Le président Trump a perdu la guerre en Iran : l’éditorial du “New York Times”

En se lançant tête baissée dans un nouveau conflit au Moyen-Orient, le président des États-Unis a fait subir à son pays une humiliante défaite, affirme le quotidien de centre gauche. L’accord auquel il a dû se résoudre pour solder la guerre, encore flou, entérine selon toute apparence la victoire stratégique de l’Iran.

« Stratégie » – Sur la cravate de Donald Trump : Détroit d’Hormuz. – Dessin de Joep Bertrams paru dans De Groene Amsterdammer, Pays-Bas.

L’accord préliminaire qui met fin à la guerre de quatre mois du président Trump contre l’Iran est bienvenu, mais il s’accompagne de vérités douloureuses. Trump a commis une erreur catastrophique quand il a déclenché ce conflit. Il a fait fi aussi bien de la loi que de la prudence la plus élémentaire. Les États-Unis en ressortent affaiblis – sur les plans militaire, diplomatique et économique – et vont en payer le prix stratégique pendant des années.

Les détails de l’accord sont encore flous mais, à en juger par le cadre annoncé, Trump n’a obtenu gain de cause que sur peu des points où il prétendait imposer sa volonté. C’est un camouflet humiliant pour lui et le pays qu’il gouverne.

Depuis le début de la guerre, il a martelé que les États-Unis allaient remporter une “victoire totale et complète” et que l’Iran devait accepter une “reddition sans conditions”. Il a laissé entendre qu’on pourrait assister à un changement de régime. Que l’Iran ne serait autorisé à “aucun enrichissement” d’uranium et que “les États-Unis, en collaboration avec l’Iran [allaient] déterrer et éliminer” le matériau nucléaire hautement enrichi “enfoui en profondeur” dont le pays disposait déjà.