
2024
L’apocalypse en found-footage… ou comment la fin du monde a peut-être commencé dans un laboratoire d’État, avec un groupuscule anarchiste et un mystérieux micro-organisme : le « mycélium », capable de digérer n’importe quel métal.
Ce film constitue un prequel à Entre les bêtes.
« La Fin de l’âge de fer » de Clément Schneider : un trip SF malin et prenant
Quatrième long métrage de Clément Schneider (« Un violent désir de bonheur », 2018), ce film d’anticipation apocalyptique saisit par sa manière lo-fi d’embrasser le spectaculaire, et sa grande habileté à entrelacer les implications intimes et politiques de la crise majeure qu’il imagine.

La fin de l’âge de fer est proclamée par Ulysse, jeune activiste qui a gravi les échelons en tant que chercheur en chimie dans le but de pouvoir voler une substance dangereuse mise au point dans un laboratoire d’État, le mycélium, capable de détruire tous les métaux. En répandant celle-ci dans la nature, il met tout simplement fin à la civilisation telle qu’on la connaît, dans le but de réinventer la société autrement…
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Partant de ce pitch ambitieux, Clément Schneider impressionne car il fait de la très bonne SF avec presque rien. On suit ces évènements cataclysmiques par les écrans : d’abord par les visioconférences entre Ulysse et un couple d’amis avec qui il milite, ensuite par les médias qui se font le relai des réactions du pouvoir en place.
Rhétorique guerrière et répressive, sensationnalisme bas du front, éditorialistes et personnalités politiques dépassés… La satire apparaît alors aussi acide que le mycélium lui-même. Mais le film touche et se densifie aussi en ce qu’il parle de la lutte pour ses idéaux, de ce qu’elle peut engager intimement : c’est ce qu’on ressent à travers l’éloignement progressif entre Ulysse et son couple d’amis, qui ont bien les mêmes horizons politiques, mais n’empruntent pas les mêmes chemins.
: La Fin de l’âge de fer de Clément Schneider (Les Films d’Argile, 1h18), sortie le 2 avril
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