Les rêves brisés de Mustapha, mineur marocain retrouvé pendu en prison

Mustapha El Jeghal, mort par pendaison a la prison de Villepinte.

06/05/2024

« JE PARS POUR NOUS SAUVER DE LA MISÈRE »

Mustapha faisait partie des mineurs marocains à la dérive de Barbès. Il avait pourtant un plan : aller à l’école, trouver un travail, des papiers et sortir sa famille de la misère. Ses espérances se sont fracassées au dénuement. Il a été retrouvé pendu.

Mustapha ne faisait pas son âge. Du haut de son mètre 65, le gamin marocain a longtemps déambulé dans les rues de Barbès aux côtés d’autres migrants bien plus vieux. Seules ses bonnes joues rondes enfantines le trahissaient. Il avait 16 ans et traînait, défoncé, dans la nuit noire tard le soir, la faim au ventre, ses yeux noisette hagards. Après six mois d’errance, abîmé par la violence de la rue, la drogue et la prison, Mustapha est retrouvé pendu (1) dans sa cellule du quartier mineur de Villepinte (93). Le directeur adjoint du centre de détention réagit :

« Vous pensez que ça ne nous heurte pas de décrocher un pendu ?! »

L’enfant devenu anonyme était déjà grand marginal. Personne n’a réussi à gagner sa confiance, ni les éducateurs, ni les foyers. Il préférait la compagnie de son groupe d’amis du même âge. Tous partagent un même rêve : quitter leurs villages marocains sans espoir, pour échapper à la pauvreté. Mustapha voulait sauver ses deux sœurs, son père et sa mère, qui ont essayé de le retenir. À 14 ans, il a tout quitté dans sa fugue. Des papiers, un travail, l’enfant candide pensait avoir un plan. Ses espérances se sont fracassées au dénuement une fois arrivé en Europe.

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 À 14 ans, Mustapha a tout quitté pour sauver sa famille. / Crédits : Hervé Lequeux

Une vie d’errance

Au printemps 2023, Mustapha baraude avec une trentaine d’autres mineurs marocains dans le 18e arrondissement. Lui, vient d’arriver et découvre la mixité et le dynamisme de Barbès. Les trottoirs sont partagés avec des migrants Algériens, plus vieux, et les riverains excédés par les cris et les bagarres de ses enfants des rues. Il y a aussi les hordes de touristes, affublés de bérets parisiens, impatients de découvrir le Sacré Cœur, la place du Tertre et les artistes de Montmartre. Le petit migrant entame une existence parallèle et beaucoup moins romantique.

Leur place attitrée – où personne n’ose les déranger à part la police – c’est le square Léon, dans le quartier voisin de la Goutte d’Or, à cinq minutes à pied. Mustapha passe des heures assis sur le muret en béton à discuter avec ses potes. Ils n’ont pas grand-chose d’autre à faire : pas d’école, pas de parents, pas de devoir. À 16h30, il lui arrive d’assister à la sortie de l’école primaire d’à côté. Cartable sur le dos, les marmots surexcités filent prendre leur goûter. Mustapha en rêve : il a l’âge d’être en troisième et pourrait passer le brevet.

Pas de prise en charge de l’Aide sociale à l’enfance pour le mineur et ses compagnons d’infortune : bon nombre d’entre eux passent sous les radars. Alors c’est la débrouille, ils bombent le torse et font les grands. Les commerçants du coin filent un peu de nourriture, quand ce ne sont pas les associations pendant des maraudes. Le soir, Mustapha rejoint un squat près de la tour Eiffel, place du Trocadéro. S’il n’y a pas de place, ou que son humeur n’y est pas, le Marocain déambule nonchalamment dans la nuit, avant de finir dans une laverie du quartier ouverte 24h/24. Il se recroqueville et entre en entier dans un tambour de sèche-linge. La chaleur réconfortante se mélange à l’odeur de la lessive, comme un semblant d’abri et de protection.

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Parfois, Mustapha et ses camarades se retrouvent dans une laverie du quartier ouverte 24h/24. / Crédits : Hervé Lequeux

À l’exception de l’illustration de Une, et de l’avis de recherche, la série de photos est utilisée à titre d’illustration. Le photojournaliste Hervé Lequeux a documenté la migration de mineurs marocains de Ceuta jusqu’à Paris. Une partie de son travail a été publiée dans Le Monde, à l’occasion de la sortie de l’excellent papier Les gamines à la dérive de Barbès. Il travaille sur des sujets sociaux liés à la précarité, aux migrations et aux quartiers populaires. Ces clichés sont complétés par des portraits que nous a confiés la mère de Mustapha. Pour reconstituer son parcours, nous nous sommes appuyés sur les récits de sa famille, mais aussi de militants associatifs et des personnes qui l’ont connu. Les témoignages du personnel de la prison de Villepinte aussi – que nous sommes allés visiter. StreetPress a également eu accès à un certain nombre de documents administratifs et juridiques.

Le désastre

Mustapha commence à boire. Tout le monde le fait dans le groupe. La plupart de ces enfants ont déjà consommé des psychotropes : pour tenir les mois d’attente aux frontières – si ce n’est des années – ils sniffent de la colle ou prennent des médicaments prescrits normalement sur ordonnance pour traiter l’épilepsie, les douleurs neuropathiques ou l’anxiété. Mustapha consomme du Lyrica et du Rivotril, appelés « saroukh » (la fusée) et « madame courage » par les gamins maghrébins. Euphorisants, les pilules le font planer, la réalité est déformée et ses peurs s’évaporent. Deux euros le cachet : c’est le prix que propose la rue pour se détendre et oublier.

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Mustapha consomme du Lyrica et du Rivotril. Deux euros le cachet : c’est le prix que propose la rue pour se détendre et oublier. / Crédits : Hervé Lequeux

Il n’a pas fallu longtemps pour les rendre tous addicts. Les belles boucles brunes de Mustapha deviennent hirsutes. Le produit le ravage de l’intérieur. Les mauvaises décisions s’enchaînent : une pomme volée, puis l’étalage, ensuite les sacs à main ou les téléphones des passants… La bande devient ingérable. Leur existence est dictée par un calcul simple : plus de vols égal plus de drogue. Mais l’équation ne comprend pas les gardes à vue à répétition. Sept signalements de la police pour des faits de « vols aggravés » en moins de six mois, c’est le palmarès de Mustapha qui, devant la justice, ne donne jamais la même identité. Yacine, Mohamed, Mustafa… Peu importe, le mineur finit par être incarcéré en détention provisoire dans l’attente de son jugement. L’enfant isolé vit sa première incarcération.

« Il n’y a pas d’avenir pour moi ici »

Mustapha s’imaginait-il vivre cet enfer en partant du Maroc à 14 ans ? Printemps 2021, il termine sa première année de collège. Le bon élève est besogneux malgré les difficultés, mais persuadé qu’il n’y a pas d’avenir de ce côté de la Méditerranée. Au Nord du pays, dans sa ville de Fnideq – appelé Castillejos par ses habitants – son père vend des fruits et légumes. Un petit commerce mis en péril par un accident du travail et ses douleurs au dos. L’homme est contraint de réduire la cadence, voire de s’arrêter à certaines périodes.

Avec ces moyens de subsistance restreints, la mère, Rahma, commence un petit commerce de contrebande. Pas grand-chose, quelques produits introduits par la frontière espagnole, située à seulement quelques kilomètres, qu’elle vend. Toute la région vit de trafics comme celui-ci, plus ou moins légal, ou en tout cas toléré pendant un temps. Puisqu’en décembre 2019, les autorités marocaines interdisent définitivement l’entrée de marchandises depuis la ville de Ceuta, avant de fermer la frontière pendant la pandémie de Covid-19.

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Pour Mustapha, il n’y a pas d’avenir pour lui dans sa ville de Castillejos – Fnideq. Il se met alors à rêver de quitter ses montagnes. / Crédits : Hervé Lequeux

La famille perd sa principale source de revenus. Mustapha, impuissant et frustré, gamberge. Il voudrait pouvoir faire quelque chose. L’ado tape dans le ballon, il est même plutôt bon, mais pas assez pour devenir le prochain Achraf Hakimi. Le taux de chômage en milieu urbain dans sa province de M’diq-Fnideq tourne autour des 18%, le double du taux national. Impossible de trouver du travail dans ses montagnes, ses parents eux-mêmes n’y arrivent pas. Et une idée naît : partir en Europe. Ils sont des milliers d’Africains à passer par l’enclave de Ceuta chaque année pour gagner le continent, y compris des voisins. Depuis mars 2020, 3.000 personnes auraient quitté définitivement la ville. Pourquoi pas lui ? explique-t-il à sa mère. « Il n’y a pas d’avenir pour moi ici. Je dois partir. » Elle a beau lui répéter qu’il est trop petit, qu’ils vont s’en sortir, qu’il n’a pas besoin, rien n’y fait : son rêve d’immigration vire à l’obsession. Entre ses petites mains, le garçon est persuadé de tenir l’avenir de sa famille.

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Le rêve d’immigration de Mustapha vire rapidement à l’obsession. / Crédits : Hervé Lequeux

Mustapha arrête l’école et commence les allers-retours en direction de la frontière. Une semaine, deux, trois, quatre. Jusqu’au jour où il n’est pas rentré. En mai 2021, le mineur réussit à passer la frontière. Au téléphone, sa mère, angoissée et mise devant le fait accompli, voudrait le convaincre de revenir. Mais Mustapha ne fera jamais marche arrière.

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Chaque année, des milliers de jeunes marocains comme Mustapha partent seuls sur les routes migratoires qui mènent à l’Espagne. / Crédits : Hervé Lequeux

Espagne

À Valence, troisième plus grande ville d’Espagne, le mineur est vite repéré par les autorités. Pris en charge dans un foyer, il reprend l’école, ses notes sont bonnes. Depuis le Maroc, sa maman est en lien régulier avec son éducatrice et suit sa scolarité. Son fils est fier et heureux quand il l’appelle en visio :

« Regarde maman comme ma chambre est bien rangée, je fais même mon lit ! »

Son rêve est à portée de main : il espère avoir un diplôme, un travail, des papiers. Peut-être même ramener ses deux sœurs et ses parents ? Mais le chemin tout tracé sans encombre n’existe pas dans la vie de Mustapha.

En mars 2023, un avis de disparition est publié par les services espagnols. Après presque deux ans, Mustapha a disparu. Il a repris son chemin et avance vers la France. Pour quelle raison ? Personne ne le sait. Il aurait commencé à fumer des cigarettes et goûté à la drogue. A-t-il suivi des copains ? Sûrement. Sa mère, qui a depuis trouvé un travail d’ouvrière dans une usine de textile, ne sera jamais mise au courant de ce nouveau départ. Elle le croit sur les bancs de l’école, assidu, avec un toit au-dessus de la tête. Au téléphone, son fils lui ment. Il ne veut ni l’inquiéter ni la décevoir. Elle n’apprendra la vérité qu’à sa mort.

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En mars 2023, un avis de disparition est publié par les services espagnols. Mustapha a disparu. / Crédits : DR

Vols et prison

Quartier pour mineurs de la prison de Villepinte, septembre 2023. Mustapha tourne en rond dans sa cellule de 8m2. Impossible de discuter, il ne parle pas français. Les coups de fil quotidiens à sa mère s’arrêtent brutalement. Il n’a plus son téléphone et celui de la prison coûte trop cher. Son unique fenêtre est dotée de caillebotis qui empêchent la lumière d’entrer. Derrière la vitre, l’horizon est restreint : du gazon et un mur d’enceinte en béton de six mètres de haut. Enfermé, son esprit se perd. Il regrette ses cocktails habituels, qui lui font tourner la tête. Rien ne peut l’aider à s’échapper.

 

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En septembre 2023, Mustapha passe un mois au quartier pour mineurs de la prison de Villepinte en détention provisoire. / Crédits : Hervé Lequeux

Après un mois d’incarcération, Mustapha est finalement condamné à une peine d’emprisonnement de six mois intégralement assortie d’un sursis probatoire pour ses faits de « violences aggravées ». 24h, c’est le temps qu’il a passé au foyer dans lequel il a été envoyé, malgré son obligation de respecter un placement éducatif. Les fugues seraient courantes pour les jeunes mineurs isolés, qui préfèrent la compagnie de leurs copains et leurs habitudes, aussi destructrices soient-elles.

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Mustapha ne parlera jamais de son séjour en prison. / Crédits : Hervé Lequeux

Mais dehors, ses potes ne le reconnaissent plus. Les quatre semaines d’enfermement l’ont ravagé. « Il est devenu fou. » Mustapha ne parlera pas de son séjour en prison. La rue le reprend, son insécurité et ses galères aussi.

Retour en prison

Deux semaines plus tard, le 2 octobre 2023 au matin, Mustapha est retrouvé recroquevillé en position fœtale, inconscient, dans les toilettes d’un restaurant. Une vitre a été brisée et l’établissement est en désordre. Le fond de caisse a disparu. L’ado, lui, est dans un état alarmant : ses pupilles sont dilatées et il est incapable de se relever. Le gérant appelle les pompiers, direction les urgences. Il ne reste plus grand-chose du petit Mustapha innocent, parti du Maroc pour conquérir le monde. Les médicaments que lui aurait donné un ami lui ont fait perdre tous ses souvenirs, explique-t-il à la juge à son retour devant les tribunaux. Il ne sait pas ce qui s’est passé dans ce resto. La descente est laborieuse.

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Au tribunal, devant le personnel du service éducatif, Mustapha s’effondre. L’ado est en détresse, désespéré à l’idée de retourner en prison. / Crédits : Hervé Lequeux

Il s’effondre devant le personnel du service éducatif chargé de l’enquête sociale. Mustapha n’a plus la force de bomber le torse. Il est abîmé. Sur ses bras, des scarifications se mélangent à ses problèmes de peau. Son corps entier est amaigri. Il est placé à l’isolement parce qu’il a des punaises de lit. L’ado est en détresse, désespéré à l’idée de retourner en prison. Agité, le garçon prévient qu’il se suiciderait. Le personnel recommande une prise en charge médicale, au vu de son état physique et psychologique. La juge notifie à l’administration pénitentiaire les propos suicidaires quand il est malgré tout envoyé derrière les barreaux, en détention provisoire. Il n’y a plus de places nulle part, ni en centre éducatif fermé ni en foyer. Le dernier disponible est celui duquel il a fugué en moins de 24h, qui refuse de le reprendre. « Quand il est arrivé, il était tout pâle, le regard hagard. Ça se sentait que c’était un gamin sous médicaments », raconte un personnel de la prison de Villepinte :

« Ce n’est pas en le mettant en prison qu’on va le protéger. »

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Mustapha est abîmé. Sur ses bras, des scarifications se mélangent à ses problèmes de peau. / Crédits : Hervé Lequeux

 

La nuit, Mustapha est retrouvé pendu dans sa cellule par des surveillants. Moins de 24h après son arrivée. Mais son cœur bat encore et il est transporté à l’hôpital. Le même mois, trois autres ados ont tenté de mettre fin à leurs jours dans ce quartier mineur.

 

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À 16 ans, Mustapha est retrouvé pendu dans sa cellule. / Crédits : Hervé Lequeux

« Tu m’as abandonnée, tu m’as laissée, mais moi, je suis venue te chercher ! » Sa mère à son chevet est dévastée. Des associations ont réussi à la contacter et à l’aider à venir in extremis. Voilà des jours qu’elle n’avait plus de nouvelles. Le corps de son garçon émet encore quelques secousses réflexes. Est-ce qu’il l’entend ? Est-ce qu’il sait que sa maman est là ? Elle dort auprès de lui la semaine entière. L’espoir d’un miraculeux réveil la fait tenir. Après un mois à le veiller, les médecins décident d’arrêter les traitements. Sa famille suit sa mort en visio. À 16 ans, Mustapha a été emporté par ses rêves d’enfant.

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À 16 ans, Mustapha a été emporté par ses rêves d’enfant. / Crédits : Hervé Lequeux

L’association SOS migrants mineurs s’occupe depuis plusieurs années des enfants des rues de la Goutte d’Or à Paris. Présidée par Fatiha Kettab, l’association est spécialisée dans le repérage et l’accompagnement juridico-judiciaire, administratif et social des jeunes et fait le lien avec leur famille. Ils sont en recherche de soutien financier et de vêtements. Pour soutenir leurs actions, il est possible de les contacter sur leur page Instagram @sos.migrants

L’association 100% Mamans est une association marocaine qui soutient l’inclusion sociale et citoyenne des mères et de leurs enfants. Elle est présidée par Claire Trichot. Pour soutenir l’association, et avoir plus d’informations, vous pouvez cliquer ici

(1) Une enquête pour recherche des causes de la mort a été ouverte. Contacté le parquet de Bobigny n’avait pas donné suite à ce jour.

Stéphane Scotto, directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris déclare par mail à StreetPress : « Nonobstant l’émotion suscitée par la décès de ce jeune qui a bouleversé les équipes qui concouraient à sa prise en charge tant celles pénitentiaires, que celles de l’éducation nationale, que celles de la protection judiciaire de la jeunesse et celles hospitalières, je ne suis pas habilité à communiquer sur cet évènement et ne peux que vous inviter à vous adresser à l’autorité judiciaire qui est saisie de ce décès comme c’est systématiquement le cas lorsqu’un décès intervient en détention. »

Contacté, le ministère de la Justice n’avait pas répondu à ce jour.

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