INFLATION, LA QUESTION DE LA GREVE GENERALE EST POSEE EN MÊME TEMPS QUE CELLE DE CHASSER MACRON : DEUX MANDATS C’EST TROP

INFLATION, LA QUESTION DE LA GREVE GENERALE EST POSEE EN MÊME TEMPS QUE CELLE DE CHASSER MACRON : DEUX MANDATS C’EST TROP
Par leurs mobilisations massives contre la hausse des prix tout cet été, les travailleurs et la population britanniques sont en train de se poser la question de la grève générale et de la poser à tous les travailleurs d’Europe pour la période à venir car si l’inflation a pris de l’avance en Grande Bretagne elle va également s’aggraver considérablement partout dans les mois à venir.
Face à la vie chère, les travailleurs britanniques s’engagent de plus en plus profondément et largement dans la grève par millions et, malgré l’émiettement organisé par les directions syndicales, s’avancent par en bas dans un processus de recherche de l’unité de toutes les professions et de marche vers la grève générale. Depuis juin, la puissance du mouvement a entraîné les cheminots, les agents du métro, les chauffeurs de bus puis les postiers, les agents des télécoms et bientôt les agents de la santé, les enseignants et les travailleurs des collectivités locales en même temps que de multiples grèves sauvages, parties d’en bas, comme les dockers, les salariés d’Amazon et bien d’autres. Cette grève montante qui va continuer cet automne est d’autant plus puissante qu’elle est soutenue largement par la population qui elle-même est entrée dans un mouvement de refus de payer les factures d’électricité qui ont explosé, ce qui inquiète bien au delà de la Grande Bretagne sur tout le continent et fait titrer à bien des journaux européens : « le spectre d’une grève générale pour dire non à l’inflation ».
C’est la même chose dans le monde entier.
En seulement trois mois, quelque 71 millions de personnes supplémentaires dans le monde ont basculé dans la pauvreté. Face à ça, c’est l’explosion de colère partout, avec des révoltes au caractère insurrectionnel au Sri Lanka et dans toute l’Asie du sud, en Inde, au Bangladesh, au Pakistan mais aussi en Amérique du sud et centrale, en Afrique, en même temps que la guerre en Ukraine, les menaces sur la centrale nucléaire de Zaporijia et la crise climatique, de l’extrême sécheresse aux incendies et aux inondations soudaines, nous montrent ce qui nous attend demain alors que les gouvernements et les classes dominantes ne font strictement rien, sinon les aggraver, face à ces fléaux qui touchent d’abord les plus pauvres.
Au contraire, Macron ose nous montrer du doigt en disant que c’est la « fin de l’abondance et de l’insouciance », et que la rentrée se fera sous le signe des « efforts » et des « sacrifices », c’est-à-dire faire payer la crise climatique et économique que lui et ses amis bourgeois ont engendré, aux travailleurs et aux classes populaires.
Alors oui, deux mandats c’est trop.
Nous n’attendrons pas cinq ans. Nous ne nous contenterons plus du train-train de petites journées d’action syndicales ou politiques sans plan global de lutte juste pour les orienter vers des élections lointaines et des jeux parlementaires dérisoires face à la situation,
Nous devons nous préparer dès maintenant à construire la grève générale politique, comme en mai 1968.
Et nous avons bien des atouts pour cela. Les français ne sont pas des moutons. La société est plus politisée et moins anesthésiée aujourd’hui qu’en 1968. Car si la France de Macron est le lieu de la décadence institutionnelle de la démocratie, elle est aussi le cadre de sa reconquête civique par en bas, par les citoyens ordinaires, les travailleurs, tandis les partis et directions syndicales sont devenus des spectateurs indolents des protestations populaires qui ont secoué Macron. Des Gilets Jaunes au mouvement anti-pass en passant par des millions de mutineries individuelles, de l’abstention massive aux élections à la démission des postes de travail en grand nombre aux grèves pour des augmentations de salaires, tout cela traduit non seulement la nécessité de se battre pour assurer son quotidien mais aussi un profond rejet de la société capitaliste et de son idéologie libérale.
Aujourd’hui 64% des français ont une vision négative du capitalisme. 83% des jeunes français estiment que la lutte des classes est une réalité et 75% pensent que c’est aux travailleurs à décider des choix de leur entreprise. Une écrasante majorité des français juge que le capitalisme est incompatible avec la protection de l’environnement. Les jeunes français sont bel et bien anticapitalistes. Et tous les sondages le disent, 68% des français s’attendent à de grands mouvements sociaux pour la période à venir. Bien plus que juste avant 1968, contrairement aux idées reçues où ils n’étaient que 44% à penser en ces termes à cette époque.
La politisation avance chez la jeune génération avec le féminisme, l’antiracisme et la défense du climat qui font que beaucoup de jeunes finissent par devenir anticapitalistes.
Par ailleurs, le manque de main-d’œuvre commence à bien stresser le patronat. L’augmentation des démissions a été de 22% supérieure au premier semestre 2022 par rapport à 2019. C’est une forme de grève, où l’on préfère partir que continuer à satisfaire un chef, engraisser un actionnaire, faire tourner un service public vidé de son sens. C’est une résistance très politique comme la montée continue de l’abstention qui n’est pas encore vécue comme telle mais qui est là, latente et qui pourrait trouver à s’exprimer politiquement au grand jour lors un mouvement général. C’est de cette ambiance politique générale que sont habitées les grèves dans les entreprises où l’on se bat de plus en plus et où les victoires s’enchaînent. On ne l’entend pas parce que bien que ces luttes soient nombreuses, leur émiettement ne nous rend pas conscients de leur existence et de notre force. Du coup, elles ne font que limiter l’érosion du pouvoir d’achat, pas renverser la table. Il faudra le début d’un processus vers un mouvement d’ensemble pour que cette conscience surgisse et que ces luttes expriment tout le contenu d’expérience politique dont le monde d’en bas s’est enrichi depuis qu’il a commencé à entrer en mouvement en 2016. Ces luttes sociales, c’est inéluctable dans les circonstances actuelles, vont chercher à converger pour tendre vers un seul mouvement anticapitaliste et révolutionnaire avec les luttes écologiques, féministes, anti-racistes, afin de construire un monde débarrassé de l’exploitation et de l’oppression. C’est le début de ce processus qui a commencé en Grande Bretagne. C’est ce qui inquiète les possédants.
Et ils s’y préparent. Ils le planifient. C’est le sens du discours de Macron sur « l’abondance ». C’est le sens de ses achats de blindés anti-émeutes. le sens encore de l’union nationale qu’il essaie de construire à partir du 8 septembre avec le Conseil National de la Refondation, pour se lier l’opposition syndicale et politique et limiter son action à des gestes symboliques sans plan ni suite comme les 29 septembre des directions syndicales ou la marche contre la vie chère en octobre de la France Insoumise. La pression par la rue dont parle LFI, ce n’est pas une journée, c’est un plan général pour les luttes et dissoudre l’Assemblée, oui, mais qui le fera sinon cette généralisation des luttes et que si on vise la chute de Macron par la grève générale.
Alors, faisons de même. Préparons l’avenir en nous appuyant sur ce qui se passe dans le Royaume Uni. C’est dés aujourd’hui que nous devons construire par la parole et les actes la nécessité de la grève générale pour chasser Macron, parce que deux mandats c’est trop !
Jacques Chastaing, 28.08.2022
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