Colère en Israël après avoir été mis sur la «liste de la honte» de l’ONU

Israël, le Hamas et le Jihad islamique ont été ajoutés à la « liste de la honte » de l’ONU sur les droits des enfants lors de conflits. Cette décision provoque la colère en Israël et pourrait avoir des conséquences sur les relations entre l’État hébreu et l’organisation internationale, selon ses dirigeants.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, à New York, le 10 mai 2024. © Reuters/Eduardo Munoz
De notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul

« Honte à vous ! », tance l’ambassadeur israélien Gilad Erdan dans sa réponse au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Cela ne peut qu’inciter le Hamas à utiliser des enfants pour commettre des actes terroristes, ajoute-t-il.

« L’ONU s’est mise sur la liste noire de l’histoire en rejoignant les partisans des assassins du Hamas », proclame pour sa part le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu qui parle de « décision délirante ». Pour le ministre Benny Gantz, l’hypocrisie de l’institution internationale a atteint un niveau historique.

Mesures envisagées

Quant au ministre des Affaires étrangères Israël Katz, il a annoncé que cette décision allait changer les relations entre Israël et les Nations unies. Israël pourrait couper tout contact avec le représentant de l’ONU pour le Proche-Orient.

Une autre mesure est envisagée : qualifier l’agence pour les réfugiés palestiniens, l’Unrwa, d’organisation terroriste. Israël est désormais le premier pays démocratique à figurer sur cette « liste de la honte » avec toutes les conséquences que cela peut entraîner.

Alors que les efforts diplomatiques pour arracher une trêve piétinent, le secrétaire d’État américain Antony Blinken est attendu la semaine prochaine en Israël, en Égypte, au Qatar et en Jordanie, pour « promouvoir une proposition de cessez-le-feu » présentée récemment par le président Joe Biden, selon Washington.

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En 2015 déjà…

Dans une chronique en mars 2015, Bede Sheppard, directeur adjoint de Human Rights Watch (Division Droits des enfants) faisait état d’un article du Guardian britannique selon lequel le gouvernement israélien «aurait exercé de fortes pressions sur les représentants des Nations Unies à Jérusalem pour éviter l’inclusion des Forces de défense israéliennes dans la « liste de la honte » du Secrétaire général de l’ONU répertoriant les groupes armés ayant commis de graves violations des droits des enfants lors de conflits armés ».

La « liste de la honte » est un « outil efficace » et « particulièrement nécessaire dans le cadre du conflit israélo-palestinien » écrivait Bede Sheppard. « Les combats entre Israël et les groupes armés palestiniens à Gaza l’été dernier ont eu un effet dévastateur sur les enfants de cette région. Les frappes aériennes israéliennes sur lesquelles Human Rights Watch a enquêté ont tué de nombreux civils, y compris des enfants. Le blocus de la bande de Gaza a en outre eu un impact désastreux sur la santé des enfants palestiniens, en raison des entraves à la livraison de nourriture, de médicaments et d’autres produits de base. » 

Bed Sheppard signalait également que le Hamas avait aussi légitimité à figurer sur cette liste en raison de ses attaques sur les écoles israéliennes.

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