VERS LE CONTRE-BACKLASH ECOSOCIAL

Daniel Tanuro

Records absolus battus dans l’ouest de la France. 40,6 °C à Rennes (Ille-et-Vilaine), 40,9 °C à Angers (Maine-et-Loire), 42 °C à Saintes (Charente-Maritime), 41,9 °C à Bordeaux (Gironde). La valeur la plus élevée a été relevée à Châteaumeillant (Cher) : 43,3 °C.
Record pour un mois de juin battu à Paris: 38,4 °C.
Cinquante-quatre départements comptant au total 38,8 millions d’habitants placés en vigilance rouge. Températures incompatibles avec le travail, en particulier à l’extérieur, et avec l’étude (examens).
Trains supprimés. Centrales nucléaires mises à l’arrêt. Les impacts sur l’agriculture, l’elevage, la sylviculture et la pêche ne pourront être estimés qu’à posteriori. Idem pour les impacts sur la faune et la flore sauvages ( terrestre et aquatique).
La canicule nous envoie un message (déjà éprouvé dans d’autres régions du monde, au Sud en particulier): la catastrophe climatique, nous y sommes deja. Elle grandit et s’accélère. A politique inchangée, c’est le cap des 50°C qui sera franchi en Europe dans un futur relativeme nt proche.
Comme je ne cesse de le répéter, cette menace demande à la fois
1)un plan d’urgence pour protéger les populations et les écosystèmes dans la justice sociale (pas l’adaptation à la sauce des gouvernements, qui est en général une « maladaptation », dénoncée par le GIEC), donc en arrêtant les politiques d’austérité, en arrêtant la chasse aux migrant.e.s et en prenant l’argent la où il est;
2) des mesures fortes de réduction immédiates des émissions de gaz à effet de serre dont le caractère inutile ou nuisible ne fait aucun doute dans cette situation de crise aiguë, en ciblant en particulier la consommation des très riches (yachts de luxe, jets prives, quotas de transport aérien, usages de la voiture personnelle- mais aussi: fuites de méthane dans l’industrie et torchage, centres de données de l’IA, etc etc) avec garantie de maintien du salaire pour les personnels concernés;
3) l’élaboration démocratique d’un plan anticapitaliste pour sortir rapidement des fossiles (ce qui necessite une decroissance juste). Ce plan a pour condition de faisabilite, comme clé de voûte, la socialisation de la finance et de l’énergie.
En quelques annees, un gigantesque backlash antiecologique (notamment!) a submergé la société, pour le plus grand profit du capital fossile. Trump y a joué un rôle, mais le phenomene est plus profond et fondamental: le Capital est fossile, le reste, et entend le rester (la part des fossiles dans le mix énergétique mondial reste autour de 80%, elle n’a quasiment pas baissé depuis Rio 92).
La canicule nous invite donc à remettre les pendules a l’heure. Ce systeme pourri et ses « elites » (!) nihilistes, gravées de luxe et assoiffees de plus-value, nous entrainent vers un abime inhumain, barbare. Mobilisons-nous pour le contre- backlash ecosocial.