« La guerre la plus meurtrière après la seconde guerre mondiale est en cours » – et personne n’en parle

La guerre se cache derrière les voitures électriques, les ordinateurs et les téléphones, explique David Maenda Kithoko dans cet entretien. Une exploitation sanglante des ressources du Sud, dénonce cet enseignant et militant.

Il a vécu une enfance heureuse mais courte au bord du lac Tanganyka, en République démocratique du Congo (RDC) avant que les balles et la guerre fassent fuir la famille vers le Rwanda. Là, la répression l’a obligé à fuir encore, conduisant l’adolescent et les siens vers Mayotte, où sa famille s’est heurtée au racisme. Avant de découvrir la France métropolitaine — et la vie dans la rue, parce qu’il n’y avait pas d’asile.

Ce parcours, c’est celui de David Maenda Kithoko, un parcours d’exil comme des milliers d’autres. Une histoire, aussi, comme on en entend peu. Mais David a forcé le destin, il a fait des études, il a réussi Sciences Po Lyon, et enseigne maintenant à l’université Lyon II et travaille dans une société d’économie sociale et solidaire. Il anime aussi Génération lumière, une association qui se bat pour faire reconnaître le poids des mines dans les guerres, et notamment en RDC.

Car derrière chaque téléphone, chaque ordinateur, chaque voiture électrique il y a des parcelles de métaux, du cobalt, du coltan du cuivre, et derrière les métaux, il y a du sang, la guerre, les morts, la misère. C’est ce que nous explique David Maenda Kithoko dans cet entretien, où il ouvre la voie d’un monde où la sobriété conduirait à la paix et à des liens renouvelés entre humains.

4 juillet 2026  

David Maenda Kithoko et Hervé Kempf. © Mathieu Génon / Reporterre