LES LEGISLATIVES NE PEUVENT ETRE GAGNEES SANS ETRE ANCREES DANS LES LUTTES

Jacques Chastaing a partagé une publication.
11 h 
LES LEGISLATIVES NE PEUVENT ETRE GAGNEES SANS ETRE ANCREES DANS LES LUTTES, DANS L’ESPRIT OPPOSITIONNEL QUI A ENVAHIT L’ESPACE PUBLIC, DE LA RUE AUX ELECTIONS
Beaucoup ont l’espoir que la nouvelle union de la gauche -NUPES – remporte les législatives et c’est sûr que battre Macron et le RN serait une bonne chose. Surtout si on ne se fait pas trop d’illusions sur ce que veut faire cette nouvelle union de la gauche et si on y voit avant tout un déverrouillage de la mobilisation générale.
Cette union ne peut gagner ces élections et surtout être en mesure ensuite de prendre des mesures progressistes que si elle portée par des luttes sociales ;
Il faut bien voir qu’en cas de cohabitation, l’opposition patronale contre toute mesure sociale sera féroce et que le PS l’y aidera. En même temps, heureusement, les illusions sur cette nouvelle union de la gauche ne sont pas très fortes. Nous ne sommes plus en 1981. Plus grand monde ne se fait d’illusions sur les élections. Les vague de luttes d’importance qui durent dans le pays sans quasi discontinuer depuis 2016 ont fait que beaucoup parmi les plus conscients ne se satisfont plus des promesses électorales.
PENSER LE PRESENT : EMERGENCE D’UN ESPACE PUBLIC OPPOSITIONNEL
C’est ce qui caractérise la situation et donne son sens à un éventuel succès de l’union de la gauche, une intégration de ce succès dans un processus de luttes, un encouragement à l’unification politique de ces luttes. Un peu comme le succès du Front Populaire aux législatives 3 mai 1936 avait donné confiance en eux aux travailleurs mais parce qu’en même temps ils n’avaient guère confiance dans la volonté du Front Populaire à appliquer son programme, ils étaient entrés en grève générale pour le forcer à l’appliquer, avec lui mais aussi contre lui.
Depuis quelques années, et c’est particulièrement visible depuis 2018-2019 jusqu’à aujourd’hui, il se fait progressivement dans la partie la plus consciente des classes populaires une perte d’illusions dans l’alternance et dans le jeu politique traditionnels et à partir de là une inversion des rapports entre le mouvement social et son débouché politique traditionnel électoral, au point que si l’inversion n’est pas encore totalement aboutie – un mouvement social qui serait son propre débouché politique – les élections sont peu à peu intégrées à la lutte sociale et n’en deviennent de plus en plus qu’un élément et non plus le débouché.
Pour que l’inversion soit totalement achevée et donc qu’on avance vers la révolution, ou au moins une grève générale, il faut que le mouvement social par delà ses revendications économiques catégorielles ou sociétales soit porteur lui-même de valeurs politiques, c’est-à-dire du projet d’une autre société.
Ces élections législatives peuvent y contribuer.
Au fur et à mesure qu’on avance dans la destruction des acquis sociaux et démocratiques comme de la nature, les luttes traditionnelles, qu’elles soient économiques, catégorielles ou sociétales laissent plus de place à des combats qui remettent en cause le système entier ou des parties importantes de ce système, ouvrant en quelque sorte au sein même des sociétés ce qu’on peut appeler un espace oppositionnel public, qui englobe dans un même mouvement toutes les manifestations d’opposition, qu’elles soient sociales ou électorales, les secondes finissant par donner une coloration aux premières soit plus économiques quand la droite occupe l’espace électoral soit plus politiques quand c’est la gauche, c’est ce qu’on va probablement voir.
C’est un phénomène international.
Cet espace oppositionnel public a d’abord pris la forme, après la crise de 2008 avec les révolutions arabes, de l’occupation de places publiques, Tahrir, Kasbah où on pouvait voir à une petite échelle un autre monde et d’autres valeurs où toutes les religions, les statuts, les communautés, les milieux, les professions, les traditions, les ages et les sexes, se côtoyaient dans la plus grande fraternité loin des haines et divisions cultivées par tous les pouvoirs.
Ces occupations et cet esprit se sont ensuite étendus aux places Syntagma en Grèce, Puerta del Sol en Espagne, au parc Gezi en Turquie, au square Zuccotti à New York et d’autres encore comme aujourd’hui les portes de Delhi ou « Galle Face » à Colombo, alors que déjà en même temps émergeait parallèlement un mouvement social et sociétal mondial unificateur qui imposait partout son agenda planétaire contestant l’autorité et la légitimité des États-nations et de la politique dans ces bornes : mouvement pour le climat, mouvement contre le racisme, mouvement contre l’oppression des femmes, mouvement pour les libertés des homosexuels… Des mouvements qui, tous dessinaient la possibilité d’un autre monde, sans frontières ni préjugés, plus humain, plus fraternel. En France, dans ce même moment, on expérimentait une autre démocratie avec les Nuits debout en même temps que les ZAD s’essayaient à une autre façon de vivre, puis encore les ronds-points des Gilets jaunes cherchaient à faire vivre la démocratie directe tout cela accompagné de la montée informative, d’échanges et de débats des réseaux sociaux. En même temps, l’abstention aux élections qui progressait régulièrement et les luttes sociales qui envahissaient les périodes électorales, montraient qu’un nombre grandissant de gens ne se sentent plus représentés par les institutions comme par les valeurs de ce monde et qu’ils essaient de faire vivre d’autres valeurs comme l’espoir d’un autre monde dans leurs combats quotidiens et leur vie quotidienne.
Or, à cela s’est ajouté la vague considérable des mouvements sociaux des classes populaires de 2018-2019 avec plus de 50 pays sur le globe connaissant ces années-là des soulèvements. Ils ont percuté et intégré plus ou moins les mouvements sociétaux planétaires, écologiques, anti-racistes, contre les oppressions de femmes et des minorités sexuelles additionnés aujourd’hui de la lutte planétaire pour la santé et l’autre monde que cela dessine. Cette tendance à la convergence a eu comme conséquence qu’en 2020-2021, le mouvement populaire dans son ensemble a franchi une marche et rapproché les espaces publics oppositionnels des luttes traditionnelles, ces derniers prenant conscience de la nécessité de penser politique et global, les autres que rien ne peut se faire sans la présence combattante de la classe ouvrière.
Cette politisation souterraine du mouvement ouvrier qui a été longtemps le fait des partis ouvriers eux-mêmes, s’est faite cette fois, avec la déliquescence de ces partis, par le rapprochement des mouvements sociaux et sociétaux, visible dans l’occupation des places publiques. Des occupations de place qui ont joué une fonction substitutive aux coordinations, aux parlements ou même aux partis, mais bien sûr, de manière bien plus horizontale et qui donc, si elles avaient à désigner leurs candidats à des élections législatives comme aujourd’hui, n’accepteraient guère que ce soit le fait d’appareils occultes, mais le voudraient d’assemblées ouvertes et larges. Ce que ne fait bien sûr pas la nouvelle union de la gauche.
Une expression de cette tendance à une aspiration à autre démocratie, une autre vie, un autre monde, s’est manifestée, après le covid et les confinements, par beaucoup de travailleurs qui ont refusé de reprendre le joug de l’exploitation au travail, ont refusé de se faire exploiter, humilier comme auparavant, notamment dans les professions les plus bousculées par l’épidémie, en premières lignes, la restauration, l’hôtellerie, le commerce, la santé, l’éducation pour ne parler que de celles-là. Cela a montré que la démocratie par en bas, l’espace oppositionnel s’élargissait encore et que son esprit était présent, par delà les luttes, dans la vie quotidienne. Une sorte de Zad étendue à toute la société, une ambiance sociétale d’après 1968 et des années 1970 en pleines années de régression économiques et démocratiques des années 2020 ! Bref une politisation originale souvent invisible à la plupart des commentateurs pris dans les schémas traditionnels de l’espace public bourgeois, parlement, presse, élections. En même temps, ce bousculement politique des mentalités conduisait lui-même à amplifier la lutte économique, puisque ces démissions en masse avec le manque de personnel qui en a suivi, ont entraîné notamment en France et aux USA pour ceux qui reprenaient le collier, une vague de grèves économiques pour des augmentations de salaires avec de nombreux succès comme on n’en avait pas vu tant depuis longtemps.
ESPACE PUBLIC OPPOSITIONNEL, PERIODE DE GREVE GENERALE, CENTRALISME DEMOCRATIQUE, FRONT UNIQUE OU LES VARIATIONS DE THEMES ANCIENS DANS UN CADRE MODERNE
Ainsi cet espace public oppositionnel qui existait déjà dans l’esprit de beaucoup mais relativement invisible et sans qu’on en connaisse l’ampleur et la détermination de ses animateurs, a trouvé à partir des révolutions arabes et des places occupées des lieux d’expression, de visibilité, se rendant compte de lui-même. Les places occupées fonctionnant comme des miroirs de ces évolutions de mentalité ou de conscience, jouant le rôle à la fois des parlements et des partis, mais des partis hyper-démocratiques où le débat public est vital, bien qu’en même temps très centralisés dans quelques places, réinventant en quelque sorte le centralisme démocratique des révolutionnaires du début du XXe siècle. En ce sens, ces occupations, sont des aboutissements et en même temps par leur réalisation et leur exposition publique aux consciences, elles sont des étapes pour aller plus loin. Il en a été de même avec la « surprise » des gilets jaunes, rejetés un temps comme fascistes par les organisations traditionnelles de la gauche ou de l’extrême gauche puis acceptées et maintenant intégrées avec leur détermination et leur horizontalité comme un plus au camp du prolétariat et du progrès.
Nous sommes dans une période où cet espace public oppositionnel grandit et prend de plus en plus de place sans qu’on prenne toujours bien conscience de ses conséquences. C’est un espace où les enjeux de la société sont discutés publiquement, à l’opposé des régimes monarchiques où le roi décide seul ou de l’espace public bourgeois tourné pour sa part vers les débats dans le parlement et la presse mais un espace qui se réduit avec le temps. Cet espace public bourgeois est en effet pris en tenaille entre d’un côté les pouvoirs privés des conseils d’administration des banques et des grandes entreprises qui avec la dernière mondialisation dépassent de plus en plus les limites e tla puissance des États, leur main mise sur les grands médias, les lois du marché capitaliste mondial et les milices fascisantes qu’ils peuvent mettre en route et, de l’autre côté, les fonctions administratives ou répressives grandissantes de l’État, de sa police, son armée et sa bureaucratie administrative.
Rosa Luxembourg a été la première à appeler en son temps autour de la révolution russe de 1905, ce genre de situation ou « l’espace public oppositionnel » grandit, une « période de grève générale ». C’était une période qu’elle fixait à environ dix ans. Elle ne parlait pas de « grève générale » au sens où on l’entend le plus souvent, un moment où toute l’activité économique est arrêtée par la grève, mais d’une période où au travers des luttes économiques dispersées, de scandales politiques, d’élections, d’émeutes localisées ou généralisées, etc., cette perspective d’une grève générale ou d’une révolution, prend de plus en plus de place dans les esprits et en politique, et où cet esprit oppositionnel occupe de plus en plus tout l’espace public, devient l’évidence. Gramsci disait quelque chose de parallèle avec sa notion « d’hégémonie culturelle ».
Beaucoup confondent la grève générale au sens économique du terme, dont ils ne voient pas la proximité à court terme, avec la période de grève générale qui fixe cette proximité dans les possibilités de cette période C’est important de distinguer les deux termes, les deux idées, pour savoir quel moment nous vivons et ses opportunités. C’est pourquoi j’ai utilisé la formule « d’espace public oppositionnel » du courant chaud actuel de l’École de Francfort, pour mieux faire vivre et comprendre la formule de « période de grève générale » de Rosa Luxembourg. Il faudrait de la même manière, une nouvelle formule pour faire revivre la vieille du « Front unique » galvaudée en tous sens par l’usure du temps mais qui est la tactique qui accompagne ces « périodes de grève générale » ou « d’espace public oppositionnel ».
L’élargissement de cet espace public oppositionnel, la prise de conscience progressive de la nécessité de la grève générale, limite de plus en plus le poids des partis d’opposition et de leurs solutions électorales mais fait également de plus en plus prendre conscience que les directions syndicales dans le cadre du « dialogue social » ne sont que des sortes de conseillers techniques des gouvernements. C’est cette prise de conscience qui fait qu’il y a de moins en moins de monde aux journées nationales syndicales d’action – dont ce premier mai 2022 – dont tout le monde a pris conscience qu’elles ne servent à rien et pas du tout comme le croient certains derrière la propagande des directions syndicales, parce que les ouvriers ne se battent plus. C’est même tout le contraire. Ou plus exactement, les salariés utilisent ces journées, en y participant ou pas, en fonction de ce qu’ils leur faire dire. Tout comme avec l’utilisation des élections.
Cependant, toute personne peut être traversée par ces deux dimensions des espaces publics oppositionnels ou bourgeois, ces deux registres de l’expérience et de sa formulation, dans la même journée ou au cours d’une vie, en fonction des circonstances. C’est la raison pour laquelle ces deux formes ancrées dans les différentes catégories de l’expérience, restent aujourd’hui encore bien souvent indissociables même si elles traduisent par leurs tendances l’opposition irréductible du prolétariat et de la bourgeoisie et si ce ne sont pas des formes immuables mais sur lesquelles on peut agir.
Cette contradiction se voit concrètement aujourd’hui avec les élections législatives à venir et le projet d’une nouvelle union de la gauche pour gagner une majorité au Parlement et imposer un premier ministre de cohabitation à Macron.
Certains à gauche y croient aveuglément se faisant des illusions sur ce que veut faire cette nouvelle union de la gauche, d’autres s’en méfient et la rejettent totalement n’y voyant qu’une reproduction du passé et des catastrophes auxquelles elle a mené mais il y surtout beaucoup de gens qui en ont tout à la fois envie et en même temps s’en méfient.
Les militants des deux premières catégories qui représentent le passé de la domination de l’espace public bourgeois vont passer leur temps à s’engueuler, certains en argumentant qu’on a déjà vu ce qu’avait donné l’union de la gauche, trahisons sur trahisons et au final découragement général et montée de l’extrême droite, tandis que d’autres vont dire qu’il faut bien faire quelque chose et tenter d’empêcher Macron d’avoir une majorité pour l’empêcher de détruire les retraites et d’appliquer son programme capitaliste en toute liberté. Or tous les deux ont raison, ce qui serait sans solution si justement, l’espace public oppositionnel ne battait pas en brèche cette fausse opposition. Le fait qu’il y a certainement aujourd’hui une majorité de gens qui ont tout à la fois envie de battre Macron aux législatives et qui en même temps se méfient d’une telle « victoire » est un symptôme important de la montée en puissance de cet espace oppositionnel.
Il reste néanmoins à lui donner une expression publique claire.
La montée en puissance non seulement de l’abstention ou des bulletins blancs et nuls dans les scrutins, l’apparition croissante des luttes sociales durant les périodes électorales, l’étiolement du Parlement au profit de l’exécutif, le déclin de la presse et la progression de l’information par les réseaux sociaux surtout chez les jeunes, le rejet croissant de l’autorité de la police et de la justice, l’affaiblissement des partis et syndicats, la plus faible participation aux journées d’action traditionnelles des syndicats tandis que les grèves et les manifestations hors de ces cadres comme les Gilets Jaunes et les Anti-Pass se multiplient, tout cela témoigne de la perte de crédit de l’espace public de débat traditionnel de la société bourgeoise. On le sent, le voit, le constate, mais on ne le mesure pas, on ne donne pas une expression politique consciente et coordonnée à ce phénomène ni une tactique qui lui corresponde . Dans d’autres époques, le mouvement ouvrier révolutionnaire avait baptisé cette tactique « Front Unique » : passer des alliances avec ce qui reste des forces organisées du passé – l’union de la gauche – en s’appuyant sur les aspirations montantes des classes populaires dans la lutte à un autre monde, pour pousser plus loin ce vieux monde, introduire dans l’espace public bourgeois les ferments de l’espace public oppositionnel.
L’imbrication grandissante des luttes économiques et des luttes politiques pour un autre monde délimitant toute une période va faire que le quinquennat Macron à venir, déjà rejeté, va être l’occasion ou jamais de faire renaître la nécessité de la lutte de classe. Il devient temps de faire passer à cet espace public oppositionnel une marche supplémentaire en lui donnant une expression consciente.
Nous savons ce qui nous attend avec Macron, nous savons que nos luttes dispersées ne servent à pas grand chose, nous savons que les directions syndicales et politiques ne proposeront que ça avec des journées d’action dispersées, métier par métier, entreprise par entreprise, nous savons que même si certains dans l’union de la gauche disent qu’il faudrait aussi des luttes, ils n’essaieront pas de la construire.
Les enfants de la bourgeoisie acquièrent leur conscience de classe dans ses écoles supérieures, Sciences Po a été créée au lendemain de la Commune pour donner des cadres politiques à la bourgeoisie contre les cadres politiques ouvriers nés de la révolution de 1871. Les travailleurs ne peuvent apprendre et passer d’un sentiment de classe à la conscience de classe que dans les luttes, or cet espace public oppositionnel a justement commencé à former ces femmes et ces hommes.
Il ne s’agit donc plus de dire à la place des gens eux-mêmes, comme le font encore les grands partis ou syndicats, et de multiples petites sectes, non pas ce que les gens doivent faire, mais ce qu’ils sont déjà en train de faire.
Il ne s’agit plus de dire qu’il y a beaucoup ou pas beaucoup de luttes de manière très subjective comme une toile de fond lointaine et plus ou moins fantasmée pour inventer une politique en milieu clos, mais de décrire le mouvement de l’espace public oppositionnel en cours, c’est-à-dire de mesurer et montrer le nombre de luttes, de grèves, leur durée, leur détermination, leurs revendications, l’état d’esprit de ceux qui les mènent, leurs perspectives, l’état d’esprit démocratique qui les anime. Il s’agit de montrer aux gens ce qu’ils sont en train de faire, quels succès ou obstacles ils rencontrent et ou cela va, en se donnant pour cela une presse et des porte-paroles.
Il devient donc possible de donner une expression politique à cet espace oppositionnel, être un pôle politique avec cet objectif et définir ses tactiques à partir de là.
Le Front unique n’est pas une politique d’une secte propagandiste mais une politique qui à partir d’un petit nombre organisé s’appuie et exprime l’évolution du grand nombre encore désorganisé parce que leur évolution même est subversive.
Le résultat des élections présidentielles avec la montée du vote Mélenchon dans les quartiers ouvriers a rendu visible cette évolution. La peur des notables face à cette montée est parlante. La tactique de la France Insoumise aux législatives en a pris la mesure en proposant à cette dynamique une nouvelle union de la gauche accélérant la conscience de cette force qui monte et générant des espoirs mais sans en prendre toute la mesure, elle a aussi suscité des méfiances fondées sur l’envie de ne plus déléguer, d’être partie prenante à part entière, que rien ne peut se faire sans nous.
La France Insoumise a choisi pour ces législatives de redonner vie à un PS moribond qui est tombé à 1,7% parce qu’il a organisé sous Hollande la pire attaque contre les acquis ouvriers et démocratiques, en lui accordant 70 circonscriptions dont 30 gagnables tout en lui faisant des concessions importantes sur le programme de l’Union de la gauche comme par exemple la disparition des 40 annuités nécessaires pour la retraite à 60 ans, ce qui vide de tout contenu le projet. Et ce n’est pas parce que les éléphants du PS, les plus marqués par leur collaboration avec le capital s’en vont, que le PS change, car les éléphanteaux du type Olivier Faure ont participé pleinement à toutes les attaque contre les travailleurs et les libertés. En même temps dans le sens opposé, la France Insoumise n’accordait que 5 circonscriptions non gagnables au NPA dont 4 où il n’a aucune présence militante. En conséquence, le PS et EELV accordaient aussitôt leur investiture sous l’étiquette NUPES à au moins trois ex-députés de LREM tandis que le NPA refusait l’accord.
Avec la dénonciation des « parasites » des cortèges de tête au 1er mai, toute une dynamique politicienne se montre là à l’envers des évolutions générales de la classe ouvrière et de la jeunesse qui se radicalisent tandis que les classes moyennes quittent le PS pour glisser soit sur la gauche soit vers la droite ou l’extrême droite
S’approchant d’un pouvoir possible, la France Insoumise donne ainsi des gages au mur de l’argent en lui signifiant qu’il n’a pas à s’inquiéter. Cela ne changera rien pour le Medef et les forces réactionnaires qui avaient de toute façon décidé de n’accepter aucune mesure progressiste qui pourrait donner confiance aux classes populaires. Par contre ces signaux les encourageront à taper plus fort dans un ventre qui se montre visiblement mou.
La tactique de l’espace public oppositionnel pourrait être alors de dire : un succès du NUPES aux législatives, d’accord, mais pour 2 000 euros de smic en cette période où on prévoit une hausse des prix de 8% pour l’année, les 30 H hebdomadaires pour faire face au chômage et embaucher au maximum et la retraite à 60 ans avec 37,5 annuités et enfin des assemblées populaire ouvertes partout comme leur coordination nationale pour refléter l’espace public oppositionnel qui dépasse largement le parlement et construire une dynamique qui dépasse les élections. Donc pour cela, la construction d’un rapport de force qui ne soit pas qu’électoral mais aussi dans la rue et la grève, ce qui signifie annoncer qu’on ne gagnera qu’en préparant la grève générale dés maintenant, en organisant une rencontre nationale de tous les militants syndicalistes, Gilets Jaunes, associatifs, politiques ou autres, pour préparer la riposte aussi par la rue, en transformant par exemple le 21 mai où la France Insoumise a prévu une fête nationale en une journée nationale de mobilisation contre la hausse des prix.
On sait bien que la France Insoumise et le NUPES n’iront pas dans ce sens. Alors c’est à nous, à y aller, pas contre le NUPES, mais pour le faire gagner en faisant gagner un véritable programme socialiste.
Cela signifie aussi au vu des derniers accords LFI/PS et des importantes concessions de la France Insoumise à ce parti du grand patronat, qu’il nous faut rectifier cette évolution avec la possibilité de refuser de voter pour des candidats LREM présentés par le PS ou EELV et déguisés en NUPES, non pas contre l’union de la gauche, mais pour une véritable union de la gauche.
Il nous faut compléter le NUPES par le MUPLES, Mouvement Unitaire Populaire de Lutte, Social et Ecologique
Jacques Chastaing le 8 mai 2022
(Photo place Tahrir au Caire en 2012)
close

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire