Le 16 Mai 1944 a Auschwitz les Tsiganes ce sont sont révoltés , avertis de la « liquidation » du camp tsigane par le Polonais Tadeusz Joachimowski, secrétaire du camp, le 16 mai 1944 une action de résistance éclate dans le camp des Tsiganes.
Le soir, les baraques sont encerclées par une soixantaine de SS armés de mitraillettes. Quand l’ordre est donné aux prisonniers roms de sortir des baraques, ils n’obéissent pas. Ils sont armés d’outils, de bêches, de haches, de pieds de biche et comptent se saisir des mitraillettes quand les SS pénétreront dans les baraques. Les SS abandonnent : parmi les Tsiganes se trouvaient des soldats de la Wehrmacht provenant du front russe et qui avaient été déportés fin 43 à Birkenau. Mais l’esprit de résistance ne parvient pas à s’étendre à tout Birkenau. Un certain nombre de Tsiganes sont envoyés dans d’autres camps comme Buchenwald ou Ravensbrück, pour les exterminer par le travail. Il reste autour de 2900 Tsiganes, des enfants, des femmes, des malades, des vieillards, qui sont gazés dans la nuit du 2 au 3 août 1944. Rudolf Hoess écrit dans « le commandant d’Auschwitz parle » qu’il ne fut pas facile de les faire rentrer dans les chambres à gaz. Filip Müller, du Sonderkommando témoigne : « De toutes part, les gens hurlaient, nous sommes des Allemands… De la chambre à gaz montaient des cris jusqu’à ce que le gaz fasse son effet. « Nous voulons vivre ». Le B II est vide. Le 26 septembre 44, des jeunes arrivent de Buchenwald et seront envoyés à la chambre à gaz. « En souvenir de la Zigeunernacht où, dans la nuit 2 au 3 août 1944, les nazis ont décidé de la liquidation du camp des Tsiganes d’Auschwitz-Birkenau. Nuit où 2897 Sintis et Rroms, hommes, femmes et enfants, de diverses nationalités dont des voyageurs français, ont été exterminés dans les chambres à gaz. «
» Témoignage de André Rogerie «
Nous sommes couchés comme à l’accoutumée quand tout à coup le bruit de camions roulant sur la route éveille notre attention. Nous percevons distinctement, maintenant, que les camions pénètrent dans le camp voisin, appelé camp des Tziganes. Là, des familles entières de Tziganes vivent ensemble, et ce soir, le roulement des voitures vient de nous faire comprendre l’horreur du sort qui leur est réservé. Hommes, femmes, enfants, tous entièrement dépouillés de leurs vêtements, sont entassés dans les camions. Les cris, les vociférations nous parviennent très nettement. Les S.S. hurlent, les femmes ont des crises de nerfs, les enfants pleurent, et les camions, pleins à craquer de leur butin, partent maintenant à toute vitesse vers les fours crématoires. Dans quelques instants seront consumées toutes ces vies humaines qui, aux yeux de l’Allemagne, ont commis le crime immense et impardonnable d’être Tziganes.
Les cris ont cessé. Je vois, par la lucarne du bloc, la lune qui est actuellement dans sa plénitude. Tout à coup me revient à la mémoire une phrase oubliée depuis bien longtemps que j’ai lue autrefois dans Chateaubriand : « La lune prêta son pâle flambeau pour cette veillée funèbre. » ( Photos : Rémy Vienot Auswichtz- Birkenau Août 2018 )





