Une conférence de deux députés LFI perturbée, l’Université Bordeaux Montaigne porte plainte

Pessac

Alors que les députés de La France insoumise Louis Boyard et Carlos Martens Bilongo donnaient une conférence ce mercredi soir à l’université Bordeaux Montaigne, une vingtaine « d’individus cagoulés, armés de barres de fer » ont tenté d’interrompre la rencontre. Plusieurs plaintes sont déposées.
Université Bordeaux Montaigne (illustration) © Maxppp – David Thierry

« L’université doit rester un lieu de liberté de débat et de production de connaissances ouvert sur la société ». C’est ce que souligne dans un communiqué ce 8 décembre l’Université Bordeaux Montaigne, au lendemain de la tentative d’interruption d’une conférence donnée par deux députés de La France insoumise, par « une vingtaine d’individus cagoulés, armés de barres de fer et proférant des slogans racistes ». L’établissement annonce ce vendredi soir porter plainte, tout comme les parlementaires Louis Boyard et Carlos Martens Bilongo.

Ce 7 décembre, les deux élus insoumis sont venus « échanger sur les conditions de vie étudiante et sur l’université en général », explique l’établissement, qui condamne des « violences » et des « tentatives d’intimidation » avec « la plus grande fermeté ». La nuit précédent la conférence, « des tags clairement racistes de l’Action française et de la Cocarde », deux organisations d’extrême droite, ont été retrouvés sur les murs d’un bâtiment, ajoute par ailleurs l’Université.

LFI réclame la dissolution des groupuscules d’extrême-droite

Après avoir tenté d’interrompre la rencontre, les mêmes « individus » ont « ensuite tenté d’intimider les organisateurs et spectateurs de la pièce de théâtre » qui se déroulait en parallèle, précise encore le communiqué. « La police est intervenue pour disperser les agitateurs. La conférence et le spectacle ont néanmoins pu se tenir et s’achever à l’heure prévue ». De son côté, La France insoumise Gironde affirme que trois militants du parti« frappés », ont été « blessés légèrement ».

Dans un communiqué conjoint publié sur Twitter, les deux députés LFI dénoncent « une expédition punitive » d’une « trentaine de militants d’extrême droite » et réclament auprès de « Gérald Darmanin une réaction à la hauteur de la violence de cette attaque contre les groupuscules d’extrême droite ». Comme La France insoumise Gironde, le groupe parlementaire à l’Assemblée nationale LFI-Nupes demande « solennellement au gouvernement de poursuivre et de dissoudre ces groupuscules ». Également sur Twitter, le ministre de l’Intérieur a réaffirmé que « la liberté d’expression est une liberté fondamentale et ce qui s’est passé est inacceptable », invitant les parlementaires « à déposer plainte s’ils ne l’ont pas fait ».

Un appel à se rassembler ce vendredi

Les deux élus insoumis ont récemment fait la une de l’actualité. A la mi-novembre, Louis Boyard a porté plainte contre le présentateur Cyril Hanouna pour « injure publique », après une séquence de l’émission « Touche pas à mon poste » sur C8. Quant à Carlos Martens Bilongo, il a été interrompu par le député RN de la Gironde Grégoire de Fournas début novembre à l’Assemblée nationale, par la phrase « Qu’il(s) retourne(nt) en Afrique! », alors que le parlementaire s’exprimait sur la situation des migrants à bord du bateau de SOS Méditerranée, l’Ocean Viking. Grégoire de Fournas avait été exclu 15 jours de l’Hémicycle pour ces propos.

Le député girondin a par ailleurs réagi aux heurts survenus à l’université Bordeaux Montaigne, rappelant que l’actuel président du Rassemblement national « Jordan Bardella avait été empêché par l’extrême gauche de faire une conférence à Sciences Po Bordeaux » en février dernier. « Je rappelle à nouveau que toutes les formations politiques, du RN à LFI, doivent pouvoir tenir des conférences dans les universités sans être perturbées », conclut-il.

Un appel à rassemblement a été lancé, notamment par l’association de jeunesse Le Poing Levé Bordeaux, ce vendredi 9 décembre à 12h30, sur le parvis de la faculté. Les parlementaires Louis Boyard et Carlos Martens Bilongo demandent quant à eux une commission d’enquête parlementaire « sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France ».

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