RE-publication
ATTESTATION DE TEMOIN EN DEFENSE DE MERLIN
Une justice sous influence
Depuis presque vingt ans, les plus hauts magistrats de France ne cessent d’appeler à modifier la Constitution pour renforcer notre Etat de droit et garantir l’indépendance du ministère public. Ainsi, la Cour européenne des droits de l’homme, sanctionne chaque année la France pour ce refus qui permet au pouvoir d’avoir barre sur les procureurs et imposer une politique pénale qui lui convient, au profit des «puissants » et au détriment des « misérables ». Des événements dramatiques récents nous interpellent sur l’état de déliquescence du couple justice/ police.
Le gouffre est sidérant entre les moyens indignes mis en œuvre pour protéger un petite fille violée et ceux des forces de police déployées pour la parade et surtout pour endiguer et saboter toutes les formes de contestations sociales, et interroge sur la fonction réelle de ces appareils étatiques.
C’est dans ce contexte qu’est mise en scène l’affaire Merlin Longuet. Depuis février 2021, celui qui est apparu comme le leader du « café des libertés » est la victime d’une entreprise de démolition perpétrée par les gens d’un pouvoir aux abois qui voient en lui un produit de ce mouvement des gilets jaunes qui les a tellement effrayés. Est-ce pour cette raison et qu’ils ont décidé de briser Merlin Longuet, par tous les moyens, y compris les plus abjectes.
De multiples arrestations parfois violentes, des gardes à vues, des interrogatoires, des perquisitions, de la prison, des dizaines d’amendes et de condamnations pécuniaires, etc.
La maltraitance que subit Merlin depuis 2021 relève maintenant de la Cour européenne des droits de l’homme.
Le choix assumé d’un procès politique
Il parait impossible ces temps-ci, de justifier l’exploitation judiciaire ahurissante d’un bref échange de coups entre deux adultes sans dommages quand tant de crimes contre des femmes et des enfants ne sont même pas instruits.
Cette affaire justifie pleinement de convoquer « la défense de rupture » : « Je suis ici pour accuser, non pour me défendre ! » Karl Liebknecht compagnon de Rosa Luxemburg à son procès (Berlin, 1916)
Le café des libertés
Vieux militant d’extrême gauche (77 ans), j’ai assisté à de nombreuses manifestations et rassemblements, avec parfois des responsabilités en matière de service d’ordre. Je me suis intéressé au mouvement social dit « Le Café des Libertés » à Forcalquier qui a installé une zone alternative et autonome pour effectuer un certains nombre de prestations devant un public très varié. Limité dans mes déplacements en raison d’handicaps et retraité, j’ai pu me positionner en tant qu’observateur, particulièrement attentif, toute la durée du mouvement, de longues heures, journées et soirées comprises.
Forcalquier
Dans un climat politique détestable à Forcalquier – qui a vu son maire M. David Gehant prendre la tête d’une fronde de maires du département contre le supposé laxisme du procureur de Digne-les-Bains – je craignais, la survenance d’incidents déclenchés par des provocations policières, des agressions menées par des groupes d’extrême droite ou d’autres débordements. Ce fut l’occasion d’inviter toutes les personnes concernées par la justice pour un débat public sur le droit, animé par un excellent juriste en la personne de Daniel Adam-Salamon de l’association « droits et libertés sur la nécessaire séparation des pouvoir et sur le concept de « désobéissance civile ».
Le « café des libertés » a constitué des mois durant un lieu d’accueil large, ouvert à tous y compris à toutes sortes de publics, très jeunes ou plus vieux mais aussi des accidentés de la vie, tous y retrouvaient, la nostalgie d’une convivialité perdue, avec de quoi manger et boire et écouter de la musique : Un lieu de vie.
Des rassemblements festifs auto-organisés, à prix libres, sans service d’ordre avec parfois plusieurs centaines de personnes, se sont régulièrement déroulés sans incident notable ce qui est en soi une grande réussite.
Le « fameux Guillaume » tout de suite repéré
Cette vigilance de tous les instants m’a permis de repérer très rapidement l’étrangeté de la présence du fameux « Guillaume » comme élément à surveiller particulièrement. Son discours confus, son absence totale de convictions politiques dont il ne connaissait même pas le vocabulaire de base rendait sa présence permanente suspecte.
Je l’ai accompagné à une réunion organisée par le « mouvement des soulèvements de la terre ». Les représentants du « café des libertés » devaient y insister sur la distinction nécessaire à établir entre les revendications écologiques et relativiser les thématiques autour de la sexualité, l’homophobie, et le transgenrisme.
« Guillaume » est intervenu sur une position totalement en contradiction avec celle que nous avions convenu au niveau du café des libertés. Quand je lui en ai fait la remarque et le reproche par la suite sa réponse a été juste une dénonciation véhémente et stupéfiante de Merlin Longuet, se positionnant ainsi sur des arguments égotiques complètement décalés avec le sujet et révélant une hargne personnelle incongrue et inquiétante à l’encontre du porte parole Merlin Longuet.
Cette attaque personnelle a nourrit d’autres dissensions et désordres au sein du collectif et Guillaume est apparu comme un fauteur de troubles. Une attitude qui s’est aggravée au fil du temps de telle sorte que le collectif lui a demandé de quitter les lieux occupés par le café des libertés. C’est dans ce contexte qu’il est revenu à la soirée festive se livrer à une provocation : agresser violemment Merlin Longuet en public, en comptant sur sa réaction pour jouer la victime, ce qu’on nomme « un coup monté ». Du reste, s’approcher de quelqu’un, comme pour lui parler et lui asséner le fameux « coup de boule » des voyous est un geste de lâche.
Je le soupçonnais, compte tenu de son passé lourd passif judiciaire, en autre dans les petits trafics de stupéfiants, d’être un « indic » de police mais visiblement, c’était aussi un « agent provocateur ».
Du reste, le gendarme Fiorini qui déploie encore son acharnement pour faire tomber Merlin n’hésitait pas à dire tout le bien qu’il pensait de « sa taupe » Guillaume. En particulier lors des deux interrogatoires un de trois heures puis autre de deux heures infligées à une infirmière en retraite. Il fallait lui faire reconnaître qu’elle avait soigné Merlin et trahir ainsi ses obligations de secret médical.
Une mobilisation stupéfiante de gendarmes faire tomber le « leader » du café. L’excès de zèle extravagant du gendarme Fiorini pour « accrocher le scalp » de Merlin dans son bureau était bien connu et même moqué.
« Guillaume » a pu s‘entourer d’une petite clique jalouse de la notoriété et de la popularité de Merlin Longuet, armée d’une volonté de lui nuire à tout prix, y compris en détruisant « le café des libertés et son collectif. Biberonnés aux théories complotistes les plus extravagantes, ses membres cultivent tous un rapport aux réalités des plus altéré.
Un procès de toute évidence politique, un bon classique pour « casser » un opposant irréductible.
De récentes affaires concernant des viols de petites filles n’ont pas bénéficié de cette mobilisation policière.
Le « café des libertés » a été un mouvement social et politique totalement original même s’il s’inscrivait dans la suite des « gilets jaunes ». Il a mobilisé, de 2021 à 2024 des centaines de personnes venues de toute la France visiter cet havre de liberté. Mais tout mouvement collectif a tendance à céder aux pressions pour désigner en son sein un « porte parole », un représentant », un responsable en mesure aussi de prendre tout sur lui pour protéger les autres. C’est bien sûr à Merlin qu’a échu ce rôle. Un solide gaillard, fort dans l’adversité mais sensible à toutes les détresses et transpirant de bienveillance.
Merlin Longuet n’est pas un politicien «récupérable », il n’est candidat à aucune élection, repousse toute idée de parti à tel point qu’il était classé à l’extrême gauche quand il « récupérait avec « l’Equipe » les « invendus » des super marchés et qu’il prônait la « désobéissance civile », quand d’autres l’accusent d’accointance avec l’extrême droite. Mais c’est juste un homme qui se bat sur tous les terrains pour dénoncer l’épouvantement d’un système devenu fou avec comme seules armes, l’engagement personnel, l’exigence de vérités et la défense des libertés pour chacun d’entre nous : il agit pour le bien commun.