La catastrophe arrive.

Par aplutsoc2 le 10 juillet 2026
Photo illustrant cet article : déjà plus de 1000 hectares brûlés dans une zone humide desséchée, la Brenne.
La catastrophe thermique, alimentaire et sociale, arrive à toute allure en France. On appelle encore ce qui nous arrive la « 3° canicule », celle de juillet après celle de juin et celle de mai, mais le terme est impropre : il s’agit de l’emballement climatique, prévu, connu, même s’il apparait aujourd’hui que le GIEC, intimidé, apeuré, par les menaces des lobbies climatosceptiques financés par les trusts du capital fossile et nourrissant l’extrême droite, n’avait pas osé tirer publiquement toutes les conclusions.
Les dites conclusions arrivent à toute vitesse. L’enchainement des trois « canicules » s’est produit AVANT MEME qu’El Nino, le plus grand El Nino de l’histoire, lui-même amplifié par le réchauffement, ne soit vraiment enclenché. C’est donc, avec la marge d’incertitude aléatoire du à la circulation atmosphérique instable, la menace d’une amplification continue du phénomène meurtrier, sur toutes les prochaines semaines, voire les prochains mois.
D’ores et déjà vieux isolés et nouveaux nés meurent. D’ores et déjà. Nous publions ci-dessous la lettre ouverte au ministre du Travail de la CGT Travail, Emploi, Formation professionnelle, qui fait mesurer l’état d’impréparation des textes du droit du travail. C’est la question du débrayage pour survivre, de la grève climatique, qui arrive à toute allure.
Le gouvernement vient d’adopter un plan « ORSEC chaleur » supposé permettre, selon les décisions préfectorales, la mise à l’abri d’autorité dans des locaux supposément moins brûlants, des personnes âgées isolées et des personnes à la rue (« SDF »). Mais qu’ ont fait le pouvoir exécutif et ses appuis parlementaires jusque là ? Ils étaient plus occupés à faire voter, avec le RN, la loi autorisant les assassinats policiers. Et, au Sénat, à élargir à nouveau le droit de polluer et de rendre les gens malades pour les capitalistes agro-industriels FNSEA et Coordination rurale.
Un texte assez connu de Lénine, en 1917, annonçait la révolution d’Octobre par ce titre : La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer. La vérité historique est qu’elle n’a pas été conjurée, que l’implosion des infrastructure et la famine se sont produites dans l’empire russe et poursuivi dans le territoire soviétique, mais que la catastrophe a formé la base de la révolution.
De même, la catastrophe bioclimatique n’est plus imminente, et on ne la conjurera pas : elle est là. Mais quand au gouvernement on parle d’adapter le pays à 4 degré de plus d’ici la fin du siècle, on doit comprendre une chose : c’est la mort de millions de gens qu’ils envisagent, de milliards à l’échelle planétaire. On peut encore éviter les plus 4 degrés, l’étuve mortelle, par des mesures stoppant les émissions de CO2 qui ne peuvent qu’être coercitive, mais faiblement pour le plus grand nombre et durement, radicalement, pour tout ce qui touche à l’accumulation et à la circulation accélérées du capital, et donc pour les capitalistes. De même, on peut « adapter » par la végétalisation, les volets en bois, les dispositifs de santé publique, et la climatisation dosée et ciblée, mais cela aussi n’est possible que par des mesures de mise en commun, de socialisation et d’expropriation du capital.
Outre les incendies généralisés et le caractère terrible de l’existence quotidienne, la crise thermique va se traduire par des hausses massives des prix alimentaires et des pénuries. Aucun candidat à la présidentielle, est-il besoin de le dire, n’est préparé à cela, aucun n’a envisagé que son joli calendrier institutionnel pourrait être secoué par les forces telluriques du capital fossile et l’ébranlement social qu’elles vont provoquer. Nous y allons tout droit. Toute politique qui ne part de cela est aux antipodes du réalime.