Verbalisée pendant une interview avec des « gilets jaunes », notre journaliste témoigne en vidéo

Notre journaliste Emmanuelle Anizon raconte comment elle a été verbalisée par la police alors qu’elle interviewait des « gilets jaunes », le soir du premier tour de l’élection présidentielle. (Jamel Bouabane/Facebook – C. B./ »L’Obs »)IDÉO. Journaliste à « l’Obs », Emmanuelle Anizon raconte l’opération policière au soir du premier tour de l’élection présidentielle où elle a été verbalisée alors qu’elle interviewait des « gilets jaunes ».

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Dimanche 10 avril, soir du premier tour de l’élection présidentielle, Emmanuelle Anizon sort d’un café dans le quartier de la Madeleine à Paris. La journaliste de « l’Obs » avait rendez-vous avec des « gilets jaunes » dans le cadre d’un papier sur le vote « tout sauf Macron ». Il est 19h30.

Le petit groupe de six ou sept personnes fait à peine quelques pas quand une trentaine de policiers les encerclent et décide de les verbaliser pour « participation à une manifestation illégale ». Verbalisés, tous, même la journaliste qui présente sa carte de presse et explique être en train de travailler, envoyée par sa rédaction. Une véritable entrave à la liberté d’informer qu’Emmanuelle Anizon raconte dans la vidéo ci-dessous.

Au soir de cette scène incroyable, notre grand reporter a publié un article relatant cette intervention policière.

Son récit a provoqué une telle vague d’indignation que la préfecture a appelé la direction de « l’Obs » pour s’excuser, affirmant qu’il s’agissait d’une « erreur », tout en ajoutant que la journaliste n’avait pas présenté une carte de presse habituelle, que c’était un autre document. « Ce qui est totalement faux, précise Emmanuelle Anizon, j’avais cette fameuse carte de presse reconnaissable entre mille, et encore plus par des personnes travaillant pour le ministère de l’Intérieur. »

« Cela veut dire que, même dans une situation comme celle-ci, ils ont quand même essayé de mentir, ils ont quand même essayé d’affaiblir mon témoignage, en mentant expressément. »

Une amende « qui pose question »

Revenant sur la verbalisation de notre journaliste, jeudi 14 avril, Reporters sans Frontières (RSF) a dénoncé « les entraves de la police au travail d’Emmanuelle Anizon ».

Le préfet de police a annulé le procès-verbal pour « participation interdite à manifestation » d’Emmanuelle Anizon mais cette dernière tient à alerter sur la situation des médias plus petits et des journalistes indépendants « qui en bavent depuis quelques années ».« Il va falloir être très attentifs et très solidaires parce que ce qui est arrivé peut se reproduire, et de manière peut être moins visible, plus grave, comme ça se produit déjà pour des journalistes qui sont moins dans la lumière. »

La journaliste pense aussi aux « gilets jaunes » qu’elle interviewait :

« Je crains qu’eux aient à payer cette amende, alors qu’ils sortaient d’un café et étaient parfaitement pacifiques. Je tiens aussi à le dire, ces 135 euros d’amende pour participation à une manifestation illégale, il y a quelque chose qui, là aussi, pose vraiment question. »Par Louis Morice

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1 Comment

  1. La réalité policière de Macron dépasse la fiction !!, encore une fois : on a plus le droit de se réunir pacifiquement en public ;donc ni peste ni choléra pour notre vote du 2ieme tour ;on vote blanc sinon rien et on demande le report des élections cette semaine ,en manif nationale vendredi soir,vue la suspension de la vie démocratique depuis 2 ans ;vie démocratique qui aurait pû nous faire débattre sur ces élections ;bref , pacifiquement , on sort du piège tendu par Macron en exigeant de tenir compte du vote blanc et des abstentions

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