Emploi : en France, les entreprises frappées par une importante vague de démissions

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Article rédigé par
A. Peyrout – France 3
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C’est du jamais vu depuis la crise de 2008 : en France, plus de 500 000 personnes ont quitté volontairement leur emploi au premier trimestre, dont une majorité en CDI. Dans un marché du travail très dynamique, il semblerait que le rapport de force se soit inversé.

Une vague de démission importante frappe les entreprises, début 2022. « C’est quasi historique, 520 000 salariés ont démissionné de leur poste entre fin 2021 et début 2022. Un chiffre presque identique au record de 2008, après la crise financière. Au total, aujourd’hui, ce sont 2,7 % des salariés français qui ont décidé de quitter leur entreprise. », rapporte le journaliste Alexandre Peyrout, présent vendredi 19 août, sur le plateau du 12/13.

De nombreux secteurs en difficulté pour recruter

Le taux de démission fonctionne de manière cyclique : il chute pendant les crises, car les salariés préfèrent la sécurité de leur emploi. À l’inverse, « en période de reprise, plus les offres d’emploi sont nombreuses, plus les salariés sont tentés de changer d’employeur », explique le journaliste. Le contexte post-Covid a accentué le phénomène. « Beaucoup de secteurs éprouvent des difficultés pour recruter, par exemple le bâtiment, les services, la restauration ou encore l’industrie. Pour trouver de la main d’œuvre, ils doivent se montrer compétitifs, c’est-à-dire augmenter les salaires, mais aussi offrir de meilleures conditions de travail, comme par exemple plus de télétravail », note le journaliste. Dans ces secteurs en tension, le rapport de force a donc changé, et c’est désormais le salarié qui a la main.



Usa

L’envie de quitter son emploi a fait des ravages aux Etats-Unis. En 2021, près de 48 millions d’Américains ont participé au mouvement de la « grande démission ». Et cette année encore, les départs sont massifs : 4,5 millions en mars, 4,4 millions en avril… D’où les sueurs froides des services de ressources humaines des entreprises qui cherchent frénétiquement comment retenir les meilleurs.

« Avant la pandémie, c’est l’employeur qui détenait le pouvoir. Mais aujourd’hui la balance penche en faveur des employés », souligne Brooks Holtom, professeur de la McDonough School of Business à l’université Georgetown. C’est pourquoi depuis quelques mois un nombre croissant d’employeurs tentent de mieux saisir l’état d’esprit de leurs troupes, espérant ainsi les garder bien au chaud dans l’entreprise.

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