Quand l’humour devient une arme politique…

L’art du contre-pied : Quand l’humour devient une arme politique.
Par Jean-Pierre Pinon.
​Lors de son intervention dans « Le Moment Politique » hier soir, Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois fait la démonstration qu’il n’est pas seulement un théoricien rigoureux ou un tribun hors pair ; il est aussi un maître de l’ironie socratique.
​Face aux débats persistants au sein de la gauche sur la recherche d’une candidature « non-mélenchoniste », il a balayé l’argument avec une pirouette savoureuse :
​ »Cela tombe bien, je ne suis pas mélenchoniste. Dès lors, je suis le mieux placé des candidats non-mélenchonistes, non ? »
​Pourquoi cette sortie est-elle brillante ?
​Le désamorçage par l’absurde : En s’appropriant l’étiquette que ses détracteurs utilisent pour l’isoler, il vide le terme de sa substance polémique. Si personne n’est plus « non-mélenchoniste » que celui qui connaît le mieux Mélenchon — c’est-à-dire lui-même — il rend la critique caduque par l’absurde.
​L’humanisation du leader : Loin de l’image de « colérique » ou de « dogmatique » complaisamment relayée par certains médias et adversaires, il montre une capacité d’autodérision qui souligne sa sérénité face aux attaques.
​La posture du sage : En rappelant avec humour que le « mélenchonisme » est une construction extérieure et non sa propre identité, il se replace au centre du jeu. Il n’est pas une étiquette, il est l’artisan d’un programme.
​Ceux qui passent leur temps à caricaturer son nom en oublient l’essentiel : la politique est aussi une affaire d’esprit.
Hier soir, il a rappelé que l’on peut être le stratège le plus sérieux de la gauche tout en maniant le trait d’esprit avec une agilité que ses concurrents lui envient secrètement.
​Et vous, qu’avez-vous pensé de ce moment d’humour politique ? —