Eric Lenoir est à Bolivia.
Je ne sais pas si vos fils d’info habituels vous en ont averti, mais ça fait un mois que le peuple bolivien se rebiffe avec force contre son gouvernement de droite et son programme d’accaparement, de privatisation et d’austérité.
Etonnant comme, pour des raisons étranges et inconnues, on n’en fait pas les gros titres ici, et combien il faut aller chercher les infos.
Eléments de contexte:
« A peine six mois après être arrivé au pouvoir, Rodrigo Paz fait face à un mouvement social dont il ne semble pas avoir anticipé l’ampleur et la détermination. «Paz a pensé, à tort, qu’il pouvait gouverner comme il y a vingt ans, avant l’arrivée de la gauche au pouvoir. Il a négligé le “pacte social”, c’est-à-dire l’intégration ou la relation avec les organisations sociales», analyse Patricia Costas, spécialiste des mouvements sociaux boliviens. Les organisations sociales sont un mélange hétéroclite de syndicats ouvriers, paysans, miniers, d’organisations indigènes ou encore de quartier, aux intérêts souvent différents, parfois opposés.
Pendant vingt ans, ces groupes ont participé, de près ou de loin, aux gouvernements du Mouvement vers le socialisme (MAS, au pouvoir de 2006 à 2025). «L’Etat est un peu entré dans les organisations sociales mais celles-ci ont un peu pénétré l’Etat», résume Costas. Ayant enterré la gauche dès le premier tour de l’élection présidentielle en août, Rodrigo Paz a fait le pari, en novembre, de nommer un gouvernement formé par des entrepreneurs et d’anciens ministres de l’ère néolibérale (1985-2005). Et surtout, aucun leader social. » (Libération)
« Lorsqu’ils ont commencé à manifester il y a une dizaine de jours, les manifestants boliviens qui bloquent les routes d’accès à la capitale La Paz et à la ville d’El Alto demandaient des augmentations salariales, des mesures contre l’inflation et le retrait d’une loi controversé sur la propriété agraire, dans le contexte d’une grave crise économique.
À présent, les paysans, mineurs, maîtres d’école et ouvriers qui ont répondu à l’appel de la Fédération des paysans de La Paz Túpac Katari, dont les membres les plus radicaux sont surnommés les “ponchos rouges”, et de la Centrale ouvrière bolivienne (COB), principale organisation syndicale du pays, n’exigent plus qu’une chose : la démission pure et simple du président, Rodrigo Paz. Le dirigeant de centre droit a été élu en novembre dernier après vingt ans de domination du Mouvement vers le socialisme (MAS) d’Evo Morales. » ( Courrier international )
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