Il y a quelque temps, un jeune homme de 20 ans avait été condamné par le tribunal correctionnel de Versailles à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour avoir volé, dans un magasin de Conflans-Sainte-Honorine, un sandwich et deux bouteilles de jus d’orange. Montant du butin : moins de 5 euros. « Je n’ai aucune excuse : j’ai volé. Mais c’était pour manger. J’avais faim et je n’avais pas d’argent », avait expliqué le prévenu face au juge. Six mois de prison ferme pour 5 euros. De telles histoires arrivent tous les jours dans la France de la crise, de la misère, de l’inflation et du rabotage continu des indemnités chômage.
Aujourd’hui Le Pen et son clan s’indignent de la supposée sévérité du verdict qui condamne 23 élus et cadres du RN pour « détournement de fonds publics ». Le tribunal a estimé que le préjudice total de la prise en charge « par le Parlement européen des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti » d’extrême droite était de 4,1 millions d’euros. Marine Le Pen n’ira pas en prison. Sa peine est aménagée : comme pour Nicolas Sarkozy, ce sera le bracelet électronique, pas Fleury Mérogis. Elle est inéligible pour cinq ans. Dura lex, sed lex : elle-même réclamait en 2013 que les élus reconnus coupables de détournement de fonds publics soient déclarés inéligibles à vie.
Les Le Pen ont passé leur vie à vilipender la justice pour son prétendu laxisme, à réclamer des peines exemplaires, des peines sévères, des peines planchers, des peines dissuasives, des peines impitoyables, des peines exécutoires, des peines incompressibles. Pour les autres, pas pour eux. Prise la main de la sac et condamnée selon les sanctions prévues par la loi, la cheffe du RN crie au complot et cherche à exploiter la situation à son avantage politique.
C’est cohérent avec son détestable projet politique. Partout dans le monde, l’État de droit et l’indépendance des magistrats sont les premières cibles de l’extrême droite. Dans leur croisade contre la justice, c’est la démocratie que l’extrême droite et la droite extrême veulent mettre à bas. Voilà le vrai coup d’état.
(Photo Sipa/Cyril Pecquenard)
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