MADAME LA PRÉFÈTE, NOUS EXIGEONS DES EXPLICATIONS 
Sur le terrain, la réalité est simple : il n’y a pas d’eau en forêt. Il faut donc l’y acheminer.
Dans le Médoc, nous savons le faire. Agriculteurs, transporteurs et bénévoles sont capables de s’organiser jour et nuit, avec des tracteurs, des tonnes à eau et des camions-citernes pouvant transporter jusqu’à 12 000 litres chacun, afin de ravitailler les pompiers aux points définis par le commandement des secours.
La photographie le démontre : lorsque les moyens agricoles sont intégrés et coordonnés, ils peuvent soutenir concrètement les sapeurs-pompiers.
Pourtant, plusieurs camions-citernes venus apporter de l’eau auraient été refusés hier à Royan. Si cette information est confirmée, cette décision est incompréhensible et potentiellement lourde de conséquences.
Alors que les incendies menacent les populations, les habitations, les forêts et les animaux, comment peut-on refuser des milliers de litres d’eau sans fournir immédiatement une solution de remplacement ?
La loi permet pourtant d’agir.
L’article L. 742-2 du Code de la sécurité intérieure prévoit qu’en cas de sinistre dépassant les capacités d’une commune, le préfet peut mobiliser ou réquisitionner les moyens privés nécessaires aux secours.
L’article L. 2215-1 du Code général des collectivités territoriales permet également au préfet, en cas d’urgence menaçant la sécurité publique, de réquisitionner par arrêté tout bien, service ou personne nécessaire.
Enfin, l’article L. 721-1 du Code de la sécurité intérieure rappelle que chaque citoyen concourt, dans la mesure de ses possibilités, à la sécurité civile.
Nous ne demandons pas aux agriculteurs et aux transporteurs de pénétrer seuls dans les zones dangereuses ni de désobéir aux forces de l’ordre. Nous demandons que leurs moyens soient recensés, encadrés et officiellement intégrés aux opérations, avec :
– des points de remplissage et de livraison clairement indiqués ;
– des itinéraires sécurisés ;
– un responsable opérationnel identifiable ;
– une coordination permanente avec les pompiers ;
– une mobilisation ou une réquisition officielle protégeant les conducteurs et leur matériel.
Madame la Préfète, vous disposez des moyens juridiques pour organiser cette aide. Pourquoi ne sont-ils pas utilisés ?
Qui a décidé de refuser ces citernes ?
Pour quel motif précis ?
Quelle solution équivalente a été mise en place ?
Combien de litres d’eau disponibles ont ainsi été écartés ?
Les habitants ne peuvent plus se satisfaire de décisions opaques et de réponses vagues. Nous sommes disponibles, équipés et organisés. Refuser cette aide sans explication publique ni dispositif alternatif est indéfendable.
Les Médocains sont prêts à agir, nuit et jour.
Donnez-leur un cadre, un point de ralliement et une mission.
Pendant que la forêt brûle, chaque litre d’eau et chaque minute comptent.