La réhabilitation par M. Volodymyr Zelensky de certaines figures du nationalisme ukrainien des années 1940 a suscité une vive réaction en Pologne. Varsovie rappelle que ces organisations et leurs dirigeants restent associés aux massacres de civils polonais en Volhynie.
Cette polémique réactive l’un des grands traumatismes de l’Europe orientale contemporaine. La guerre sélectionne ses héros. Elle simplifie les récits nationaux et transforme des trajectoires historiques contradictoires en symboles mobilisateurs.
Dans Le Monde diplomatique, l’historienne Catherine Gousseff retrace la formation de la frontière polono-ukrainienne. Les nationalismes polonais et ukrainiens ont cherché à faire coïncider nation et territoire. Ils ont produit massacres, expulsions et déplacements forcés de populations. Ils ont fait disparaître les minorités qui vivaient de part et d’autre de la frontière.
Les hommages rendus aujourd’hui par Kiev puisent dans cet héritage politique. Les figures célébrées comme des combattants de l’indépendance incarnent aussi un projet : faire coïncider nation et territoire. Les frontières se sont stabilisées. Les mémoires demeurent inconciliables.
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