Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! n’est pas une citation de Jaurès. La véritable citation de Jaurès est celle ci : « Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l’orage.»
Cette citation est apocryphe. Il s’agit du résumé du discours du 7 mars 1895 de Jaurès. Présentant le lien établi par Jaurès entre le capitalisme et la guerre, la citation originale, prononcée à la chambre des députés de l’Assemblée nationale le 7 mars 1895, n’est pas aussi directe. Jaurès fait plutôt valoir que la compétition économique entre les individus ainsi qu’entre les sociétés mène à la guerre. Il ne mentionne pas le capitalisme dans l’extrait original, bien qu’il en décrive la dynamique. Le Journal officiel des débats parlementaire rapporte la citation suivante :
« Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l’orage. Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir enfin la guerre entre les peuples, c’est d’abolir la guerre entre les individus, c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie – qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille – un régime de concorde sociale et d’unité. »
Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l’orage.
-
- Il est bien fait état du capitalisme précédemment dans le discours.
Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possédera les grands moyens de production et d’échange, tant qu’elle possédera ainsi et gouvernera les autres hommes, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu’elle domine sapropre loi, qui est la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et pour le pouvoir ; tant que cette classe privilégiée, pour se préserver contre tous les sursauts possibles de la masse, s’appuiera ou sur les grandes dynasties militaires ou sur certaines armées de métier des républiques oligarchiques ; tant que le césarisme pourra profiter de cette rivalité profonde des classes pour les duper et les dominer l’une par l’autre, écrasant au moyen du peuple aigri les libertés parlementaires de la bourgeoisie, écrasant ensuite, au moyen de la bourgeoisie gorgée d’affaires, le réveil républicain du peuple ; tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples.
