Le petit coup d’Etat permanent contre le 1° mai.

Par aplutsoc2 le 24 avril 2026
Les annonces de Lecornu faisant suite au recul initial du gouvernement sur le 1° mai, causé par l’unité syndicale et la crainte d’une motion de censure que le PS annonçait voter si elle advenait, ont été suivies d’une petite manœuvre de grande portée, dont nous parlions le 19 avril dernier.
Lecornu a en effet annoncé, par voie de presse, que même en l’absence de toute future loi éventuelle, les patrons boulangers, pâtissiers et fleuristes « artisanaux » pourront violer la loi en toute tranquillité :
« S’agissant du 1er mai 2026, le Gouvernement appelle toutes les parties prenantes au pragmatisme et à la modération pour permettre un fonctionnement apaisé des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes artisanaux ce jour-là. Les services de l’Etat vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi. »
Ainsi, l’exécutif invente la suspension de la loi par voie de communiqué de presse !
Le macronisme sous la V° République tardive, c’est le petit coup d’Etat permanent illibéral tous les jours. Car c’est sa propre légalité qu’ainsi le gouvernement piétine, c’est, en tant que telle, LA LOI, et c’est bien entendu l’Assemblée nationale, et, bien entendu, les « partenaires sociaux », tout du moins lorsqu’il ne s’agit pas du patronat !
Coup d’Etat permanent notamment contre l’ Inspection du Travail. Et à travers elle et le coup porté à la loi, contre l’Etat de droit : c’est ainsi que l’illibéralisme macronien prépare la voie à l’extrême-droite.
Comme le soulignent, dans Mediapart, Pierre Jequier-Zalc et Khedidja Zerouali, c’est, au plan économique de la lutte des classes directes, l’autorisation ouverte de la délinquance patronale, et c’est, au plan légal, adminitratif et constitutionnel en fait une aggravation notable du déni de démocratie de ce régime dans la forme extrême, à la fois affaiblie et dangereuse, qu’il revêt depuis juillet 2024, comme le soulignent dans le même journal Mathieu Dejean et Romaric Godin.
L’aggravation est telle qu’elle devrait justifier des saisines juridiques, nous semble-t-il. Mais surtout des protestations publiques, dans des tribunes syndicales (au fait, il n’y a pas un congrès de FO, ces jours-ci ?), et de façon unitaire. Une aggravation contradictoire : de peur de l’unité syndicale combinée à une motion de censure, l’exécutif Macron-Lecornu pratique le petit coup d’Etat permanent. « Petit » au sens de mesquin et plus ou moins dissimulé, mais il faut rendre cela public, au grand jour !
La bataille du 1° mai, avec celle du 8 mars, revient au centre du combat pour la démocratie, contre le capital, pour l’Etat de droit, contre l’illibéralisme et l’extrême droite. Tant mieux, nous la mèneront !