In this handout photograph taken on March 29, 2025 and released on March 30, 2025 by the press service of the 24th Mechanized Brigade of Ukrainian Armed Forces, a Ukrainian serviceman improve his tactical skills at a training camp in an undisclosed location in eastern Ukraine, amid the Russian invasion of Ukraine. (Photo by OLEG PETRASIUK / 24th Mechanized Brigade of Ukrainian Armed Forces / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / 24TH MECHANIZED BRIGADE OF UKRAINIAN ARMED FORCES" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Il va falloir que cela finisse par entrer dans nos crânes, la Russie est de plus en plus à la peine en Ukraine.
Coupons le son de la petite musique qui nous susurre tous les jours ou les deux jours que la Russie avance, avance, avance…en nous rapportant qu’elle déclare avoir pris un ou deux…villages ! Posez-vous la question, il doit bien y avoir de grandes métropoles à prendre par les Russes, non ? Où sont-elles depuis des mois que ceux-ci envoient leur impressionnante chair à canon prendre lesdits villages quand ils les ont complètement rasés, prendre des petits bouts de km 2, parfois même d’en perdre car, figurez-vous, les Ukrainiens contre-attaquent tout en veillant, eux, à perdre le moins, qui est toujours trop, de combattants.
Cette faillite militaire russe finit par percer le mur du son, comme on le voit aujourd’hui, au détour d’une note de l’AFP rapportant les chiffres qui parlent clair et font tomber les moulinets d’intox des Russes et de leurs porte-voix dans le monde. Mais voilà, la parenthèse s’ouvre aujourd’hui, elle se refermera très vite et l’on retournera au ronron médiatique et propagandiste, hypnotique, sur la Russie qui avance, avance, avec, de temps en temps, la mention résiduelle que c’est pour pas grand chose, et puis le résidu de réalité des choses, s’estompera jusqu’à la prochaine résurgence du « ah, mais oui, cela avait été dit et ça se confirme », et ainsi de suite.
Bon, dans l’instant voici ce que nous rapporte Sud-Ouest, de l’AFP qui a eu accès aux chiffres de l’ISW, aujourd’hui la source la plus fiable, en continu, de la réalité de cette atroce guerre : « Avec 240 km² pris en mars 2025, la progression des forces russes en Ukraine a ralenti pour le 4e mois consécutif ».
« En Ukraine, les forces russes ont pris près de 150 km² de moins en mars qu’en février. Leurs avancées ralentissent chaque mois depuis le pic à 725 km² de novembre 2024, dans la foulée d’importants mouvements russes sur la ligne de front depuis l’été précédent. »
« [D’avril 2024 à mars 2025] les forces russes ont pris 4 695 km² net, soit 0,78 % du territoire ukrainien incluant la Crimée et le Donbass. » Vous avez bien lu 0,78% !
Tout est dit : l’armée russe se fracasse à grappiller du territoire ukrainien et cela parce que la résistance ukrainienne, soutenue par le peuple ukrainien, lui impose ce grappillage. David défie Goliath. Malgré le coût humain, malgré les pressions des néofascismes russe, évidemment en première ligne, et américain, tout près du premier. Malgré l’extrême droite internationale qui oeuvre à torpiller ladite résistance ukrainienne et, du même élan, les droits démocratiques et sociaux dans les pays où elle sévit. Cap sur un régime à la Trump ou, « mieux », c’est plus avancé, à la Poutine. Malgré aussi le lâchage, que dis-je, les coups de poignard dans le dos de l’Ukraine en lutte des infâmes à gauche qui avancent, les maîtres hypocrites, à couvert, en brandissant le drapeau de la paix-pour-la-victoire-du tyran-du-Kremlin en diabolique triangulation avec les démarches néofascistes impérialistes combinées trumpienne et poutinienne.
Un dernier point important sur le sujet : n’esquivons pas ce qui peut apparaître comme un paradoxe, dont use et abuse, entre autres, à droite, mais il s’en trouve à gauche, un Lellouche, ancien secrétaire d’Etat sarkozien-fillonien, à savoir que, si la Russie est si fortement fragilisée militairement en Ukraine, comment penser qu’elle aurait les moyens d’attaquer l’Europe, en commençant par les Pays Baltes ou la Moldavie ou, encore, la Roumanie ? Avec tout ce qu’induit de poser ainsi la question de la menace de guerre…pour la désamorcer.
La réponse à ce faux et insidieux argument sur le bourbier ukrainien dans lequel l’armée russe patauge, doit partir de deux éléments clés combinés : l’incroyable niveau de résistance et de résilience, militaire et civile, ukrainienne ainsi que l’aide occidentale en armement, toujours insuffisante pour reconquérir du territoire perdu mais incontournablement nécessaire pour…résister. Interaction menacée par le basculement poutinien des Etats-Unis pour couper les approvisionnements militaires si l’Ukraine ne se soumet pas à ses desiderata colonialistes (Koursk, vous avez oublié ?). Ce qui implique que l’Europe prenne le plus rapidement possible le relais en matière d’approvisionnement en armement de l’Ukraine. Pour que celle-ci, les Russes continuant à s’approvisionner militairement en Corée du Nord, en Iran mais aussi en Chine, oui, en Chine, ne s’effondre pas, et pour que donc la voie ne s’en trouve pas dégagée pour l’expansionnisme russe vers les susdits pays baltes et autres.
Comprenons bien, une fois tout ceci en place, ce que signifie le faux paradoxe de Lellouche et de ses proches de droite et de gauche : que leur but commun est que, coupée de toute aide militaire des US puis, grâce à eux, d’une Europe qu’ils auraient démobilisée, comme cela adviendrait immanquablement si nous tombions dans le piège induit par leur désarmant « paradoxe », l’Ukraine soit défaite, que la Russie, toute fragilisée qu’elle est en Ukraine, trouve alors le rapport de force militaire, qui lui manque actuellement, pour se relancer depuis l’est et reconquérir l' »étranger proche » de l’URSS perdu dans les années 90 du siècle dernier. Et mettre sous pression, et peut-être plus, le reste de l’Europe, plus à l’ouest, qui, Gros-Jean comme devant, aurait fini par se croire à l’abri du danger en écoutant la bande à Lellouche !
Coupons donc aussi le son de ce défaitisme et de ce pseudo-pacifisme et poussons à ce que la résistance ukrainienne, notre première ligne de défense antifasciste et anti-impérialiste, continue à faire balbutier sa guerre à la grande gueule de Moscou avant de la lui faire fermer, je veux parler, vous m’avez compris, de sa sale gueule ! Désolé, ça soulage.
Guerre en Ukraine : l’avancée russe ralentit pour le quatrième mois consécutif
En Ukraine, les forces russes ont pris près de 150 km² de moins en mars qu’en février. Leurs avancées ralentissent chaque mois depuis le pic à 725 km² de novembre 2024
Ils ne sont plus présents que dans une poche de 80 km², soit 6 % de l’étendue maximale de l’offensive ukrainienne en Russie. Commencée en août 2024, elle avait atteint environ 1 300 km² en deux semaines. Cette zone d’opération a rétréci au fil des mois suivants. Fin 2024, elle couvrait moins de 500 km². Et mars a été marqué par une accélération de la contre-offensive russe, qui a fait passer la zone de plus de 400 km² à environ 80 km², soit une réduction de 80 % en un mois.
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Dynamique russe
En Ukraine, les forces russes ont pris près de 150 km² de moins en mars qu’en février. Leurs avancées ralentissent chaque mois depuis le pic à 725 km² de novembre 2024, dans la foulée d’importants mouvements russes sur la ligne de front depuis l’été précédent. Malgré ces ralentissements, les 12 derniers mois ont été marqués par une progression de l’armée russe en Ukraine, alors que les Ukrainiens ne parviennent pas à regagner de terrain. D’avril 2024 à mars 2025, les Ukrainiens n’ont repris que 77 km², quand les Russes ont conquis 4 772 km².
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Les forces russes ont donc pris 4 695 km² net, soit 0,78 % du territoire ukrainien incluant la Crimée et le Donbass. À l’inverse, d’avril 2023 à mars 2024, les Ukrainiens avaient globalement repris du terrain sur les Russes. Si ces derniers avaient conquis 1 300 km², les forces ukrainiennes avaient en parallèle récupéré 1 373 km². Ces calculs sont effectués à partir des fichiers communiqués quotidiennement par l’ISW, qui s’appuie sur les informations diffusées par les deux camps, et l’analyse d’images satellites.
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