L’enlèvement de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores par les forces spéciales américaines a marqué le début d’une nouvelle ère au Venezuela : celle d’un protectorat de facto dans lequel Washington gère le pétrole, les finances et le commerce extérieur. Il en résulte un système de pouvoir inédit, plein de paradoxes, qui évolue en terrain miné avec la complicité des anciens lieutenants de Maduro.
À la suite de cette opération aux allures hollywoodiennes, le gouvernement de Donald Trump a décidé de prendre sous son égide le secteur pétrolier vénézuélien et la gestion économique générale du gouvernement intérimaire, obligeant la nouvelle « présidente par intérim », l’ancienne vice-présidente de Maduro, Delcy Rodríguez, à exécuter ses directives sous la menace d’une deuxième vague militaire de plus grande envergure contre les dirigeants actuels du gouvernement.
Le Venezuela connaît ainsi un curieux « changement de régime », par lequel ce sont ceux-là mêmes qui l’ont dirigé pendant ses 27 ans d’histoire qui commandent le virage vers une forme de protectorat ; c’est ce que beaucoup appellent aujourd’hui, de manière plus ou moins ironique, le « MAGA-chavisme ».
Il s’agit d’une véritable nouveauté politico-militaire, mais qui n’est pas exempte de questions liées à la nouvelle politique économique d’ouverture, à la dynamique d’un gouvernement sous tutelle, au rôle des forces armées et du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) ainsi qu’au rôle de ce qu’on nomme la « bolibourgeoisie ». Un équilibre manifestement instable et incertain.
Il y a un paradoxe apparent dans la manière dont le gouvernement Trump présente le Venezuela : d’un côté, ce serait un pays suffisamment stable pour pouvoir recevoir plus de 100 milliards de dollars d’investissements de la part de compagnies pétrolières américaines, avec une confiance totale dans la sécurité juridique du pays. De l’autre, ce même pays semble trop instable pour respecter la Constitution. Celle-ci est on ne peut plus claire :
« Si la défaillance absolue du président de la République survient au cours des quatre premières années du mandat constitutionnel, une nouvelle élection aura lieu dans les trente jours consécutifs suivants ».
Enfreindre cette règle de manière aussi explicite reste, malgré l’avis de Trump et de Marco Rubio, un très mauvais signal pour les investisseurs que les États-Unis souhaitent attirer afin d’exploiter les ressources naturelles vénézuéliennes.
L’ouverture économique : moins de sanctions, plus de pétrole
Il est évident que l’ouverture économique limitée postérieure au 3 janvier ne peut être interprétée comme une libéralisation « normale », mais comme une ouverture forcée et conditionnée par la nouvelle architecture du pouvoir ; c’est-à-dire par la pression directe de la Maison Blanche.
Dans la pratique, le gouvernement cherche à se procurer des devises de toute urgence en relançant les exportations pétrolières et en améliorant la fluidité financière, mais sans démanteler le noyau politique du régime. Cela explique pourquoi l’économie semble s’ouvrir dans certains secteurs (pétrole, mines et commerce extérieur), tandis que le reste de l’appareil productif reste très contrôlé et fortement dépendant du pouvoir politique.
L’ouverture se produit principalement dans le secteur extractif grâce à l’adoption précipitée des nouvelles lois sur les hydrocarbures et les mines. Ces deux réglementations offrent de grands avantages aux entreprises transnationales en matière d’investissement, d’arbitrage international et de capacité opérationnelle. Les réformes comprennent de fortes réductions des redevances et le transfert d’opérations qui relevaient auparavant de la compétence exclusive des entreprises publiques. De tout point de vue privilégiant les intérêts nationaux, ces lois représentent un recul historique profond, un retour à des concessions extractives moins avantageuses pour la République.
Les textes en question ont été adoptés à la hâte, sans consultation des associations professionnelles du secteur, ni des milieux universitaires, ni des spécialistes reconnus dans ce domaine. Des lois qui faisaient l’objet de discussions publiques depuis des années et impliquaient divers accords ont été promulguées en quelques jours, en se basant largement sur le point de vue des entreprises transnationales elles-mêmes.
Cette méthode « express », ouvertement antidémocratique, enlève toute efficacité politique aux nouvelles normes et donne l’impression qu’elles pourraient à tout moment être annulées avec la même rapidité qu’elles ont été adoptées, un signal plutôt négatif pour les investissements à moyen et long terme. De plus, dans le contexte des contradictions du nouveau schéma de pouvoir, l’Assemblée nationale vénézuélienne n’est pas officiellement reconnue par le gouvernement des États-Unis et bon nombre de ses alliés, qui considèrent que toutes les élections postérieures à 2015 sont illégitimes et que, par conséquent, les mandats électifs qui en ont découlé le sont également.
Après la capture de Maduro, une réorientation immédiate des exportations pétrolières vers les États-Unis a été mise en place, dans le cadre d’un système où les recettes étaient acheminées vers des comptes contrôlés par Washington afin d’éviter les saisies des créanciers et le détournement de ces ressources. La vente de pétrole à prix réduit à la Chine a été supprimée et remplacée par des exportations au prix du marché, surveillées par les États-Unis.
À la suite de cela, le Fonds monétaire international (FMI) et les analystes locaux estiment la croissance du PIB entre 4 % et 6 % pour 2026, tirée à la fois par la reprise pétrolière et par la levée partielle éventuelle d’un grand nombre de sanctions grâce à diverses licences exécutives délivrées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC). Cette « ouverture » est assortie de conditions : les États-Unis contrôlent les flux de trésorerie et privilégient la stabilisation macroéconomique au détriment des dépenses sociales immédiates. Les critiques y voient une ouverture économique accompagnée d’un autoritarisme résiduel ; les optimistes, la fin prochaine de l’effondrement du système rentier.
Un gouvernement d’occupation
Le concept de « protectorat » semble un peu extrême, mais ce terme tente de refléter, de manière ramassée, la perte d’autonomie de l’État vénézuélien. Pour ceux qui défendent cette hypothèse, la souveraineté est hypothéquée à deux niveaux : géopolitique et économique.
En ce qui concerne le premier, la survie du régime dépendait de manière cruciale du soutien diplomatique, militaire et financier de puissances rivales des États-Unis (Russie, Chine, Iran) et du soutien (in situ) d’alliés comme Cuba et, dans une moindre mesure, de pays comme la Turquie. Cela a fait du Venezuela un pion gênant des intérêts anti-américains sur l’échiquier mondial. Aujourd’hui, cette situation opère un revirement à 180 degrés. Ce sont désormais les États-Unis qui, par l’intermédiaire de hauts responsables, prennent les décisions géopolitiques clés concernant le Venezuela, agissant en pratique comme une sorte de gouvernement d’occupation.
Sur le plan économique, toute initiative est conditionnée par les décisions de l’OFAC à Washington – il s’agit d’une forme indirecte et complémentaire de contrôle du Venezuela. De son côté, Caracas utilise la rhétorique de la « souveraineté » à des fins de communication interne, mais fonctionne en réalité sous de très sévères restrictions externes.
Aujourd’hui, ce sont les États-Unis qui autorisent les ventes de pétrole à la Chine et à l’Inde et fixent les conditions de remboursement de la dette, les prix et les quantités. Ils peuvent même décider que les biens et services acquis grâce aux ressources tirées des exportations de pétrole soient destinés à l’achat de biens principalement produits par des entreprises américaines. Le gouvernement Trump contrôle même des décisions aussi quotidiennes que l’attribution des devises lors des enchères de change et exige des projections budgétaires mensuelles pour autoriser les dépenses financées par les devises issues du pétrole. Une tutelle presque invraisemblable.
Trump l’avait déjà annoncé, de manière brutale, le 3 janvier, en déclarant que « les États-Unis gouverneront le Venezuela » jusqu’à ce qu’une « transition sûre » puisse être mise en place. Bien que le secrétaire d’État, Marco Rubio, ait affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une occupation militaire, il est évident que Washington contrôle déjà des aspects clés (pétrole, banque internationale, commerce extérieur), tandis que la quasi-totalité de l’appareil d’État chaviste reste en fonction. Les récents changements au sein de la haute bureaucratie ne sont que de simples remaniements internes en fonction des besoins de la faction au pouvoir.
De manière quelque peu surprenante, le FMI et la Banque mondiale ont annoncé qu’ils reconnaissaient le gouvernement intérimaire comme interlocuteur valable pour faire avancer la réintégration complète du Venezuela au sein de ces organismes, ce qui libère, dans l’immédiat, des fonds utiles pour soutenir la stabilisation macroéconomique tant attendue et promue par les États-Unis. Cela constituerait la base du plan en trois phases pour le Venezuela post-Maduro annoncé par Rubio, à savoir : stabilisation, reprise et transition.
Si le Venezuela accède aux droits de tirage spéciaux (DTS) auxquels il n’a pas pu prétendre pendant la période de sanctions, ainsi qu’à d’autres mécanismes de financement d’urgence de l’institution, les ressources disponibles pourraient avoisiner les 10 milliards de dollars. Cela équivaudrait à deux ans de ventes de devises sur le marché interbancaire. Ces ressources pourraient contribuer à freiner l’inflation induite par l’effet « pass-through » (répercussion de la dévaluation sur les prix), qui fait du Venezuela le pays affichant la plus forte inflation au monde : la Banque centrale du Venezuela (BCV) a fait état d’un taux de 475 % à la fin de 2025 (cumul annuel), tandis que le FMI prévoit 387,4 % pour 2026.
Les forces armées, le Parti et la « bolibourgeoisie »
Les Forces armées ne sont plus seulement une institution militaire : elles font également office de conglomérat d’entreprises ayant leurs propres intérêts. La Compagnie anonyme militaire des industries minières, pétrolières et gazières (CAMIMPEG) n’est que la partie visible d’un immense réseau économique privé entre les mains de fonctionnaires fortunés, autrefois pilier fondamental du pouvoir de Maduro.
Cette double nature – militaire et entrepreneuriale – des Forces armées est précisément ce qui rend leur rôle si complexe dans le Venezuela sous tutelle : les militaires doivent gérer la contradiction entre un discours anti-impérialiste qu’ils ne peuvent plus soutenir et la réalité du protectorat qui les oblige à se taire.
Leurs tensions internes sont multiples. La plus immédiate est l’érosion des revenus des soldats et des officiers subalternes due à la forte inflation, qui creuse un fossé grandissant entre la hiérarchie enrichie et le gros des effectifs. À cela s’ajoute le risque de purges pour « trahison » : le fait que les forces armées n’aient pas réagi à l’opération militaire américaine du 3 janvier peut être utilisé arbitrairement contre n’importe quel haut gradé par le gouvernement de Delcy Rodríguez, tandis que les dossiers de corruption dont dispose Washington constituent une double menace.
Dans ce contexte s’affirme un dilemme fondamental : comment réagir si une véritable ouverture politique met en péril leur pouvoir économique, issu du contrôle des douanes, des mines, de Petróleos de Venezuela (PDVSA) et des importations alimentaires, et maintenu jusqu’à présent grâce à un réseau de privilèges et à la peur ? Pour toutes ces raisons, les militaires préfèrent clairement une transition contrôlée plutôt qu’un effondrement brutal qui les exposerait à des purges, des procès ou la perte soudaine de leurs privilèges. Plutôt que comme un acteur monolithique, les Forces armées doivent être considérées comme un ensemble de commandements, d’unités et de réseaux ayant des motivations différentes et des formes diverses de loyauté politique.
Avec la capture de Maduro, les Forces armées ont subi un coup militaire et symbolique dévastateur. En mars 2026, Delcy Rodríguez a démis de ses fonctions le jusqu’alors puissant Vladimir Padrino López, sanctionné par les États-Unis, de son poste de ministre de la Défense et l’a nommé ministre de l’Agriculture et des Terres, tout en procédant à 28 changements à tous les échelons de la hiérarchie militaire. Dans ces circonstances, on prévoit une sorte d’ « institutionnalisation forcée » pour éviter des tentatives de coup d’État susceptibles de déstabiliser le plan en trois phases imposé par la Maison Blanche.
Il convient de souligner que les données indiquent que l’opposant Edmundo González s’est imposé avec une large avance lors des dernières élections présidentielles, y compris dans les bureaux de vote situés à proximité de bases militaires, malgré d’énormes pressions et une persécution extrême. Il est donc nécessaire de comprendre le fossé qui sépare une direction militaire enrichie d’une troupe et d’un corps d’officiers subalternes de plus en plus appauvris.
De son côté, le PSUV a perdu son élan idéologique et s’est intronisé comme une machine bureaucratique dédiée exclusivement au maintien du pouvoir par le contrôle social et électoral. Le PSUV a gardé un silence significatif face à l’adoption de mesures qui sont aux antipodes idéologiques du « Plan de la Patria » et des conceptions étatistes et nationalistes du « chavisme éternel ». Cela l’a laissé assez en marge du débat politique actuel, au-delà de l’organisation de quelques marches peu fréquentées.
Le PSUV sert de vecteur de contrôle, de redistribution des revenus et de discipline politique. Aujourd’hui, son objectif principal, sans possibilité de désobéissance ou de dissidence, est de maintenir la cohésion du bloc au pouvoir et de gérer les loyautés, plutôt que de proposer un programme politique. Par conséquent, le parti fondé par Hugo Chávez est une sorte de courroie de transmission du soi-disant « Haut Commandement politico-militaire de la Révolution bolivarienne », ancré au sommet de la bureaucratie.
Le PSUV semble opérer dans une sorte de « retraite tactique » : il coopère de manière sélective avec les États-Unis pour survivre et met en place les nouvelles directives libérales étrangères, désormais dépourvues de toute velléité « socialiste ».
La mutation chromatique du gouvernement, qui retire le rouge de ses banderoles et de ses panneaux d’affichage et parle d’« efficacité et d’investissements étrangers », se heurte de front à la tendance « anticapitaliste » du PSUV. En son sein, on voit comment l’aile la plus radicale du chavisme se regroupe pour éviter d’être engloutie par le « Rodrigato » intérimaire (articulé autour des frères Delcy et José Rodríguez, elle présidente par intérim et lui président de l’Assemblée nationale et premier dans l’ordre de succession).
Ses dirigeants, dont Diosdado Cabello, courent le risque permanent d’être destitués, voire emprisonnés aux États-Unis, car des récompenses de plusieurs millions de dollars pèsent sur eux. Dans le cas de Cabello, celle-ci s’élève à 25 millions de dollars pour sa capture et sa remise (montant similaire à celui offert dans le cas de Ben Laden).
Tout cela ne l’empêche toutefois pas d’occuper le poste de ministre de l’Intérieur et de la Justice et de se retrancher derrière un discours de résistance et de dénonciation. Dans la lignée de ce type de discours, des marches, des rassemblements et des événements sont organisés où l’on scande des slogans anti-impérialistes sans conséquences pratiques majeures. Au contraire, ces manifestations sont observées par la bureaucratie recyclée avec un léger sentiment d’ennui et de gêne.
La « bolibourgeoisie » (l’élite entrepreneuriale qui s’est enrichie grâce à la corruption d’État pendant l’ère chaviste) traverse un processus de maturation et de réorganisation. Les « bolibourgeois » ne dépendent plus uniquement de contrats gonflés avec un État en faillite, mais cherchent à se légitimer en tant que capitalistes « sérieux » : ils possèdent depuis de nombreuses années des entreprises formelles bien connues de la population et qui apparaissent comme des entreprises « normales », et sont les principaux bénéficiaires de l’ouverture économique contrôlée.
Cela leur permet en outre de blanchir des capitaux en investissant dans le secteur bancaire, l’immobilier de luxe, les bodegones (magasins de produits importés) et les casinos, tout en continuant à tisser des liens commerciaux avec l’aile directement ou indirectement « collaborationniste » de l’opposition, qu’ils financent et contrôlent.
Les « bolibourgeois » ont besoin d’une certaine stabilité politique et d’une reconnaissance internationale pour protéger leurs actifs et évoluer vers le modèle dont ils rêvent, un « capitalisme autoritaire » (à la russe ?), dans le cadre duquel ils pourraient mener des affaires « propres » et d’autres moins, avec une sécurité juridique pour leurs capitaux, mais sous le contrôle politique d’un régime qui les protège.
La « bolibourgeoisie » n’a donc pas disparu ; elle s’adapte plutôt à la nouvelle phase d’ouverture économique sélective. Ses acteurs ont deux objectifs principaux : conserver leur accès à l’État et pénétrer dans des secteurs à rendement rapide, notamment le pétrole, les importations, la finance, l’exploitation minière, les télécommunications et les activités commerciales à forte marge bénéficiaire. La caractéristique la plus importante est que cette élite économique ne mise pas nécessairement sur l’augmentation de la productivité à long terme, mais plutôt sur son adaptation à la structure d’opportunités qu’offre le pouvoir politique.
S’il est vrai que certains de ses membres ont été arrêtés ou persécutés, à la suite des luttes entre clans qui se partagent l’État comme des parcelles de pouvoir, il ne semble pas y avoir d’offensive frontale contre eux. Ils aspirent ainsi à être en première ligne lors de la ruée qui s’annonce à travers un processus de privatisations « à la russe », avec d’énormes capitaux publics qui seront vendus à bas prix si les choses continuent sur cette voie de l’« autoritarisme tutélaire ».
Des scénarios extrêmement incertains
Le court terme semble défini par une combinaison de soulagement financier partiel (découlant de l’assouplissement des sanctions et de la réintégration progressive du Venezuela dans le système financier international), de la persistance de la fragilité politique résultant d’un gouvernement non élu et très impopulaire, et de l’extrême dépendance au pétrole, pratiquement la seule source de devises pour le pays.
Si les exportations pétrolières continuent de rebondir et que le secteur bancaire public parvient à fonctionner plus facilement – en réduisant, par exemple, les réserves obligatoires extrêmement élevées, qui s’élèvent aujourd’hui à 73 % (les plus élevées au monde) –, on pourrait assister à une relative stabilisation des taux de change et du commerce. Quoi qu’il en soit, cela ne résoudra pas les graves problèmes structurels tels que les salaires misérables, les services publics extrêmement délabrés, la persécution politique (il y a encore plus de 600 prisonniers politiques), et l’incapacité à attirer des investissements productifs de grande envergure.
Dans le meilleur des cas, le Venezuela pourrait entrer dans une phase de stabilisation négociée, avec un calendrier électoral précis qui, dans quelques mois, appellerait à une élection véritablement libre ; dans le pire des cas, l’ouverture pourrait se retrouver prisonnière de l’insécurité juridique, des conflits politiques, de la répression étatique et de la faiblesse institutionnelle. Dans les deux options, il y aura une croissance économique, mais celle-ci sera bien loin du potentiel qui permettrait de relancer l’économie et de commencer à rétablir le bien-être social des travailleurs, tragiquement détruit après l’effondrement du rentiérisme kleptomane.
C’est précisément des travailleurs qu’émerge ce que tant le gouvernement intérimaire que son tuteur américain semblent sous-estimer : la mobilisation sociale croissante réclamant des salaires et des conditions de travail dignes. Dans un pays où tout se négocie en haut, la pression venant d’en bas pourrait s’avérer la plus difficile à gérer.
Cet article a d’abord été publié par Nueva Sociedad.