VERS L’EXTENSION DE LA GUERRE ?

Les délégations de 40 Etats viennent de se réunir en Allemagne, à l’initiative des Etats unis, pour coordonner et intensifier leur soutien militaire à l’armée de Zelensky. Qui peut croire que les bourgeoisies de ces 40 Etats se préoccupent du sort du peuple ukrainien ? L’objectif proclamé est clair : faire rendre gorge à l’impérialisme russe et affaiblir durablement ce concurrent.
De son côté, Poutine brandit ses missiles nucléaires et multiplie les menaces. Dans l’immédiat, la Russie bombarde les entrepôts d’armes occidentales sur le sol ukrainien. Mais, à partir de quel moment va-t-elle considérer que les impérialistes occidentaux sont, de fait, en guerre contre elle ? Seuls de naïfs juristes peuvent croire que les limites des guerres sont définies par des traités, des lois internationales.
Dans l’univers impérialiste, tout est question de rapports de forces. Sans compter les risques de bavures, un avion qui franchit une frontière, ça va vite, Poutine peut être tenté de bombarder les convois et stocks d’armes dans les pays frontaliers. Ce qui provoquerait une riposte de l’OTAN.
Jamais le monde n’a été aussi près du gouffre depuis la crise des missiles de Cuba, en 1962, qui fut sans doute mieux maîtrisée que celle-ci, dans un contexte de partage du monde plus ou moins respecté de part et d’autre.

OUEST-FRANCE.FR

Guerre en Ukraine. Près de 40 pays alliés se réunissent ce mardi pour armer Kiev

Les États-Unis réunissent ce mardi 26 avril 2022 en Allemagne une quarantaine de pays alliés pour armer davantage l’Ukraine face à l’envahisseur russe qui vise le contrôle total du sud du pays et de la région du Donbass.

Un père et son fils examinent un char russe dans le village de Dmytrivka, près de Kiev, le 24 avril 2022. | SERGEI SUPINSKY / AFP

Une quarantaine de pays se réunissent ce mardi 26 avril 2022 en Allemagne, à l’invitation des États-Unis, pour renforcer la défense de l’Ukraine. Selon le ministre américain de la Défense Lloyd Austin « peut gagner » face à la Russie, si on lui en donne les moyens.

Le 25 avril, le président ukrainien Volodymyr Zelensky (au fond à droite)en réunion avec le Secrétaire à la défense américain Lloyd Austin et le Secrétaire d’Etat Antony Blinken à Kiev en Ukraine, le 24 avril 2022. | UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE HANDOUT / EPA/MAXPPP

Kiev réclame de l’artillerie lourde et des blindés

« Ils peuvent gagner s’ils ont les bons équipements, le bon soutien », a-t-il souligné après ce déplacement au cours duquel il a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en compagnie du secrétaire d’État Antony Blinken.

Les États-Unis, qui fournissent le plus gros de l’aide militaire internationale à l’Ukraine, veulent « leur donner le type de soutien, le type d’artillerie et de munitions qui seront efficaces à ce stade du combat », a précisé le chef du Pentagone lors d’une conférence de presse en Pologne, non loin de la frontière ukrainienne.

Kiev réclame surtout de l’artillerie lourde et des blindés pour tenter de repousser les forces russes dans les vastes plaines du sud et de l’est du pays, mais l’équipement de fabrication russe auquel les forces ukrainiennes ont été formées se raréfie.

Un camion ukrainien passe près d’un tank russe détruit, sur une route près de Kiev, le 25 avril 2022. | OLEG PETRASYUK / EPA-EFE

Couches-culottes et canons

Le chef du Pentagone et Antony Blinken ont ainsi parlé à la presse depuis un entrepôt où s’empilaient des tonnes d’aide humanitaire et militaire prête à être chargée à bord de camions pour leur transfert vers l’Ukraine.

Non loin des palettes de matériel médical et de couches-culottes devant lesquelles ils étaient filmés étaient empilés des centaines d’obus et de roquettes de fabrication russe, données par des pays qui veulent généralement rester discrets sur leur participation à l’effort de guerre ukrainien.

À l’extérieur, sept véhicules tractant les canons Howitzers, d’une portée de 30 km, attendaient leur transfert, devant des centaines de palettes d’obus et de munitions diverses soigneusement alignées.

Mais cela ne suffit pas et les États-Unis, qui au début de l’invasion russe limitaient leurs envois à des armes « défensives », ont commencé à envoyer à Kiev des armements lourds de fabrication américaine, comme des obusiers Howitzers et des véhicules blindés divers.

« Nous discutons avec des collègues d’autres pays pour obtenir le même genre d’armement, et nous recevons des signes précurseurs qui montrent que beaucoup de pays vont se porter volontaires », a assuré le chef du Pentagone.

La France a d’ores et déjà annoncé qu’elle envoyait des canons Caesar d’une portée de 40 kilomètres, et le Royaume-Uni a donné des missiles anti-aériens Starstreak et des blindés.

Des alliés proches et lointains

La réunion est aussi destinée à assurer la sécurité de l’Ukraine à plus long terme, une fois la guerre terminée. « Il s’agit surtout de modernisation et de faire en sorte que leur armée soit toujours puissante et capable de fonctionner à l’avenir. Il ne s’agit pas de garanties de sécurité, mais bien de leur dispositif militaire réel », a indiqué vendredi à la presse le porte-parole du Pentagone John Kirby.

Cette réunion ne se déroule pas dans le cadre de l’Otan, même si le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, doit y participer. « L’Otan en tant qu’alliance ne fournit pas d’aide militaire à l’Ukraine, donc ceci n’est pas du tout fait dans le cadre de l’Otan », a souligné M. Kirby.

Parmi les 40 pays invités, on trouve les alliés européens des États-Unis, mais aussi des pays plus lointains comme l’Australie et le Japon qui craignent qu’une victoire russe en Ukraine créée un précédent et encourage les ambitions territoriales de la Chine.

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