Jacques Chastaing
Le gouvernement a reculé et a retiré la loi Yadan face à la mobilisation, les occupations des étudiants, les 700 000 signatures à la pétition et les rassemblements.
Bien sûr, on peut être méfiant.
Le gouvernement, bien évidemment, assure qu’il ne recule pas, impression amplifiée par les cris de Caroline Yadan, avec un nouveau texte identique selon elle qui serait présenté le 22 juin par le gouvernement. Mais ce dernier précise, selon l’AFP, que ce sera «un projet de loi ambitieux qui sera présenté et travaillé avec l’ensemble des forces parlementaires dans les plus brefs délais, dans une logique coordonnée et transpartisane». Un projet « transpartisan » de « l’ensemble des forces parlementaires », bref un recul bien réel aujourd’hui même s’il n’est pas complet et un très vague projet plus tard de tout le monde dont le but semble surtout de ne pas fâcher ses partisans divisés, entre les pro-Netanyahou et le Modem qui ne voulait pas voter le texte comme la plupart des députés PS, bref sauver la face, ne pas donner l’impression que c’est un recul.
Quoi qu’il en soit, ce premier recul donnera plus de temps pour se mobiliser au cas où il y aurait entourloupe et pour exiger son retrait définitif comme la fin de toute criminalisation du soutien au peuple palestinien contre le génocide de Netanyahou.
Mais surtout, ce qu’il faut retenir, comprendre et dire aujourd’hui sur la situation actuelle, c’est que c’est la seconde fois en peu de temps, 1er mai et loi Yadan, que le gouvernement recule face à la menace de mobilisations. Il est inquiet du climat actuel de grogne sociale notamment contre la hausse des prix de l’essence, sur fond de la chute d’Orban et du mouvement en Irlande, et ne voudrait pas qu’une question incidente vienne mettre le feu aux poudres.
Il est plus faible que jamais, nous sommes plus forts que nous ne le pensons.
C’est le moment de nous faire entendre