Le fascisme qui vient… Que faire ?

L’actualité de cette action antifa calamiteuse qui a causé la mort tragique d’un jeune de 23 ans nous invite à reprendre un débat mené à l’automne 2024 au Café des libertés à Forcalquier à propos des accusations de « fachos » proférées par des « antifas » et de la nécesaire lutte contre la montée du fascisme …  Mais pas comme ça…

https://lesgiletsjaunesdeforcalquier.fr/2024/11/des-antifas-en-peau-de-lapin-contre-le-cafe-des-libertes/

Extrait du texte ci-dessus :

Le cercle des diffamateurs anonymes

Nous connaissons, bien sûr les auteurs de cette manipulation, tous les militants se connaissent dans le 04 : Un quarteron de soi-disant antifas en peau de lapin, qui n’ont jamais vu de fasciste que sur des images. Ils tiennent salon dans l’ombre, le visage masqué refusant tout débat malgré nos demandes et la publication d’un document public d’analyse de 6 pages qui a été lu plus de 10 000 fois, sans recevoir le moindre commentaire contradictoire.

https://lesgiletsjaunesdeforcalquier.fr/2023/04/le-poison-de-la-division-contre-le-cafe-des-libertes/

La suite

https://lesgiletsjaunesdeforcalquier.fr/2023/05/cafe-des-libertes-apres-le-poison-le-venin-de-la-divisiones-la-reponse/

Ils sont victimes d’un schéma de pensée identitaire et sectaire qui les a coupés de la réalité. Ils auraient fait merveille sous Pétain !

Grandeurs et malheurs historiques de la politique antifasciste

C’est le même groupuscule qui a perturbé le festival alternatif les « Foisonnantes » pour cause d’intervenants traités à la va-vite de « fachos ». Invités à s’exprimer, ces nouveaux idéologues ont refusé tout dialogue et négliger l’énergie contestataire qui s’y manifestait, alors qu’à une autre époque, elle aurait été captée par la gauche radicale. Mais nos puristes ne discutent pas, en bons religieux, ils excommunient.

Pire encore, leur intervention malveillante a empêché cet été les animatrices de la magnifique lutte contre la déforestation à Cruis, pour l’installation de panneaux photovoltaïque, de tenir un week-end de solidarité. Là, ils refusaient que Nicolas Casaux, un écologiste radical mais aussi critique du transactivisme, puisse seulement s’exprimer. Pour Daniel Adam-Salamon, également philosophe, ces dogmatiques relativistes pratiquent une passion policière, qui n’est que le propre des ratés, des envieux et des médiocres. Car, en toute circonstance, il convient de respecter le principe de contradiction, fondamental de toute pensée critique.

Ces atteintes manifestes à la liberté d’expression ne gênent pas nos fanatiques de la pureté doctrinaire pour manier l’anathème et construire une nouvelle liturgie, psalmodiant avec un tintinnabule dans les travées : antifa, homophobie, LGBQI+phobie ou rajoutant le T qui ne signifie pourtant pas une orientation sexuelle.

De plus, ces particularités de « styles de vie » (et donc de consommation et d’idéologisation) sont incapables de transformer la culture du libéralisme dominant, puisqu’elles ne conçoivent pas la sexualité en tant que structure profonde de l’histoire humaine, mais comme une simple forme de discrimination. Leur forme de pensée est schizophrénique quand on écoute un député RN, ancien fondateur de la section LGBT du parti de centre droit UMP, dont il fut membre !

Une politique spécifiquement antifa toujours nuisible

Tout a été dit dans le texte très documenté « Après le poison, le venin de la division ». 10 000 vues, sans réponse. Nos jeunes « gauchistes » et le gauchisme est « la maladie infantile du communiste » disait Lénine, persévèrent dans une voie qui n’a conduit qu’à des désastres.

Une excellente analyse des échecs historiques de la lutte antifasciste peut être lue là : https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-mouvement-antifa-aujourdhui/

Le parti communiste allemand (KPD) stalinisé en 1934 a sous estimé dramatiquement la menace nazi avec ce mot d’ordre  “Après Hitler, notre tour”. Lorsqu’ils se rendirent compte de leur erreur, il était trop tard. Trotsky, dénonçait cette politique sectaire du KPD « Si le fascisme arrive au pouvoir, il passera comme un tank effroyable, sur vos crânes et vos échines. Le salut se trouve uniquement dans une lutte sans merci. Seul le rapprochement dans la lutte avec les ouvriers sociaux-démocrates peut apporter la victoire».

Nos « Don Quichotte » de la lutte antifa ne veulent même pas nous parler puisque nous sommes déjà catalogués « fachos ». Ils projettent sans doute de se battre seuls contre le fascisme avec leurs petits poings.

Nos antifas d’aujourd’hui copient une stratégie sectaire qui a contribué en Allemagne à la plus grande défaite, de l’histoire du mouvement ouvrier international. Ils déclarent « siamo tutti antfascisti » en s’adressant à une poignée, à 0,01 % de la population et en dénonçant même des alliés potentiels. Quoi qu’il en soit, combattre une extrême-droite en expansion, qui se construit principalement à travers les élections nécessite des stratégies très variées dans lesquelles la dénonciation verbale comme la confrontation physique ultra minoritaire est loin d’être l’élément central.

La période qui impose des convergences, et par tous les moyens la construction d’un front uni.

L’élection d’un Donal Trump à la tête de la plus grande puissance économique du monde, dans un climat de guerres et de massacres de masse, est révélatrice de l’ampleur de la crise multifactorielle du capitalisme mondial. C’est le tocsin qu’il faut sonner face à cette menace de grande ampleur pour les peuples, incapables d’y faire face en raison de divisions historiques pourtant toujours plus insupportables.

Il faut d’urgence que ce que l’on nomme, « la gauche » commence à se regarder dans le miroir pour un bilan sans concession :

Quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires, c’est d’abord sur elle-même que la gauche devrait s’interroger.

Le péché originel de la gauche dans son ensemble est de se nourrir de péroraisons idéologiques hors sol. Il y a urgence, particulièrement en ces jours-ci de revenir aux mouvements sociaux, à la solidarité, à l’unité  et s’éloigner des polémiques éthérées, sur des sujets périphériques. Les dominants sont experts pour susciter des divisions chez les dominés afin de maintenir leur domination ultra minoritaire. Certains font leur miel de ces guerres picrocholines avec le « wokisme » comme dernier avatar.

Il faut remettre l’église au centre du village : Revenir sur le terrain de la lutte de classes celle qui fait aimer le peuple quand il est en marche et apprendre en marchant avec lui, comme l’a montré le magnifique mouvement des gilets jaunes.

Le « café des libertés » ouvert à tous et à tous les vents, comme le mouvement des gilets jaunes – dont il n’a été qu’une prolongation- ; il a su fédérer comme lui, des personnes aux origines très diverses, dans un mouvement de masse, condition sine qua non pour faire trembler les puissants. Le café a été un point d’appui pour toutes les luttes et les actions de désobéissance civile sur Forcalquier et alentours. Une conférence sur le droit, la loi et la justice s’y est même tenue. Cette façon de s’organiser dans « le faire » tranche avec ceux qui sont dans la délégation et la représentation et peinent à aller au-delà des conciliabules. Avec tous ces ingrédients le « café des libertés » aura été sur Forcalquier, le mouvement social émancipateur le plus important depuis la libération.

Mais on peut continuer à lui chercher des poux. L’appareil d’état, les politiciens, les bureaucrates le combattent farouchement avec tous leurs affidés. Faut-il se résoudre à devoir se battre sur une deuxième ligne de front, celle des collabos, à l’insu de leur plein gré ?