Hajj Hussein Ali Faqih, « Abou Ali », est décédé à l’âge de 87 ans, dans la localité de Srifa, au Sud-Liban, après une période de profonde tristesse consécutive à la destruction de sa maison lors d’une frappe israélienne.
Sa présence quotidienne parmi les ruines de son habitation était devenue, à elle seule, une histoire. Au fil des semaines, il avait pris l’habitude de se rendre chaque jour sur les lieux, s’asseyant ou s’allongeant sur les décombres pendant des heures, avant de quitter les lieux à la tombée du jour.
Il revenait ainsi comme on revient chez soi, fouillant entre les pierres à la recherche d’une vie qu’il y avait vécue, de murs effondrés mais jamais tombés de sa mémoire.
Connu dans la région pour cette fidélité silencieuse aux vestiges de sa maison, Abou Ali s’est éteint, emporté par le chagrin d’avoir perdu à la fois son foyer et son moyen de subsistance.
Il est parti, mais son image — allongé sur les ruines de sa maison — demeure l’une des plus poignantes incarnations de ce que la sauvagerie israélienne fait subir aux civils libanais.