Le pass sanitaire censuré par le RN et la NUPES, la majorité ulcérée

13/07/2022

L’Assemblée nationale a rejeté un article clé du projet de loi sur le Covid 19. Le gouvernement dénonce une alliance entre les oppositions.

SARAH MEYSSONNIER VIA REUTERS
Elisabeth Borne photographiée le 11 juillet à l’Assemblée nationale (illustration).

POLITIQUE – C’est l’histoire d’un match qui fait un perdant, mais deux vainqueurs. Après le rejet de l’article 2 du projet de loi “maintenant provisoirement un dispositif de veille et de sécurité sanitaire en matière de lutte contre le covid-19” et prévoyant la possibilité de rétablir le pass sanitaire pour les voyages depuis ou vers l’étranger, LFI et le Rassemblement national revendiquent une victoire sur le gouvernement et la majorité présidentielle.

Même chose concernant une disposition similaire pour les voyageurs mineurs. “Qui a déposé la motion de rejet de la loi pass sanitaire ? La NUPES. C’est moi qui l’ai défendue. Qui a fait adopter un amendement excluant les mineurs de la loi ? La NUPES. C’est mon amendement. Où était Madame Le Pen ? Absente”, a tweeté l’insoumise Raquel Garrido.

“Première victoire dans l’hémicycle ! Notre amendement a été adopté et fait donc passer à 18 ans au lieu de 12 ans l’âge d’application du pass sanitaire”, s’est félicitée de son côté la députée RN du Loiret Mathilde Paris. Victoire également revendiquée par Marine Le Pen (qui n’était pourtant pas dans l’hémicycle).

En réalité, la France insoumise, le RN et LR avaient déposé des amendements identiques sur ce point précis, ce qui permet à chacun de revendiquer une victoire. Exemples ci-dessous avec, à droite, un amendement signé Raquel Garrido et, à gauche, un amendement identique signé Pierre Meurin, député RN du Gard.

LE HUFFPOST
Deux amendements identiques déposés par LFI et le RN

Quant à l’article 2, il a été rejeté par 219 voix contre 195, grâce à une conjonction de votes du RN, de LR et d’une majorité de la NUPES (les socialistes se sont pour la plupart abstenus). Pour autant, insoumis et lepénistes, soucieux de se montrer comme les premiers opposants au gouvernement, se targuent d’être à l’origine du camouflet infligé au gouvernement.

Ce qui offre à la majorité l’opportunité de les renvoyer dos-à-dos et de dénoncer une collusion entre la gauche et l’extrême droite, aidée par Les Républicains. Tard dans la nuit, Élisabeth Borne a dramatisé sur Twitter: “L’heure est grave. En s’alliant pour voter contre les mesures de protection des Français face au Covid LFI, les LR et le RN empêchent tout contrôle aux frontières face au virus. Passée l’incrédulité sur ce vote, je me battrai pour que l’esprit de responsabilité l’emporte au Sénat”.

“L’irresponsabilité des oppositions”

Dans un communiqué, le groupe Renaissance a dénoncé “l’alliance des oppositions” en ciblant particulièrement insoumis et lepénistes. “Face à la reprise épidémique, nous ne pouvons être désarmés. L’irresponsabilité des oppositions, unies face au texte, notamment LFI et RN, met, aujourd’hui et demain, en danger la protection sanitaire des Français”, fustige la présidente du groupe, Aurore Bergé, qui s’en remet à la “sagesse” du Sénat pour réintroduire le dispositif et épargne Les Républicains (qui ont pourtant aussi voté contre l’article 2).

“Vous avez cette image très embarrassante pour eux de voir l’extrême-droite et l’extrême-gauche s’applaudir mutuellement”, a-t-elle ajouté dans la matinée sur BFMTV. À la sortie du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a dénoncé la “fusion fraternelle” entre les “deux extrêmes” de la Nupes et du RN.

Des critiques sitôt balayées à gauche. “En vrai Mme Borne votre camp était isolé face à toutes les oppositions vous renvoyant au rang d’une minorité. Si vous persistez à nier que vous n’avez pas de majorité et que l’Assemblée a retrouvé sa centralité, vous allez dans le mur et vos tweets politiciens n’y feront rien”, a répondu l’insoumis Éric Coquerel, en citant au tweet de la Première ministre. Une réaction en guise d’avertissement.

Car après le pass sanitaire, Les Républicains, La France insoumise et le Rassemblement national veulent s’attaquer à un autre point sur lequel le gouvernement se montre inflexible: la réintégration des soignants non vaccinés.

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