[Best-of du lundi n°56] : L’empire Bolloré ; L’édito de Denis Robert; Obsession free party

Comme chaque lundi, Blast vous propose une sélection des contenus à ne pas manquer.

Au programme cette semaine :

➡️ 💻 Côté vidéos :

Journalisme, cinéma, édition : Bolloré veut tous les faire taire ; L’édito : « Ils organisent notre ignorance pour continuer leur corruption. » ; Free party : le cauchemar obsessionnel du gouvernement.

➡️ 📰 Côté papiers :

La fête des barbares ; Scandale du périscolaire parisien : la parole des enfants face à la justice des adultes ; Edgar Morin : le refus de l’amnésie face à la Palestine.

 

💻 En vidéos

Depuis plusieurs années, l’empire médiatique de Vincent Bolloré transforme profondément le paysage de l’information et de la culture en France. Télévisions, radios, maisons d’édition, presse écrite : à travers ces outils d’influence, ce sont les termes mêmes du débat public qui sont redéfinis. Les thèmes identitaires, sécuritaires et réactionnaires occupent une place croissante tandis que les voix critiques, dans les médias comme dans le monde du cinéma, font face à des formes de marginalisation, de pression ou de censure. Derrière la concentration des médias, les pressions exercées sur les journalistes, les accusations de censure dans le cinéma et la culture, se dessine un projet politique clair : mettre la puissance médiatique au service d’une bataille idéologique visant à porter l’extrême droite au pouvoir. Pour en parler, Blast reçoit la réalisatrice Caroline Deruas Peano, la productrice Julie Paratian et le journaliste Jean-Baptiste Rivoire.

Rien n’est perdu. Allez, voici donc un édito de combat pour envoyer un bras d’honneur à tous ces ceintures noires de la veulerie, de l’abrutissement et de la propagande capitaliste. En voiture, camarade.

Les free-parties sont sans cesse diabolisées, et leurs participants caricaturés à l’extrême. Ce sont des « punks à chiens », des « drogués » qui envahissent les villages pour troubler le sommeil des honnêtes gens. Et puis il y a la répression policière. Loin des regards, dans les champs ou les forêts, pendant la nuit ou au petit matin, les free-parties sont un terrain d’expérimentation idéal pour l’appareil répressif de l’État. On ne compte plus les fois où gendarmes et policiers ont fait un usage de la force disproportionné et absurde sur des personnes venues faire la fête. Face à cette violence, le mouvement a fait preuve d’une résilience impressionnante, mais aujourd’hui, deux nouveaux textes sécuritaires mettent son existence en péril. La proposition de loi 1133 et le projet RIPOST, portés par la droite et le centre, accentuent les peines encourues par les organisateurs et participants de ces manifestations.

📰 En papiers
La fête des barbares

Les propriétaires parisiens ont fermé leurs volets, les papas ont rentré leur vélo cargo, écourté leur promenade familiale, les mamans ont poussé leurs enfants vers le hall. Paris se barricadait, le PSG venait de gagner. De loin, on pouvait déjà entendre le grondement des motos et des scooters. L’invasion barbare.

On dit qu’ils vont venir sans casques sur les motos, paraît que la dernière fois ils sont même venus sur des toits de camionnettes, on dit qu’ils vont crier torses nus par la fenêtre des voitures. On dit qu’ils mangent la viande à mains nues, directement sur l’animal encore vivant.

Ce sont les pauvres qui sont venus faire peur aux riches.

Voilà ce que les éditorialistes ont failli dire. Ou ont presque dit. C’est l’imaginaire qu’on retrouvait samedi soir et dimanche matin sur les plateaux télé et dans certains communiqués de personnalités politiques. Personne ne l’a dit comme ça bien sûr. On a dit « débordements », on a dit « bandes », on a dit « mode opératoire ». Mais le film, au fond c’était celui-là.

Scandale du périscolaire parisien : la parole des enfants face à la justice des adultes

Un an de prison ferme sous bracelet. C’est la peine requise, ce mardi 26 mai, contre David G., animateur de l’école Alphonse Baudin (11e arrondissement de Paris), jugé pour des faits d’agressions sexuelles sur des enfants âgés de trois à cinq ans. Un premier procès public depuis les révélations de violences sexuelles dans le périscolaire parisien, et un phénomène systémique comme le rappelle la centaine d’enquêtes ouvertes.

Edgar Morin : le refus de l’amnésie face à la Palestine

Les hommages nationaux sont une forme de chirurgie. On prélève ce qui peut servir, on retire ce qui dérange, on recoud proprement. La France vient d’opérer Edgar Morin. Le Juste, pour le pouvoir, n’est tolérable qu’une fois transformé en archive inoffensive.

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