COUP D’ÉTAT EN BOLIVIE : LE GOUVERNEUR DE SANTA CRUZ ARRÊTÉ

COUP D’ÉTAT EN BOLIVIE :
LE GOUVERNEUR DE SANTA CRUZ ARRÊTÉ
Le Brésil n’est pas le seul pays à subir des tentatives de coup d’État et des déstabilisations récurrentes émanent de l’extrême-droite.
Le gouverneur de la province de Santa Cruz, Luis Fernando Camacho, a été interpellé après plus d’un an et demi de refus de répondre à la justice, malgré un mandat d’arrêt contre lui.
Accusé notamment d’être parmi les commanditaires du dernier coup d’État en date (2019), et d’avoir incité aux émeutes réactionnaires soutenues par la haute bourgeoisie du pays, son arrestation il y a une semaine a provoqué des affrontements dans la ville de Santa Cruz.
L’ONU a condamné des actes qu’elle qualifie « d’inacceptables ». On rapporte des cas de violences racistes à l’encontre de femmes autochtones Ayoreo et un viol collectif envers des militantes d’une organisation paysanne.
Malgré des tentatives de bloquer des routes ainsi que l’aéroport de Viru Viru (international) et El Trompillo (vols intérieurs), l’ancien gouverneur de Santa Cruz a finalement été transporté en hélicoptère.
Présenté comme simple opposant politique par de nombreux médias mainstream dont RFI ou France 24, il convient de revenir un peu sur ce sulfureux personnage.
Héritier de plusieurs entreprises dans la distribution du gaz, son nom est cité dans les Panama Papers. Son discours est ouvertement raciste, sexiste, homophobe et transophobe et ultra libéral. Il était également connu pour sa fascination envers les Narcos ayant rendu hommage à l’héritage du baron de la drogue Pablo Escobar.
Enfin, Camacho a présidé le Comité civique de Santa Cruz.
Soutenue par la CIA, cette organisation séparatiste, néofasciste et suprémaciste blanche, inspirée par les phalanges franquistes, avait notamment participé au coup d’État de 1971 qui mit au pouvoir le dictateur Hugo Banzer.
Celui-ci avait accueilli de nombreux nazis dont Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo française reconverti comme conseiller en répression.
Depuis la prise du pouvoir par le Mouvement Vers le Socialiste (MAS) en 2006, la Bolivie est constamment en proie à des tentatives de déstabilisation émanant de l’élite suprémaciste blanche, principalement localisée à Santa Cruz, la ville la plus riche du pays et capitale économique.
La Bolivie a récemment subi un coup d’État en 2019 qui avait abouti à l’arrestation de l’ancien président Evo Morales et à la nomination en tant que présidente de Jeanine Añez, évangéliste mariée à un homme politique de droite colombien, proche des cartels de narcotrafiquants.
(➡️ Relire notre article « En Bolivie, la crainte d’un coup d’état imminent ».)
L’ancien président parviendra à s’exiler au Mexique, ses opposants l’accusent sans la moindre preuve d’avoir truqué les élections.
La pression populaire obtiendra finalement sa libération et amènera à une reprise du pouvoir démocratique en plaçant le candidat de la gauche marxiste (MAS) Luis Arce avec une très large avance (55%) sur le centre-droit représenté par Carlos Mesa (Communauté citoyenne) sur Creemos représenté par l’ancienne présidente qui finira loin derrière en troisième position avec seulement 13% des suffrages.
Après l’échec de ce coup d’État, la justice bolivienne procède à de nombreuses arrestations, dont celle de l’ancienne présidente, condamnée à 10 ans de prison.
A l’instar du Brésil ou du Pérou, ces événements n’ont rien d’anodin, alors que la gauche s’installe progressivement sur l’ensemble du continent américain, la droite riposte et se radicalise.
Le spectre des anciennes dictatures refait logiquement surface.
Aussi, la division entre les Cambas (blancs et métis assimilés, majoritairement riches, de l’Est du pays) qui méprisent les indigènes (Collas) et leurs alliés, risque de s’accentuer.
Luis Fernando Camacho n’a pas dit son dernier mot et dispose de soutiens conséquents, y compris à l’international parmi les forces réactionnaires.
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