*Le comité de bassin Rhône Méditerranée appelle à amplifier les actions
*(Gazette des Communes)*
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Réunis à Lyon à l’occasion du bilan à deux ans du plan de bassin
d’adaptation au changement climatique, les acteurs de la gestion de l’eau
plaident pour une accélération des mesures permettant de mieux gérer la
ressource.
Des premiers retours d’expérience font office d’exemples à suivre.
Sur 1200 km² répartis entre cinq régions, le comité de bassin Rhône
Méditerranée veille sur la ressource en eau sur près de 20% du territoire national et pourtant le constat est le même partout : les pluies se raréfient, leur intensité est totalement erratique et l’eau devient une denrée véritablement rare.
Le président du comité de bassin Rhône Méditerranée en appelle donc d’abord
à la sobriété. « Il faudra économiser l’eau de plus en plus et personne pourra ne pas prendre sa part », tonne Martial Saddier. Premiers à se doter
d’un plan pour l’adaptation au changement climatique dès 2014, les acteurs
de la préservation de l’eau de ce quart sud est du pays ont déjà des arguments pour porter la bonne parole et les bonnes actions.La nature fait mieux que les chantiers gigantesques.
Des constats émergent des retours d’expérience d’une partie des 80 projets de territoire conduits dans le cadre du deuxième plan d’adaptation au changement climatique défini en 2023. « Les actions de fond portent leurs fruits », résume Martial Saddier, citant notamment la renaturation des zones humides et des lagunes, l’élargissement du lit des rivières et la désimperméabilisation des sols, surtout en milieu urbain.
« Les solutions fondées sur la nature apportent de nombreux bénéfices et en
plus, elles sont souples, résilientes et moins couteuses que celles qui demandent des travaux en génie civil », analyse Hélène Michaux, directrice de la programmation des interventions à l’Agence de l’eau Rhône Méditerrannée Corse. De plus, ces actions fondées sur la nature font preuve d’une capacité à garder l’eau dans les milieux, tant en quantité qu’en qualité et à constituer de véritables remparts contre les inondations.
Un autre enseignement des mesures déployées depuis deux ans porte sur
l’importance de penser chaque solution au regard des spécificités des
territoires pour augmenter l’efficience des mesures à la fois sur le plan
de l’optimisation de la gestion de la ressource, mais aussi de la
gouvernance des solutions mises en œuvre.Cap sur la désimperméabilisation
En déployant ces premières actions et en sensibilisant tous les
consommateurs à une gestion plus responsable de la ressource, les résultats
arrivent. L’année dernière, les prélèvements d’eau ont diminué de 4,5% sur
l’ensemble du territoire du bassin Rhône Méditerrannée par rapport à la
moyenne des quantités prélevées entre 2018 et 2020.
« Cela vaut pour l’eau potable, mais aussi celle utilisée par les agriculteurs et l’industrie », relève Hélène Michaux. Le retour de la biodiversité est également au rendez-vous dans toutes les opérations de restauration des milieux humides et les risques d’inondation semblent mieux contenus.
« En revanche, la réponse à l’assèchement des sols reste un enjeu critique,
aussi bien en zones urbaines qu’en milieu agricole », pointe Martial Saddier. La désimperméabilisation des sols est ainsi identifiée par le comité de bassin Rhône Médierranée comme l’un des défis majeurs à relever au plus vite pour lutter contre les sécheresses et amener de la fraicheur.
Avec un message envoyé aux nouveaux élus communaux et intercommunaux : «
nous mobilisons au moment où les nouvelles équipes des collectivités se mettent en place », dit le président du comité de bassin. Parkings, cours d’école et autres friches industrielles bétonnés constituent donc des espaces à verdir au plus vite pour gagner la bataille de l’eau.
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