Dans l’ombre des geôles israéliennes


Quand on ne peut pas cacher ses crimes, on attaque ceux qui les exposent. En plein cœur de ce que de plus en plus de voix internationales dénoncent factuellement comme un génocide à Gaza, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son gouvernement ont décidé de s’en prendre frontalement à la liberté de la presse. Ils racontent vouloir traîner le prestigieux quotidien américain The New York Times devant les tribunaux pour diffamation. Leur but réel ? Faire taire les révélations ultra-embarrassantes et museler les journalistes qui osent enquêter sur ce qu’il se passe vraiment dans l’ombre des geôles israéliennes.
Ce qui fait tant paniquer Tel-Aviv, c’est une tribune effroyable signée par le chroniqueur américain Nicholas Kristof. L’article raconte noir sur blanc comment, en Cisjordanie occupée, des hommes, des femmes et même des enfants palestiniens subissent un véritable système de violences sexuelles. S’appuyant sur des témoignages précis, le texte explique que ces viols et tortures seraient le fait de soldats, de colons, des services de sécurité (Shin Bet) et des gardiens de prison. Une réalité glaçante que l’État hébreu préfère qualifier de « mensonges odieux » plutôt que d’enquêter sérieusement sur les dérives de ses propres troupes.
Plutôt que de faire le ménage dans ses rangs, la diplomatie israélienne sort sa carte habituelle pour botter en touche : accuser le journal de s’appuyer sur des sources liées au Hamas. Le gouvernement va jusqu’à raconter que le média aurait fait exprès de publier ce texte ce jour-là pour saboter la communication de Tel-Aviv. Mais attaquer un organe de presse pour tenter d’effacer au bulldozer des témoignages de viols carcéraux ne fait que souligner la fébrilité d’un État qui perd pied moralement. Défendre la liberté de la presse, c’est justement refuser de baisser les yeux quand une puissance militaire tente d’enterrer la vérité à coups de procédures judiciaires-bâillons.
Source : Belga / AFP / SW – 14 mai 2026