
Cette annonce qui a accéléré la chute des futures de Wall Street, au lendemain de la perte de 2.400 milliards de dollars de capitalisation pour les entreprises américaines, se veut une réponse aux nouveaux droits de douane de 34% annoncés mercredi par Donald Trump sur les produits chinois, qui s’ajoutent aux 20% déjà imposés ces dernières semaines.
Pékin a par ailleurs annoncé un renforcement des contrôles sur les exportations de terres rares vers les États-Unis, à compter du 4 avril, tandis que les douanes chinoises suspendaient avec effet immédiat l’importation de certains produits agricoles depuis les Etats-Unis.
Le ministère chinois du Commerce a présenté cette mesure comme un moyen de « mieux protéger les intérêts nationaux » et de « remplir les obligations internationales (de la Chine) comme la non-prolifération » nucléaire.
Le gouvernement chinois a également ajouté 11 entités à sa liste des « entités non fiables », sur laquelle il s’appuie pour prendre des mesures de rétorsion à l’encontre d’entreprises étrangères.
Seize autres entreprises américaines ont été ajoutées à la liste de contrôle des exportations chinoises, qui les proscrit des ventes de biens à double usage.
Une enquête antidumping a également été ouverte contre certains produits médicaux.
Ces annonces ravivent les craintes d’une guerre commerciale généralisée et ajoutent aux pressions sur la croissance mondiale, accentuant le repli des marchés en Europe et aux Etats-Unis, déjà éprouvées par des baisses d’ampleur historique jeudi.
À Paris, le CAC 40 se replie de 3,89% à 7.303,05 points vers 11h20 GMT, tandis que l’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perd 4,32% et le Stoxx 600 décline de 4,46%.
Les contrats à terme sur indices new-yorkais suggèrent une ouverture en déclin de 2,96% pour le Dow Jones, tandis que le Standard & Poor’s 500 reculerait de 3,02% et le Nasdaq de 3,27%.
« Le marché intègre dans ses prix la perspective d’une récession mondiale », résume George Saravelos, responsable mondial de la recherche sur les devises à la Deutsche Bank, qui estime que seules des annonces de banques centrales ou de soutien budgétaire pourraient stopper la correction en cours.
(Rédigé par Mei Mei Chu ; version française Zhifan Liu et Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)
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