TRUMP, UN MALADE MENTAL AUX COMMANDES D’UN SYSTEME MALADE

Daniel Tanuro
Les militant.e.s de gauche qui persistent à prétendre que « Trump n’est pas fou » sont de toute évidence à côté de la plaque.
Je ne suis ni psychiatre ni psychologue. Je pense simplement qu’un type qui utilise l’IA pour poster des images de lui en Jésus, ou en compagnie de Jésus, qui se fait construire une salle de bal et un arc de triomphe pharaoniques, qui veut imposer son nom partout – gares, aéroports, salles de spectacle, billets de banque, détroit maritime…- et qui menace de supprimer une civilisation à coups de bombes pour se sortir d’une impasse guerrière où il s’est embourbé lui-même (contre l’avis des militaires)… je pense que ce type-la, donc, n’a plus toutes ses frites dans le même sachet.
Celles et ceux à gauche qui nient la « folie » de Trump le font pour éviter que la responsabilité structurelle du capitalisme US soit escamotée. Ils et elles soulignent que Trump n’est pas seul, qu’il y a derrière lui une équipe ultra réactionnaire unie sur un programme (le Project 2025 de la Héritage Foundation). Ils et elles ont en partie raison. Escamoter cette responsabilité structurelle est ce que font les Démocrates étatsuniens et les médias mainstream à leur suite. Cet escamotage est à combattre. Mais il ne faut pas tomber de l’autre côté du cheval. Nier le dérangement mental de Trump, à la longue, revient à nier l’évidence.
On ne peut soutenir sérieusement que le comportement erratique du locataire de la Maison blanche, et l’énorme erreur stratégique d’Epic Fury en particulier, seraient la réponse rationnelle aux besoins de l’impérialisme US, ou du soi-disant « capitalisme de la finitude »! Face à ceux qui montrent l’arbre de la maladie de Trump pour cacher la forêt de la folie capitaliste, la gauche a une autre carte ajouter que celle du déni de réalité.
Il faut dénoncer le fait que les cercles dominants du grand Capital US ont donné le pouvoir à un menteur pathologique dont la folie des grandeurs narcissique évolue en psychose. Le mec semble maintenant en être arrivé au point où il croit ses propres mensonges. L’histoire à connu quelques autres cas de ce genre, notamment celui de Hitler. On connaît donc les conséquences possibles. Elles sont d’autant plus terribles qu’elles menacent non seulement des millions d’êtres humains mais aussi la capacité planétaire d’héberger l’humanité. Et les « irresponsables », comme dit Chapoutot, laissent faire.
Les « irresponsables » qui ont porté Trump au pouvoir – la finance, la big tech, les fossiles – parce qu’il promettait de les enrichir en s’enrichissant lui-même laissent faire, évidement. Mais ils ne sont pas les seuls: en fait, tous les représentants politiques du capital, même ceux qui finissent par se distancier un peu du président, le laissent faire. L’impérialisme US étant hégémonique, tous marchent sur des œufs. Ils laissent faire parce qu’ils se placent sur le même terrain que lui: celui de la gestion capitaliste. C’est comme face aux faillites bancaires: « too big to fail ». C’est pourquoi les protestations restent pleines de retenue, même quand le cinglé menace d’effacer une civilisation sous les bombes. Les profits d’abord. Dénoncer le dérangement mental de Trump n’affaiblit pas la lutte anticapitaliste: ça la renforce au contraire. Dans certains cas, un système de fous ne peut être mieux défendu que par des « fous ».
Illustration par Antoine