Nahum Goldmann antisémite ?

Nahum Goldmann, qui fut président du Congrès juif mondial et de l’Organisation sioniste mondiale, rapporte une conversation privée qu’il a eue avec Ben Gourion (vers 1956). Goldmann y exprime son optimisme sur une possible paix avec les Arabes, et Ben Gourion lui répond en substance:

𝙅𝙚 𝙣𝙚 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙧𝙚𝙣𝙙𝙨 𝙥𝙖𝙨 𝙩𝙤𝙣 𝙤𝙥𝙩𝙞𝙢𝙞𝙨𝙢𝙚. 𝙋𝙤𝙪𝙧𝙦𝙪𝙤𝙞 𝙡𝙚𝙨 𝘼𝙧𝙖𝙗𝙚𝙨 𝙛𝙚𝙧𝙖𝙞𝙚𝙣𝙩-𝙞𝙡𝙨 𝙡𝙖 𝙥𝙖𝙞𝙭? 𝙎𝙞 𝙟’é𝙩𝙖𝙞𝙨, 𝙢𝙤𝙞, 𝙪𝙣 𝙡𝙚𝙖𝙙𝙚𝙧 𝙖𝙧𝙖𝙗𝙚, 𝙟𝙖𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙟𝙚 𝙣𝙚 𝙨𝙞𝙜𝙣𝙚𝙧𝙖𝙞𝙨 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙄𝙨𝙧𝙖ë𝙡. 𝘾’𝙚𝙨𝙩 𝙣𝙤𝙧𝙢𝙖𝙡 : 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙖𝙫𝙤𝙣𝙨 𝙥𝙧𝙞𝙨 𝙡𝙚𝙪𝙧 𝙥𝙖𝙮𝙨. 𝘾𝙚𝙧𝙩𝙚𝙨, 𝘿𝙞𝙚𝙪 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙡’𝙖 𝙥𝙧𝙤𝙢𝙞𝙨, 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙚𝙣 𝙦𝙪𝙤𝙞 𝙘𝙚𝙡𝙖 𝙥𝙚𝙪𝙩-𝙞𝙡 𝙡𝙚𝙨 𝙞𝙣𝙩é𝙧𝙚𝙨𝙨𝙚𝙧 ? 𝙉𝙤𝙩𝙧𝙚 𝘿𝙞𝙚𝙪 𝙣’𝙚𝙨𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙡𝙚 𝙡𝙚𝙪𝙧. 𝙉𝙤𝙪𝙨 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙨 𝙤𝙧𝙞𝙜𝙞𝙣𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨 𝙙’𝙄𝙨𝙧𝙖ë𝙡, 𝙘’𝙚𝙨𝙩 𝙫𝙧𝙖𝙞, 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙞𝙡 𝙮 𝙖 𝙙𝙚 𝙘𝙚𝙡𝙖 𝙙𝙚𝙪𝙭 𝙢𝙞𝙡𝙡𝙚 𝙖𝙣𝙨 : 𝙚𝙣 𝙦𝙪𝙤𝙞 𝙘𝙚𝙡𝙖 𝙡𝙚𝙨 𝙘𝙤𝙣𝙘𝙚𝙧𝙣𝙚-𝙩-𝙞𝙡 ? 𝙄𝙡 𝙮 𝙖 𝙚𝙪 𝙡’𝙖𝙣𝙩𝙞𝙨é𝙢𝙞𝙩𝙞𝙨𝙢𝙚, 𝙡𝙚𝙨 𝙣𝙖𝙯𝙞𝙨, 𝙃𝙞𝙩𝙡𝙚𝙧, 𝘼𝙪𝙨𝙘𝙝𝙬𝙞𝙩𝙯, 𝙢𝙖𝙞𝙨 é𝙩𝙖𝙞𝙩-𝙘𝙚 𝙡𝙚𝙪𝙧 𝙛𝙖𝙪𝙩𝙚? 𝙄𝙡𝙨 𝙣𝙚 𝙫𝙤𝙞𝙚𝙣𝙩 𝙦𝙪’𝙪𝙣𝙚 𝙨𝙚𝙪𝙡𝙚 𝙘𝙝𝙤𝙨𝙚 : 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙨 𝙫𝙚𝙣𝙪𝙨 𝙚𝙩 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙖𝙫𝙤𝙣𝙨 𝙫𝙤𝙡é 𝙡𝙚𝙪𝙧 𝙥𝙖𝙮𝙨. 𝙋𝙤𝙪𝙧𝙦𝙪𝙤𝙞 𝙙𝙚𝙫𝙧𝙖𝙞𝙚𝙣𝙩-𝙞𝙡𝙨 𝙡’𝙖𝙘𝙘𝙚𝙥𝙩𝙚𝙧?

Nahum Goldmann dans 𝙇𝙚 𝙋𝙖𝙧𝙖𝙙𝙤𝙭𝙚 𝙟𝙪𝙞𝙛 (éditions Stock, 1976, page 121 de l’édition française).

Il s’agit d’un souvenir rapporté par Goldmann, publié plus de vingt ans après la mort de Ben Gourion. Bien qu’il n’y ait pas d’enregistrement, de lettre ou de témoignage indépendant confirmant mot pour mot les propos, la citation est largement acceptée comme authentique dans la littérature historique. Elle reflète une vision réaliste et lucide que Ben Gourion exprimait souvent sur la perception arabe du conflit (il a tenu des propos similaires dans d’autres contextes documentés).

𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬é𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐝é𝐛𝐚𝐭𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐥𝐢𝐭 𝐢𝐬𝐫𝐚é𝐥𝐨-𝐩𝐚𝐥𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧𝐢𝐞𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐭𝐫𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐦ê𝐦𝐞 𝐥𝐞 «𝐩è𝐫𝐞» 𝐝𝐞 𝐥’É𝐭𝐚𝐭 𝐝’𝐈𝐬𝐫𝐚ë𝐥 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐚 𝐥é𝐠𝐢𝐭𝐢𝐦𝐢𝐭é 𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐫𝐚𝐛𝐞 𝐟𝐚𝐜𝐞 à 𝐥𝐚 𝐜𝐫é𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐈𝐬𝐫𝐚ë𝐥. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞 𝐩𝐫é𝐜𝐢𝐬é𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐞𝐥𝐥𝐞 é𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐨𝐢𝐱 𝐬𝐢𝐨𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐚𝐧.