Le réchauffement des mers propage une bactérie mangeuse de chair

Canicule :  sur les côtes européennes, l’Espagne ferme des plages

La bactérie mangeuse de chair profite du réchauffement des mers pour coloniser de nouvelles eaux côtières en Europe. Présente surtout là où l’eau est chaude et peu salée, elle remonte désormais vers le nord et allonge sa saison à risque. Quelques précautions simples réduisent pourtant nettement le danger en été.

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Des plages espagnoles ont fermé cet été à cause d’une bactérie marine. Le réchauffement des mers favorise sa progression vers de nouvelles côtes. Le risque grandit pendant les canicules.

La bactérie mangeuse de chair profite de la chaleur des mers

Les autorités sanitaires européennes surveillent de près un microbe marin baptisé Vibrio. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, qui renforce sa surveillance en 2026, ce risque augmente fortement pendant la saison estivale. Le grand public la surnomme la bactérie mangeuse de chair. Elle vit naturellement dans les eaux côtières chaudes et peu salées. Les canicules récentes amplifient nettement le phénomène.

Cette bactérie se développe surtout là où l’eau douce rencontre l’eau de mer. Les estuaires et les lagunes offrent ainsi ses conditions favorites. Or, la chaleur et la baisse de salinité accélèrent sa multiplication. La mer Baltique en fournit l’exemple le plus connu, avec un sel moins concentré. En 2018, une canicule y a provoqué 445 cas signalés. Ce pic dépasse le triple de la moyenne annuelle de la période précédente. Face à cette hausse, l’agence a renforcé en 2026 son suivi satellite des eaux côtières.

Le terme mangeuse de chair vient d’une complication rare mais grave. Dans certains cas, l’infection déclencherait une fasciite nécrosante, une destruction rapide des tissus. La bactérie pourrait aussi gagner le sang et provoquer une septicémie. Toutefois, ces formes sévères restent peu fréquentes. Les personnes fragiles ou immunodéprimées courent le plus grand danger.

Le réchauffement repousse la zone à risque vers le nord

Les eaux longtemps trop froides deviennent peu à peu accueillantes pour ce microbe. Par conséquent, des régions autrefois épargnées entrent désormais dans la zone de surveillance. La mer du Nord et plusieurs sites côtiers européens montrent déjà des signes de présence.

Les spécialistes notent que la saison à risque s’allonge d’année en année. L’eau se réchauffe plus tôt au printemps et reste tiède plus tard en automne. Dès lors, la fenêtre d’exposition se prolonge des deux côtés. Une eau dépassant 20 degrés suffit souvent à rendre le milieu favorable. Cette tendance accompagne la hausse continue des températures marines en Europe.