MACRON ET SES LOIS DEHORS !

Jacques Chastaing a partagé une publication.

12 h 
LE 7 JANVIER A ETE UN PREMIER AVERTISSEMENT QUI NE SE LIMITE PAS QU’AUX CHIFFRES DE MANIFESTANTS
Il y avait suffisamment de monde à Paris ce samedi 7 janvier à l’appel des Gilets Jaunes, malgré ce que dit la police, pour en faire un succès. Bien sûr, comme on pouvait s’y attendre, ça n’a pas été un ras-de-marée qui aurait pu faire remballer à Macron sa réforme des retraites. L’enjeu n’était pas là. Par contre, cette journée a été réussie, au delà des attentes, avec de nombreux rassemblements en France, même modestes en chiffres de participants, signalant de manière significative que les Gilets Jaunes avec leurs manières de faire comptent bien prendre toute leur place dans le combat à venir pour les retraites. Au delà des chiffres, c’est ce qui donne un sérieux avertissement au gouvernement qui doit annoncer sa réforme le 10 janvier. Cela montre qu’il y a un large secteur des manifestants à venir qui ne se contentera pas de simulacres de mobilisation, de promenades syndicales et grèves saute-moutons sans objectifs clairs pour faire faire ravaler à Macron sa reforme des retraites… comme tout le reste.
Car bien sûr, on ne peut pas compter pour ça sur les directions syndicales et politiques d’opposition dont tout le monde sait très bien qu’elles n’ont aucune volonté réelle de mener la lutte jusqu’au bout, avec la détermination qu’il faut pour obtenir le retrait total de la réforme. Cela signifierait avoir la volonté de construire la grève générale illimitée et avoir la détermination d’aller jusqu’à faire tomber Macron, c’est-à-dire ouvrir la voie à une autre société par la grève et la rue. Il faudrait en effet que le pouvoir et les riches aient tellement peur, qu’ils préféreraient céder sur les retraites, plutôt que de prendre le risque de tout perdre.
Tout le monde sait que le front syndical uni aujourd’hui, se fissurera très vite, dés que le gouvernement proposera un petit aménagement par ci par là. D’autre part, aucune direction syndicale ou politique d’opposition, même parmi les plus déterminées, ne s’est donné l’objectif de construire la grève générale illimitée, un nouveau mai 68. Elles n’ont pas d’autre plan que de nous balader d’attentes de réunions intersyndicales en grandes journées d’action isolées puis d’annonces de « temps forts » avec globalement une série de journées saute-moutons, jusqu’à ce qu’on soient fatigués, afin qu’en mars probablement, au moment où Macron fera passer la loi par 49.3, l’enjeu sorte de la rue pour devenir parlementaire et qu’après un peu de cinéma à l’Assemblée, on nous dise que c’est trop tard, qu’on ne plus rien faire.
On connaît le scénario : le même depuis des années et des années, des décennies et des décennies.
Déjà la dispersion actuelle des appels syndicaux à la lutte contre la réforme des retraites montre le peu de sérieux dans la préparation de la mobilisation : appel à la grève illimitée à partir du 10 janvier à l’hôpital par FO ; appel à la grève du 13 au 19 janvier à l’hôpital par la CGT ; appel à la grève le 13 janvier à la RATP ; appel à la grève le 17 janvier dans l’Éducation Nationale ; appel à manifester le 21 janvier par les jeunes liés à la Nupes…
Pourtant, le pouvoir a peur. Lui d’habitude si inflexible, a reculé la date de l’annonce, reculé face à la grève des contrôleurs SNCF, reculé sur sa loi chômage, reculé face aux boulangers…
Il n’a pas peur des directions syndicales et politiques mais de la colère qui est grande dans la population qui était jusque là dispersée mais qui pourrait s’unifier dans la lutte pour les retraites, prendre une grande ampleur, et surtout, il a peur qu’elle prenne en main directe la lutte, par la construction de sa propre auto-organisation comme on l’a vu récemment avec les contrôleurs SNCF et les boulangers, une sorte de giletjaunisation de la grève, c’est-à-dire la marche vers la grève générale.
Or, ce qui passé le 7 janvier, montre qu’il y avait suffisamment de monde pour aller dans ce sens, passer par dessus les cadres imposés, prendre le mouvement en main, avec, au delà des Gilets Jaunes eux-mêmes, la participation certes modeste mais importante pour sa signification, d’un certain nombre de militants de tous bords, syndicalistes, politiques, associatifs, jeunes, étudiants, féministes, anti-fascistes, révolutionnaires, écologistes… y compris parfois l’appel de syndicats à y participer, comme Solidaires en Côte d’Or. Cela traduit que bien des militants, des travailleurs et des citoyens qui ne veulent pas que leur vie de travail débouche directement sur la mort, ne font pas confiance aux directions syndicales et politiques d’opposition pour mener ce combat car ils savent qu’une défaite ouvrirait à la consolidation du régime de Macron et à d’autres contre-réformes tandis qu’un succès ouvrirait au contraire à l’ébranlement non seulement de Macron mais aussi du régime capitaliste et pas qu’en France.
La voie est donc tracée : construisons ensemble dés maintenant et par delà les rivalités de boutiques, nos propres structures d’auto-organisation à la base, Gilets Jaunes, syndicalistes, militants Nupes, étudiants, écologistes, anti-fascistes, féministes … et coordonnons-nous au niveau national pour le retrait total de la réforme des retraites.
Jacques Chastaing, 8 janvier 2023
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