
Dans « À l’air libre », retour sur une semaine où la bruyante surenchère trumpiste du Rassemblement national et sa chambre d’écho médiatique ont fait passer au second plan la réalité : une des principales figures politiques du pays condamnée en première instance pour détournements de fonds publics.
Depuis que, lundi 31 mars, le tribunal de Paris a décidé une inéligibilité pour cinq ans de Marine Le Pen, le Rassemblement national (RN) et ses allié·es politiques et médiatiques ont sorti l’artillerie lourde. « Tyrannie des juges », « régime autoritaire », « État de droit violé », dénonciation du « système » : les mots employés sont ceux de l’extrême droite populiste internationale, de Trump à Bolsonaro, au mépris total des faits et de la réalité.
Alors que le RN appelle à une mobilisation à Paris, dimanche 6 avril, en soutien de Marine Le Pen, les médias d’extrême droite de Bolloré, de CNews à Europe 1, amplifient ces discours.
Mais d’autres médias relaient aussi plus ou moins l’idée, fausse, d’un procès politique. Et une large partie du champ politique, à droite surtout, parfois à gauche, met aussi en doute cette décision — Marine Le Pen ayant fait appel, elle est à nouveau présumée innocente.
Une émission préparée par Mathieu Magnaudeix, Marine Turchi et Michaël Hajdenberg, et présentée par Mathieu Magnaudeix.
Avec :
- Marine Turchi, journaliste au pôle enquêtes de Mediapart, coautrice des enquêtes sur les assistant·es parlementaires du RN au Parlement européen ;
- Michaël Hajdenberg, coresponsable du pôle enquêtes de Mediapart ;
- Vincent Martigny, chercheur associé au Cevipof, professeur en science politique à l’université Côte-d’Azur et à l’École polytechnique. Il vient de coordonner le livre collectif Les Temps nouveaux. En finir avec la nostalgie des Trente Glorieuses (Seuil, 2025) ;
- Pierre Lefébure, maître de conférences en science politique à l’université Paris 13, spécialiste des médias et de la communication politique.
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