[Observatoire du nucléaire] 40 ans après Tchernobyl : nouvelle baisse historique de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale Boîte de réception Stéphane Lhomme 14:09 (il y a 8 heures) À Liste Observatoire du nucléaire Communiqué du 23 avril 2026 https://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article425 40 ans après Tchernobyl et 15 ans après Fukushima Nouvelle baisse historique de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale Pendant ce temps, la majorité des médias français continuent d’évoquer un fantomatique « retour en grâce du nucléaire »… Contrairement à ce qui se dit habituellement, les catastrophes nucléaires de Tchernobyl (Ukraine) et de Fukushima (Japon) n’ont pas eu lieu le 26 avril 1986 et le 11 mars 2011 : elles ont commencé à ces dates, et se poursuivent encore : des centaines de milliers d’enfants nés 10, 20, 30 ou 35 ans après l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl sont aujourd’hui malades ou nés mal-formés. Le même processus est hélas en cours au Japon. Pourtant, ce ne sont pas ces terribles évènements qui entrainent la chute irréversible de l’industrie nucléaire mondiale, ce sont les réalités industrielles et financières : trop cher, trop lent, archaïque, le nucléaire est submergé par les énergies renouvelables partout sur Terre, et il voit sa part dans l’électricité mondiale se réduire à la portion congrue. Regardez bien le graphique ci-dessus, vous ne le trouverez nulle part ailleurs que chez l’Observatoire du nucléaire. Les données de chaque année sont pourtant publiques, connues et reconnues, mais il semble littéralement interdit de les agglomérer pour en faire un graphique… assurément trop édifiant pour être diffusé en France, royaume de l’atome. En effet, en particulier en France, le discours des dirigeants industriels et politiques, relayé tel quel par trop de médias, est que le nucléaire serait « une énergie massive et en plein essor ». Et, du coup, que la France aurait raison de prévoir la construction de nouveaux réacteurs. D’innombrables reportages et articles portent d’ailleurs le même titre, évoquant un prétendu « retour en grâce du nucléaire », en France et dans le monde. Or notre graphique montre que, depuis un quart de siècle et singulièrement ces dernières années, la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité n’a fait que décroitre (à part un léger et fugace rebond en 2019). Les chiffres de 2025, publiés ce 21 avril dans son très attendu rapport annuel par le think-tank Amber, montrent même que le nucléaire vient de franchir une nouvelle étape décisive… vers sa disparition. La part du nucléaire tombe sous les 9%, 4 fois moins que celle des renouvelables En effet, après que la part du nucléaire soit tombée en 2021 sous les 10%, elle est passée en 2025 sous les 9%, exactement à 8,848% (arrondi à 8,9% par Ember dans son document). Mettons 8,85%. Une part désormais proche de la marginalité. A titre de comparaison, il est notable que, en 2025, les énergies renouvelables ont produit 33,8% de l’électricité mondiale, quasiment 4 fois plus que le nucléaire. Qui plus est, alors que la part du nucléaire ne cesse de baisser, celle des renouvelables est en augmentation exponentielle. D’ailleurs, annoncés respectivement à 8,7% et 8,5% de l’électricité mondiale fin 2025, le solaire et l’éolien ont assurément d’ores et déjà chacun dépassé le nucléaire, lequel poursuit son effondrement : prochaines étapes, passer sous 8%, puis sous 7%, etc Non, ce n’est pas « juste un contre temps à cause de Fukushima » De nos jour, sur de nombreux plateaux de télévision ou de radio, la question du nucléaire n’est traitée qu’avec des invités favorables à l’atome, sans la moindre contradiction. C’est même le cas sur le service public – dont on se demande bien à quoi il sert puisqu’il désinforme sur cette question autant que les chaines détenues par les industriels – par exemple sur Franceinfo.tv ou même au Téléphone sonne de France inter, avec des journalistes qui se contentent de relayer les éléments de langage de l’industrie nucléaire et de dérouler le tapis radioactif à leurs invités. Mais si vous arrivez à coincer un atomiste et le questionner sur la baisse du nucléaire, il vous répondra que c’est juste « un contre-temps provisoire causé par Fukushima ». C’est faux : comme le montre notre graphique, le nucléaire a baissé en continu pendant 10 ans avant la catastrophe japonaise et, fait notable, il a même baissé plus rapidement avant qu’après ! Mais, depuis 2021, la baisse a repris un rythme rapide… Non, la Chine n’est pas l’ « eldorado » qui va sauver le nucléaire De même, les adorateurs du dieu atome prétendent que la Chine montre la voie vers un rayonnant « âge du nucléaire ». C’est encore faux. Certes, et hélas, l’Empire du Milieu construit quelques dizaines de réacteurs nucléaires, ce qui peut paraitre énorme vu de chez nous. Mais, en réalité, la part du nucléaire dans l’électricité chinoise reste marginale (4,47% en 2024) et surtout elle est EN BAISSE depuis 4 ans. En effet, après avoir atteint son apogée à 5,02% en 2021, elle est passée depuis à 4,98% en 2022, à 4,86% en 2023, et donc à 4,47% en 2024 (on attend les chiffres 2025). Ces données sont difficilement contestables car provenant carrément de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et elles sont facilement consultables en ligne. A titre de comparaison, les énergies renouvelables produisent déjà plus de 35% de l’électricité chinoise, une part en augmentation exponentielle… Non, le « retour en grâce du nucléaire » ne va pas se produire à l’avenir Jamais désespérés malgré les évidences, les promoteurs de l’atome prétendent que le fameux « retour en grâce » va produire ses effets dans quelques années, le temps que soient construits les innombrables nouveaux réacteurs effectivement annoncés ces derniers temps par divers chefs d’Etat ou de gouvernement. Mais l’expérience montre que l’immense majorité des projets nucléaires annoncés (avec tambours et trompettes) sont finalement annulés (… beaucoup plus discrètement). Un engouement comparable à celui que l’on vit actuellement s’est ainsi produit au début des années 2000, sous la houlette de madame Lauvergeon (*), encensée par la majorité des médias, à deux différences près : il ne s’agissait alors pas du « retour en grâce » mais du « grand retour » du nucléaire. Et il fallait « oublier Tchernobyl » quand, aujourd’hui, nous voilà sommés d’ « oublier Fukushima ». Les centaines de réacteurs qui devaient pousser partout sur Terre comme des champignons ont pratiquement tous été annulés, à part les chantiers catastrophiques des EPR français (Finlande, Flamanville, Grande-Bretagne) et des AP1000 américains (désastres des chantiers en Géorgie et Caroline du Sud). Seule la Chine construit correctement des centrales nucléaires mais, nous l’avons vu, cela reste pour elle une énergie de niche, submergée par le renouvelables. Quant aux Petits réacteurs modulaires (SMR) annoncés eux aussi avec fracas, leur fiasco est en cours, la plupart des acteurs ayant déjà déposé le bilan ou étant en passe de le faire, comme annoncé par nous même depuis plusieurs années. (*) 20 ans plus tard, les procédures judiciaires concernant les graves délits commis par Mme Lauvergeon n’aboutissent pas, par contre France inter lui offre son antenne sans la moindre contradiction et sans rappeler son incompétence (elle a mené Areva à la faillite) ni sa malhonnêteté… Nucléaire : une désinformation massive en France… Divers médias ont couvert la publication du rapport d’Amber et, le moins que l’on puisse dire, c’est que les mensonges des dirigeants industriels et politiques français en faveur du nucléaire ne risquent pas d’être contrecarrés. En effet, la plupart de ces médias se sont contentés de titrer sur deux données (par ailleurs intéressante) : en 2025, le solaire et l’éolien ont pour la première fois produit plus d’électricité que les énergies fossiles (principalement le charbon et le gaz) dans l’Union européenne. Et les renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon au niveau mondial. Mais rien sur le fiasco du nucléaire. Seul le quotidien économique Les Echos, pourtant clairement favorable à l’atome, a publié le 21 avril un article titré : « Électricité : le solaire et l’éolien dépasseront le nucléaire cette année »… sans toutefois aller jusqu’à évoquer la baisse continue de l’atome depuis 25 ans ou son passage sous les 9% en 2025. … pour gaspiller des dizaines de milliards dans la voie de garage atomique La réalité est implacable : alors que l’essor des renouvelables s’accélère encore, l’industrie nucléaire mondiale est confrontée à la fermeture inéluctable dans les années à venir de centaines de réacteurs très anciens. La part du nucléaire va donc continuer à se réduire inexorablement sur Terre. L’incapacité de la majorité des médias français à dire la vérité sur le nucléaire a bien de quoi contenter EDF et MM Macron et Lecornu qui, en dépit de tout bon sens, ont annoncé dernièrement des dépenses insensées en faveur de l’atome. Il s’agit de profiter de ce que la population française ignore que le nucléaire est une voie de garage et que les centaines de milliards prévues pour construire de nouveaux réacteurs – à condition bien sûr qu’EDF retrouve la notice de fabrication – seront irrémédiablement gaspillées. Si par extraordinaire EDF parvient à construire et mettre en service un premier EPR2 – officiellement vers 2038, dans la réalité au mieux entre 2040 et 2045 – les renouvelables produiront alors la grande majorité de l’électricité mondiale, et ce à des coûts encore plus bas qu’aujourd’hui. Personne ne voudra de la production nucléaire d’EDF, ruineuse, dangereuse, archaïque. Il est bien sûr encore temps d’annuler les projets nucléaires d’EDF mais, pour y arriver, il serait bon que la population française soit informée de la réalité du nucléaire, à savoir qu’il s’agit d’une industrie sans avenir et dont la part dans la production mondiale d’électricité est désormais marginale et va continuer à se réduire..

[Observatoire du nucleaire] 40 ans après Tchernobyl : nouvelle baisse historique de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale

Communiqué du 23 avril 2026


https://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article425


40 ans après Tchernobyl et 15 ans après Fukushima
Nouvelle baisse historique de la part du
nucléaire dans l’électricité mondiale


Pendant ce temps, la majorité des médias français continuent d’évoquer un fantomatique « retour en grâce du nucléaire »…

 

Contrairement à ce qui se dit habituellement, les catastrophes nucléaires de Tchernobyl (Ukraine) et de Fukushima (Japon) n’ont pas eu lieu le 26 avril 1986 et le 11 mars 2011 : elles ont commencé à ces dates, et se poursuivent encore : des centaines de milliers d’enfants nés 10, 20, 30 ou 35 ans après l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl sont aujourd’hui malades ou nés mal-formés. Le même processus est hélas en cours au Japon.

Pourtant, ce ne sont pas ces terribles évènements qui entrainent la chute irréversible de l’industrie nucléaire mondiale, ce sont les réalités industrielles et financières : trop cher, trop lent, archaïque, le nucléaire est submergé par les énergies renouvelables partout sur Terre, et il voit sa part dans l’électricité mondiale se réduire à la portion congrue.

Regardez bien le graphique ci-dessus, vous ne le trouverez nulle part ailleurs que chez l’Observatoire du nucléaire. Les données de chaque année sont pourtant publiques, connues et reconnues, mais il semble littéralement interdit de les agglomérer pour en faire un graphique… assurément trop édifiant pour être diffusé en France, royaume de l’atome.

En effet, en particulier en France, le discours des dirigeants industriels et politiques, relayé tel quel par trop de médias, est que le nucléaire serait « une énergie massive et en plein essor« . Et, du coup, que la France aurait raison de prévoir la construction de nouveaux réacteurs. D’innombrables reportages et articles portent d’ailleurs le même titre, évoquant un prétendu « retour en grâce du nucléaire« , en France et dans le monde.

Or notre graphique montre que, depuis un quart de siècle et singulièrement ces dernières annéesla part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité n’a fait que décroitre (à part un léger et fugace rebond en 2019). Les chiffres de 2025, publiés ce 21 avril dans son très attendu rapport annuel par le think-tank Amber, montrent même que le nucléaire vient de franchir une nouvelle étape décisive… vers sa disparition.

La part du nucléaire tombe sous les 9%, 4 fois moins que celle des renouvelables

En effet, après que la part du nucléaire soit tombée en 2021 sous les 10%, elle est passée en 2025 sous les 9%, exactement à 8,848% (arrondi à 8,9% par Ember dans son document). Mettons 8,85%. Une part désormais proche de la marginalité. 

A titre de comparaison, il est notable que, en 2025,les énergies renouvelables ont produit 33,8% de l’électricité mondiale, quasiment 4 fois plus que le nucléaire. Qui plus est, alors que la part du nucléaire ne cesse de baisser, celle des renouvelables est en augmentation exponentielle.

D’ailleurs, annoncés respectivement à 8,7% et 8,5% de l’électricité mondiale fin 2025, le solaire et l’éolien ont assurément d’ores et déjà chacun dépassé le nucléaire, lequel poursuit son effondrement : prochaines étapes, passer sous 8%, puis sous 7%, etc

Non, ce n’est pas « juste un contre temps à cause de Fukushima »

De nos jour, sur de nombreux plateaux de télévision ou de radio, la question du nucléaire n’est traitée qu’avec des invités favorables à l’atome, sans la moindre contradiction. C’est même le cas sur le service public – dont on se demande bien à quoi il sert puisqu’il désinforme sur cette question autant que les chaines détenues par les industriels – par exemple sur Franceinfo.tv ou même au Téléphone sonne de France inter, avec des journalistes qui se contentent de relayer les éléments de langage de l’industrie nucléaire et de dérouler le tapis radioactif à leurs invités.

Mais si vous arrivez à coincer un atomiste et le questionner sur la baisse du nucléaire, il vous répondra que c’est juste « un contre-temps provisoire causé par Fukushima« . C’est faux : comme le montre notre graphique, le nucléaire a baissé en continu pendant 10 ans avant la catastrophe japonaise et, fait notable, il a même baissé plus rapidement avant qu’après ! Mais, depuis 2021, la baisse a repris un rythme rapide…

Non, la Chine n’est pas l’ « eldorado » qui va sauver le nucléaire

De même, les adorateurs du dieu atome prétendent que la Chine montre la voie vers un rayonnant « âge du nucléaire ». C’est encore faux. Certes, et hélas, l’Empire du Milieu construit quelques dizaines de réacteurs nucléaires, ce qui peut paraitre énorme vu de chez nous. Mais, en réalité, la part du nucléaire dans l’électricité chinoise reste marginale (4,47% en 2024) et surtout elle est EN BAISSE depuis 4 ans.

En effet, après avoir atteint son apogée à 5,02% en 2021, elle est passée depuis à 4,98% en 2022, à 4,86% en 2023, et donc à 4,47% en 2024 (on attend les chiffres 2025). Ces données sont difficilement contestables car provenant carrément de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et elles sont facilement consultables en ligne. A titre de comparaison, les énergies renouvelables produisent déjà plus de 35% de l’électricité chinoise, une part en augmentation exponentielle…

Non, le « retour en grâce du nucléaire » ne va pas se produire à l’avenir

Jamais désespérés malgré les évidences, les promoteurs de l’atome prétendent que le fameux « retour en grâce » va produire ses effets dans quelques années, le temps que soient construits les innombrables nouveaux réacteurs effectivement annoncés ces derniers temps par divers chefs d’Etat ou de gouvernement. Mais l’expérience montre que l’immense majorité des projets nucléaires annoncés (avec tambours et trompettes) sont finalement annulés (… beaucoup plus discrètement).

Un engouement comparable à celui que l’on vit actuellement s’est ainsi produit au début des années 2000, sous la houlette de madame Lauvergeon (*), encensée par la majorité des médias, à deux différences près : il ne s’agissait alors pas du « retour en grâce » mais du « grand retour » du nucléaire. Et il fallait « oublier Tchernobyl » quand, aujourd’hui, nous voilà sommés d’ « oublier Fukushima« .

Les centaines de réacteurs qui devaient pousser partout sur Terre comme des champignons ont pratiquement tous été annulés, à part les chantiers catastrophiques des EPR français (Finlande, Flamanville, Grande-Bretagne) et des AP1000 américains (désastres des chantiers en Géorgie et Caroline du Sud). Seule la Chine construit correctement des centrales nucléaires mais, nous l’avons vu, cela reste pour elle une énergie de niche, submergée par le renouvelables.

Quant aux Petits réacteurs modulaires (SMR) annoncés eux aussi avec fracas, leur fiasco est en cours, la plupart des acteurs ayant déjà déposé le bilan ou étant en passe de le faire, comme annoncé par nous même depuis plusieurs années.

(*) 20 ans plus tard, les procédures judiciaires concernant les graves délits commis par Mme Lauvergeon n’aboutissent pas, par contre France inter lui offre son antenne sans la moindre contradiction et sans rappeler son incompétence (elle a mené Areva à la faillite) ni sa malhonnêteté…

Nucléaire : une désinformation massive en France…

Divers médias ont couvert la publication du rapport d’Amber et, le moins que l’on puisse dire, c’est que les mensonges des dirigeants industriels et politiques français en faveur du nucléaire ne risquent pas d’être contrecarrés.

En effet, la plupart de ces médias se sont contentés de titrer sur deux données (par ailleurs intéressante) : en 2025, le solaire et l’éolien ont pour la première fois produit plus d’électricité que les énergies fossiles (principalement le charbon et le gaz) dans l’Union européenne. Et les renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon au niveau mondial.

Mais rien sur le fiasco du nucléaire. Seul le quotidien économique Les Echos, pourtant clairement favorable à l’atome, a publié le 21 avril un article titré : « Électricité : le solaire et l’éolien dépasseront le nucléaire cette année« … sans toutefois aller jusqu’à évoquer la baisse continue de l’atome depuis 25 ans ou son passage sous les 9% en 2025.

… pour gaspiller des dizaines de milliards dans la voie de garage atomique

La réalité est implacable : alors que l’essor des renouvelables s’accélère encore, l’industrie nucléaire mondiale est confrontée à la fermeture inéluctable dans les années à venir de centaines de réacteurs très anciens. La part du nucléaire va donc continuer à se réduire inexorablement sur Terre

L’incapacité de la majorité des médias français à dire la vérité sur le nucléaire a bien de quoi contenter EDF et MM Macron et Lecornu qui, en dépit de tout bon sens, ont annoncé dernièrement des dépenses insensées en faveur de l’atome. Il s’agit de profiter de ce que la population française ignore que le nucléaire est une voie de garage et que les centaines de milliards prévues pour construire de nouveaux réacteurs – à condition bien sûr qu’EDF retrouve la notice de fabrication – seront irrémédiablement gaspillées.

Si par extraordinaire EDF parvient à construire et mettre en service un premier EPR2 – officiellement vers 2038, dans la réalité au mieux entre 2040 et 2045 – les renouvelables produiront alors la grande majorité de l’électricité mondiale, et ce à des coûts encore plus bas qu’aujourd’hui. Personne ne voudra de la production nucléaire d’EDF, ruineuse, dangereuse, archaïque.

Il est bien sûr encore temps d’annuler les projets nucléaires d’EDF mais, pour y arriver, il serait bon que la population française soit informée de la réalité du nucléaire, à savoir qu’il s’agit d’une industrie sans avenir et dont la part dans la production mondiale d’électricité est désormais marginale et va continuer à se réduire..

Observatoire du nucléaire
Communiqué du 23 avril 2026


https://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article425


 

40 ans après Tchernobyl et 15 ans après Fukushima
Nouvelle baisse historique de la part du
nucléaire dans l’électricité mondiale


Pendant ce temps, la majorité des médias français continuent d’évoquer un fantomatique « retour en grâce du nucléaire »…

 

Contrairement à ce qui se dit habituellement, les catastrophes nucléaires de Tchernobyl (Ukraine) et de Fukushima (Japon) n’ont pas eu lieu le 26 avril 1986 et le 11 mars 2011 : elles ont commencé à ces dates, et se poursuivent encore : des centaines de milliers d’enfants nés 10, 20, 30 ou 35 ans après l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl sont aujourd’hui malades ou nés mal-formés. Le même processus est hélas en cours au Japon.

Pourtant, ce ne sont pas ces terribles évènements qui entrainent la chute irréversible de l’industrie nucléaire mondiale, ce sont les réalités industrielles et financières : trop cher, trop lent, archaïque, le nucléaire est submergé par les énergies renouvelables partout sur Terre, et il voit sa part dans l’électricité mondiale se réduire à la portion congrue.

Regardez bien le graphique ci-dessus, vous ne le trouverez nulle part ailleurs que chez l’Observatoire du nucléaire. Les données de chaque année sont pourtant publiques, connues et reconnues, mais il semble littéralement interdit de les agglomérer pour en faire un graphique… assurément trop édifiant pour être diffusé en France, royaume de l’atome.

En effet, en particulier en France, le discours des dirigeants industriels et politiques, relayé tel quel par trop de médias, est que le nucléaire serait « une énergie massive et en plein essor« . Et, du coup, que la France aurait raison de prévoir la construction de nouveaux réacteurs. D’innombrables reportages et articles portent d’ailleurs le même titre, évoquant un prétendu « retour en grâce du nucléaire« , en France et dans le monde.

Or notre graphique montre que, depuis un quart de siècle et singulièrement ces dernières annéesla part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité n’a fait que décroitre (à part un léger et fugace rebond en 2019). Les chiffres de 2025, publiés ce 21 avril dans son très attendu rapport annuel par le think-tank Amber, montrent même que le nucléaire vient de franchir une nouvelle étape décisive… vers sa disparition.

La part du nucléaire tombe sous les 9%, 4 fois moins que celle des renouvelables

En effet, après que la part du nucléaire soit tombée en 2021 sous les 10%, elle est passée en 2025 sous les 9%, exactement à 8,848% (arrondi à 8,9% par Ember dans son document). Mettons 8,85%. Une part désormais proche de la marginalité. 

A titre de comparaison, il est notable que, en 2025,les énergies renouvelables ont produit 33,8% de l’électricité mondiale, quasiment 4 fois plus que le nucléaire. Qui plus est, alors que la part du nucléaire ne cesse de baisser, celle des renouvelables est en augmentation exponentielle.

D’ailleurs, annoncés respectivement à 8,7% et 8,5% de l’électricité mondiale fin 2025, le solaire et l’éolien ont assurément d’ores et déjà chacun dépassé le nucléaire, lequel poursuit son effondrement : prochaines étapes, passer sous 8%, puis sous 7%, etc

Non, ce n’est pas « juste un contre temps à cause de Fukushima »

De nos jour, sur de nombreux plateaux de télévision ou de radio, la question du nucléaire n’est traitée qu’avec des invités favorables à l’atome, sans la moindre contradiction. C’est même le cas sur le service public – dont on se demande bien à quoi il sert puisqu’il désinforme sur cette question autant que les chaines détenues par les industriels – par exemple sur Franceinfo.tv ou même au Téléphone sonne de France inter, avec des journalistes qui se contentent de relayer les éléments de langage de l’industrie nucléaire et de dérouler le tapis radioactif à leurs invités.

Mais si vous arrivez à coincer un atomiste et le questionner sur la baisse du nucléaire, il vous répondra que c’est juste « un contre-temps provisoire causé par Fukushima« . C’est faux : comme le montre notre graphique, le nucléaire a baissé en continu pendant 10 ans avant la catastrophe japonaise et, fait notable, il a même baissé plus rapidement avant qu’après ! Mais, depuis 2021, la baisse a repris un rythme rapide…

Non, la Chine n’est pas l’ « eldorado » qui va sauver le nucléaire

De même, les adorateurs du dieu atome prétendent que la Chine montre la voie vers un rayonnant « âge du nucléaire ». C’est encore faux. Certes, et hélas, l’Empire du Milieu construit quelques dizaines de réacteurs nucléaires, ce qui peut paraitre énorme vu de chez nous. Mais, en réalité, la part du nucléaire dans l’électricité chinoise reste marginale (4,47% en 2024) et surtout elle est EN BAISSE depuis 4 ans.

En effet, après avoir atteint son apogée à 5,02% en 2021, elle est passée depuis à 4,98% en 2022, à 4,86% en 2023, et donc à 4,47% en 2024 (on attend les chiffres 2025). Ces données sont difficilement contestables car provenant carrément de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et elles sont facilement consultables en ligne. A titre de comparaison, les énergies renouvelables produisent déjà plus de 35% de l’électricité chinoise, une part en augmentation exponentielle…

Non, le « retour en grâce du nucléaire » ne va pas se produire à l’avenir

Jamais désespérés malgré les évidences, les promoteurs de l’atome prétendent que le fameux « retour en grâce » va produire ses effets dans quelques années, le temps que soient construits les innombrables nouveaux réacteurs effectivement annoncés ces derniers temps par divers chefs d’Etat ou de gouvernement. Mais l’expérience montre que l’immense majorité des projets nucléaires annoncés (avec tambours et trompettes) sont finalement annulés (… beaucoup plus discrètement).

Un engouement comparable à celui que l’on vit actuellement s’est ainsi produit au début des années 2000, sous la houlette de madame Lauvergeon (*), encensée par la majorité des médias, à deux différences près : il ne s’agissait alors pas du « retour en grâce » mais du « grand retour » du nucléaire. Et il fallait « oublier Tchernobyl » quand, aujourd’hui, nous voilà sommés d’ « oublier Fukushima« .

Les centaines de réacteurs qui devaient pousser partout sur Terre comme des champignons ont pratiquement tous été annulés, à part les chantiers catastrophiques des EPR français (Finlande, Flamanville, Grande-Bretagne) et des AP1000 américains (désastres des chantiers en Géorgie et Caroline du Sud). Seule la Chine construit correctement des centrales nucléaires mais, nous l’avons vu, cela reste pour elle une énergie de niche, submergée par le renouvelables.

Quant aux Petits réacteurs modulaires (SMR) annoncés eux aussi avec fracas, leur fiasco est en cours, la plupart des acteurs ayant déjà déposé le bilan ou étant en passe de le faire, comme annoncé par nous même depuis plusieurs années.

(*) 20 ans plus tard, les procédures judiciaires concernant les graves délits commis par Mme Lauvergeon n’aboutissent pas, par contre France inter lui offre son antenne sans la moindre contradiction et sans rappeler son incompétence (elle a mené Areva à la faillite) ni sa malhonnêteté…

Nucléaire : une désinformation massive en France…

Divers médias ont couvert la publication du rapport d’Amber et, le moins que l’on puisse dire, c’est que les mensonges des dirigeants industriels et politiques français en faveur du nucléaire ne risquent pas d’être contrecarrés.

En effet, la plupart de ces médias se sont contentés de titrer sur deux données (par ailleurs intéressante) : en 2025, le solaire et l’éolien ont pour la première fois produit plus d’électricité que les énergies fossiles (principalement le charbon et le gaz) dans l’Union européenne. Et les renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon au niveau mondial.

Mais rien sur le fiasco du nucléaire. Seul le quotidien économique Les Echos, pourtant clairement favorable à l’atome, a publié le 21 avril un article titré : « Électricité : le solaire et l’éolien dépasseront le nucléaire cette année« … sans toutefois aller jusqu’à évoquer la baisse continue de l’atome depuis 25 ans ou son passage sous les 9% en 2025.

… pour gaspiller des dizaines de milliards dans la voie de garage atomique

La réalité est implacable : alors que l’essor des renouvelables s’accélère encore, l’industrie nucléaire mondiale est confrontée à la fermeture inéluctable dans les années à venir de centaines de réacteurs très anciens. La part du nucléaire va donc continuer à se réduire inexorablement sur Terre

L’incapacité de la majorité des médias français à dire la vérité sur le nucléaire a bien de quoi contenter EDF et MM Macron et Lecornu qui, en dépit de tout bon sens, ont annoncé dernièrement des dépenses insensées en faveur de l’atome. Il s’agit de profiter de ce que la population française ignore que le nucléaire est une voie de garage et que les centaines de milliards prévues pour construire de nouveaux réacteurs – à condition bien sûr qu’EDF retrouve la notice de fabrication – seront irrémédiablement gaspillées.

Si par extraordinaire EDF parvient à construire et mettre en service un premier EPR2 – officiellement vers 2038, dans la réalité au mieux entre 2040 et 2045 – les renouvelables produiront alors la grande majorité de l’électricité mondiale, et ce à des coûts encore plus bas qu’aujourd’hui. Personne ne voudra de la production nucléaire d’EDF, ruineuse, dangereuse, archaïque.

Il est bien sûr encore temps d’annuler les projets nucléaires d’EDF mais, pour y arriver, il serait bon que la population française soit informée de la réalité du nucléaire, à savoir qu’il s’agit d’une industrie sans avenir et dont la part dans la production mondiale d’électricité est désormais marginale et va continuer à se réduire..