Ils sont là, les pauvres cons envoyés sur le front. De jeunes journalistes, souvent passionnés par le métier, propulsés dans une machine qui doit nourrir une antenne 24 heures sur 24. Il faut parler. Toujours parler. Même quand on n’a rien à dire. Alors on improvise. On confond un pin avec un sapin, on balance des termes techniques au hasard, on s’émerveille devant une lance à incendie. Peu importe. L’essentiel, c’est que le direct continue et que le bandeau rouge ne s’arrête jamais.
Puis arrive le moment du micro tendu au sinistré.
« Bonjour Francis… Votre maison vient de brûler. Qu’est-ce que vous ressentez ? Pouvez-vous nous raconter ce que vous voyez ? »
Non mais Sérieusement ? Francis vient de tout perdre. Sa maison. Une vie entière de souvenirs. Des photos de famille, des objets sans grande valeur marchande, mais irremplaçables à ses yeux. Et pourtant, la première préoccupation de BFMTV est de lui tendre un micro pour lui arracher une réaction à chaud…
Informer est indispensable. Personne ne le conteste. Mais bordel transformer la détresse d’un homme en spectacle, entre deux duplex et une succession de « spécialistes » qui commentent tout et son contraire pendant des heures, ce n’est plus de l’information. C’est du sensationnalisme.
BFM Habillez-vous de honte !
Pépé