Dans le deuxième épisode de notre podcast, nous vous avons raconté la filière de financement qui passait par Senoussi et Takieddine. Dans ce troisième opus, nous vous expliquons les étapes qui ont mené à la découverte d’une autre filière de financement, Saleh/Djouhri, tout aussi insensée. Retrouvez ci-dessous quelques extraits et citations issus du podcast.
Découvrir une seconde filière de financement libyen.
« Il y a de la concurrence, y compris chez les intermédiaires et les hommes de l’ombre. »
Constater la lutte féroce entre Takieddine et Djouhri.
« Il y a une tentative de rapprochement une fois, une sorte de paix des braves. C’est parti en capilotade. Ils se haïssent. »
Retracer le parcours du deuxième intermédiaire, Alexandre Djouhri, chiraquien villepiniste devenu sarkozyste.
« Quand la santé de Chirac bat de l’aile, Djouhri n’a plus son parapluie politique. »
Apprendre que le financement libyen a servi à d’autres buts.
« Djouhri et Saleh sont derrière les 500 000 euros versés à Guéant, qui achète immédiatement un appartement près de la tour Eiffel, à Paris. C’est aussi l’histoire d’un enrichissement personnel. »
Retracer la protection dont a bénéficié Béchir Saleh de la part des autorités françaises.
« Alexandre Djouhri et Bernard Squarcini organisent sa fuite par avion. L’enquête judiciaire établit à la seconde près l’organisation de la cavale par l’État français qui est pourtant censé l’interpeller. Une scène digne d’un film. »
Découvrir grâce à des écoutes la proximité des relations entre Alexandre Djouhri et le patron des services secrets, Bernard Squarcini.
« Plus fort que le Roquefort !
— Allez, à l’attaque ! »
Mais aussi sa proximité avec Nicolas Sarkozy.
« Ils sont à tu et à toi. Toutes les barrières de précaution et de prudence sont tombées. »
Pister Alexandre Djouhri.
« On se rend à Londres, à Genève. On apprendra qu’on a été filmés à sa porte. Mais il est insaisissable. »
Entendre ce qu’il répand dans tout Paris.
« Il alimente l’idée d’un complot ourdi par Mediapart, François Hollande et la justice financière française. »
Croire réussir à lui parler.
« On n’a jamais réussi à le rencontrer. Son frère m’a contacté pour un déjeuner. Il me passe le téléphone et au bout du fil, il y a Alexandre Djouhri. Mais la conversation était impossible. »
Lire ce qu’il fait écrire à des journalistes.
« Djouhri a des entrées dans de nombreux médias, notamment chez Lagardère. Pareil avec le groupe Dassault, propriétaire du Figaro. Et puis il a des relations très poussées avec Hervé Gattegno, l’avocat médiatique de Nicolas Sarkozy. »
Contrer les attaques judiciaires de ce même Hervé Gattegno, qui prétend que Mediapart révèle ses sources.
« Il nous a poursuivis en diffamation. Gattegno était la source d’Alexandre Djouhri et non l’inverse. On a donc été définitivement relaxés. »
Continuer les investigations dans une affaire à tiroirs.
« Débarque dans le champ de l’accusation un fleuron de l’aéronautique, Airbus. Djouhri a touché 2 millions d’euros de commissions sur des ventes à la Libye. »
Ne pas craindre pour sa vie.
« Djouhri a frayé avec des bandes criminelles. Au début des années 1980, il a pris des balles dans le dos. Et il a alimenté sa légende noire. De nombreuses personnes dans le dossier disent avoir été menacées par lui. »
Essayer de comprendre comment il s’est débrouillé pour gravir les échelons.
« Il s’est très vite rapproché de la police et il y a le soupçon qu’il en soit devenu un informateur. »
Retracer sa stratégie d’ascension.
« Il est très fils de. Intime d’Antony Delon. De fils de responsables politiques africains ou de capitaines d’industrie. Jusqu’à arriver, des années plus tard, à se rendre des dizaines de fois à l’Élysées sous Sarkozy. Un parcours digne des Illusions perdues de Balzac, mais façon République occulte. »