Quand le monde agricole se soulève : le bon gré et l’ivraie, oser dire et se retrouver

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Le 30 janv. 2024

sdtdromesudprovence < sdt-sudest@framagroupes.org> a écrit :

Nombre d’agriculteurs se soulèvent et exigent de n’être pas laissés pour compte, soumis à la loi du marché.

Et pourtant, combin sont-ils :

– à échapper au syndrome de la référence changeante* (amnésie environnementale)

– et à considérer l’agroécologie comme un horizon soutenable, désirable et non l’origine des maux (inflation des normes) et de la crise des vocations ?

Soyons lucides, l’argumentaire répété ad nauseam et le moment choisi ne sont pas anodins, alors que s’amorce la discussion de la future loi d’orientation agricole qui déterminera la politique en la matière sur ces 10 prochaines années.

Les arguments brandis par une majorité sont le fait et l’héritage de plus de 60 ans de politique agricole intensive, fille chérie des trente glorieuses.

Il sera de bon ton de s’entendre dire que :

– On n’est plus au Moyen-Âge, il faut vivre avec son temps, c’est le progrès technique et scientifique qui permet les rendements, c’est le sens de l’Histoire, non ?

– C’est ça ou on ne pourrait pas nourrir 8 milliards d’êtres humains !

– Le problème est bureaucratique, alors que l’Etat, l’UE s’en empare, peu importe comment, qu’ils se débrouillent mais qu’ils arrêtent avec les normes et accords de libre-échange qui distordent la concurrence !
A cela, que répond📢 OSER DIRE ✊

L’agriculture opérera sa transition à la faveur de politiques publiques co-construites avec les agriculteurs, mais encore faut-il que ces derniers soient soutenus et rendus à l’évidence que les annonces ou revendications en faveur de politiques de simplification et dérégulation serviront les seuls intérêts de ceux-là même à qui profite la prédation, tuant une profession par l’assujettissement aux cours des marchés et la surenchère des lobbies chimiques et mécaniques qui les placent sous emprise, vident la terre de son sens et de son sang.

Un sol où l’on introduit la mort est un sol qui perd vie et nous tue. Nous visions l’autosuffisance alimentaire, les logiques productivistes ont conduit à une baisse de l’espérance de vie en bonne santé. Le constat est on ne peut plus simple.Osons donc se prêter au jeu de répondre aux objections par une série d’arguments :

1° Contrairement aux idées reçues, ce sont les petits paysans qui nourrissent 70% de la population mondiale avec moins d’un quart des terres cultivées.
Sources : FAO (organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation). Cf. étude détaillée par Grains https://grain.org/fr/article/4960-affames-de-terres-les-petits-producteurs-nourrissent-le-monde-avec-moins-d-un-quart-de-l-ensemble-des-terres-agricoles#sdfootnote56anc

2° Rendre vie aux sols et cultiver par associations (au lieu de monocultures) améliore les rendements par hectare, tout en apportant une réponse concrète aux questions que les intrants phytopharmaceutiques posent sur la santé et la sécurité des travailleurs agricoles, des populations humaines et du vivant (biodiversité)… ainsi que sur les usages de l’eau.
Source : campagne « Secrets toxiques » (en ce moment dans la Drôme, voir plus bas). Le documentaire est accessible en ligne : https://youtu.be/Q0-7iu7Bgeg?feature=shared

3° Le remembrement agricole, qui s’est traduit par la perte massive de haies (linéaire divisé par 3 au XXe siècle d’après l’INRA) et de mares depuis l’après-guerre se poursuit encore de nos jours : sur la période de 2017 à 2021, l’AFAC-Agroforesterie estime que la perte de haies à 23 500 km/an (Rapport « La haie, levier de la planification écologique, ministère de l’agriculture, avril 2023). Or, outre l’impact sur la biodiversité, cette modification drastique des paysages joue aussi un rôle déterminant dans le réchauffement climatique du fait de la perturbation induite sur l’évapotranspiration, les petits cycles de l’eau et la production de chaleur émise par le béton vert des monocultures. De plus, 1/3 de la nourriture produite dans le monde est purement et simplement gaspillée (lequel gaspillage engendre 10% des émissions de CO2). Des solutions existent pour régénérer les petits cycles de l’eau et c’est à l’échelle locale que nous pouvons agir.
Source : « Dobra Voda » par Valérie Valette (version du documentaire remise à jour en 2024) : https://youtu.be/18sT3U9T-mw?feature=shared

4° Une autre agriculture est possible à condition de tirer les enseignements de nos erreurs et revoir les règles du jeu. L’histoire l’a montré avec le remembrement agricole amorcé dans les années 50 : les choix politiques — notamment la Politique Agricole Commune — déterminent l’usage des sols. La « Révolution numérique, robotique et génétique » promise par Emmanuel Macron (France 2030), est-ce ces réponses-là que nous voulons pour l’agriculture ?
Source : « Tu nourriras le monde » par Floris Schruijer et Nathan Pirard, laissé en consultation libre jusqu’à jeudi 1er février : https://youtu.be/MbSaUIHpgg8?feature=shared

5° Alors que nous sommes au pied du mur, l’actualité du jour apporte un énième scandale sanitaire et politico-financier. Et pas n’importe lequel, l’eau que vendent les multinationales de l’eau en bouteille, où l’on apprend qu’au vu de l’état des sources, l’alternative était de tromper le consommateur sur l’absence de traitement des eaux minérales naturelles ou l’exposer aux risques sanitaires (bactériologiques et chimiques) : https://www.francetvinfo.fr/enquetes-franceinfo/enquete-franceinfo-plusieurs-producteurs-d-eau-en-bouteille-ont-filtre-illegalement-leur-eau-pour-masquer-une-contamination_6333046.html#xtor=CS2-765-%5Bautres%5D-

Osons demander à nos agriculteurs qui soutiennent les propositions des syndicats majoritaires : le mur pour lequel vous avez roulé et vers lequel vous faites chemin, ne le vois-tu pas venir ? Ne voyez-vous pas que ce modèle économique qui accapare et concentre, c’est lui qui vous roule dans la farine et même si vous êtes essorés, il n’en aura pas fini tant qu’il existera des soutiens à cette prédation organisée.

« Si tout ce que vous avez est un marteau, tout ressemble à un clou » (Maslow). L’imaginaire agricole se laisse-t-il réduire à celui de ce marteau ? Et les perspectives à celles de ce clou ?

👬Se retrouver 🤝

Sur les routes, les ronds-points, les pôles logistiques, comme à Puy-St-Martin et Cavaillon, le week-end passé.

… Et participer au tour de France des projections de « Secrets Toxiques » :

– A Saint-Paul-Trois-Châteaux : Ce soir, mardi 30 janvier 2024, à 20h30, au cinéma « le 7e art » en présence du collectif pour la Sécurité Sociale de l’Alimentation de Drôme-Sud-Provence – affiche en pj ;

– A Eurre : jeudi 1er février 2024, à la salle « Drôme » de l’Ecosite du Val de Drôme, place Michel Paulus, en présence de Marie Pochon (députée de la 3e circ. de la Drôme) et Loïc Prudhomme (député de la 3e circ. de Gironde) – affiche en pj ;

– A Montélimar : vendredi 2 février à 18h30 au Palais des bonbons, du Nougat et des Souvenirs, en présence de Maître Tumerelle, avocat de la campagne Secrets Toxiques pour les actions juridiques en cours, et d’Aude Desaint, assistante juridique ;

– A Valence : mardi 6 février à 18h15 au cinéma le Lux, en présence des organisateurs de la campagne glyphosate Drôme

Michaël

Pour les Soulèvements de la Terre Drôme-Sud-Provence

* Sur le syndrome de la référence changeante : https://reporterre.net/L-amnesie-environnementale-cle-ignoree-de-la-destruction-du-monde

ez-vous sur le lien https://framagroupes.org/sympa/sigrequest/clsvtmanosque ou contactez l’adresse sympa@framagroupes.org avec comme sujet « unsubscri

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