contre l’extrême droite, était bien plus dur et prétendrait désormais à la représentation légitime du racisme traditionnel de ce pays ; au point qu’un courant encore plus radical ait pu se frayer une place conséquente dans le paysage politique, proposant un racisme plus systématique, plus bureaucratique et plus méthodique, relevant les enchères à droite. Si un intellectuel a pu dire que le racisme venait d’en haut, qu’il était le fait exclusif de l’État et de la police, les sondages montrent bien le contraire. A savoir que des millions de personnes possédant le droit de vote s’apprêtent à voter pour un candidat ou une candidate proposant une politique raciste ; A savoir que le président-candidat Emmanuel Macron avec ses deux ministres d’extrême droite respectivement à l’intérieur et à l’éducation nationale et son préfet de police néo-fasciste, sont placés en tête de toutes les intentions de vote. Et dans ce contexte d’un racisme massif et populaire où l’on a vu des manifestations aux élans révolutionnaire d’abord habitées par des néofasciste puis ensuite portées par eux, sans que cela n’affole davantage – ce qui aurait du affoler bien vite ; dès que fasciste et anti-fasciste fut présentés comme deux choses identique -, dans ce contexte de manifestations où l’horizon s’est recouvert de drapeaux tricolore et l’espace sonore saturé de l’hymne national, des milliers de personnes en sont encore au petit calcul électoral qui va de l’abstentionnisme revêtu de la sainteté révolutionnaire à la théorie du petit cheval. C’est qu’à la vérité iels partagent avec les électeur-ices de Macron ce doux sentiment que le racisme en France n’est que le fait de quelques publicistes, et que vis-à-vis de l’Histoire, il n’est que résiduel. Iels opposent au jeune homme noir persécuté par la police française l’Histoire qui en retour les autorisent à poursuivre tranquillement leur petit jeu de cheval et leur sainteté révolutionnaire. Et c’est ainsi que jusqu’au soir même de cette élection présidentielle on verra des noirs chassés de leur logements pour y loger à la place des blancs et au lendemain de la victoire annoncé du trio Macron-Darmanin-Blanquer, les gauchistes bavarder sur l’insurrection qui ne manquera pas de venir et les joueurs de chevaux se repasser leurs défaites en boucle, tandis qu’à Calais les affaires d’un un jeune homme noir seront jeté à la poubelle, son abri de fortune détruit, qu’à la Gare du Nord, un corps noirs sera fouillé. Et dans le capharnaüm général c’est à peine si on entendra un noir étouffer sous le poids de trois policiers. Ces quelques milliers de personnes qui en sont encore à jouer au petit cheval et les quelques autres satisfait de scruter l’horizon-révolutionnaire-qui-ne-maquera-pas-de-venir-tant-est-vrai-que-le-monde-est-gorgé-de-colère, forment le bloc cynique comme on a pu parler du bloc bourgeois. En eux cette certitude : les noirs peuvent bien supporter encore. Soit qu’ils ne supportent pas assez et qu’ils peuvent porter davantage, soit que ne supportant plus ils finiront par porter pour nous les blancs ce que nous avons si mal porté jusque là. Le bloc cynique ainsi constitué à quelques jours d’une élection qui va déterminer le destin du monde – car il faut le rappeler, la France est une puissance dans un empire, elle a la capacité de détruire le monde ; privilège des puissantes nations que de détruire le monde – ce bloc cynique est devenu le fardeau que traine le XXI°s. Ce siècle est le dernier du monde connu. Nous le savons que trop. Et le bloc cynique s’est donné comme mission que le monde connu s’abîme avec la même violence qu’il s’est inauguré, afin de vivre ce qui leur a été – venu après – refusé de vivre. Après avoir vu tant de larmes et de sang dans les salles obscure le bloc cynique désir de vraies larmes et du vrai sang. Le bloc cynique désir tout bas ce que les racistes réclament tout haut : Vive la mort ! Et à ce cri, nous opposeront le plus petit des gestes, le plus simple de tous, le plus a porté de main de n’importe quel blancs écologiste, anti-raciste, ayant accepté de se dépouiller de sa grandeur historique, de se délesté de toutes ses constructions théoriques, pour enfin se voir tel qu’il est – a savoir blanc dans un monde où les noirs étouffent sous le poids des uniformes et de l’air irrespirable, quand ils ne sont pas jetés en prison – celui d’aller voter et de déposer dans l’urne dès le premier tour un vote Mélenchon.
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