23 000 VIES LA SOLIDARITE ET LA GENEROSITE FACE AU CYNISME

Au moment où des dizaines de milliers de migrants viennent d’être refoulés de Ceuta, après que 80 d’entre eux, selon les derniers chiffres, soient morts noyés, le film 23 000 vies est à voir et à faire voir. Il raconte l’histoire d’un groupe de jeunes Allemands qui ont fondé l’association Jugend Rettet et affrété un bateau, le Juventa, pour partir sauver des migrants en Méditerrannée. Ce film n’est ni un documentaire ni une œuvre de fiction, mais il réussit à donner vie à cette équipe courageuse. Il montre tous les obstacles qu’il lui a fallu surmonter, à commencer par réunir les fonds pour acheter et équiper le navire. Mais les difficultés les plus grandes sont venues de l’hostilité des Etats européens à leur action. Si le secours en mer est un usage et une obligation légale, les prétextes les plus cyniques ont été mis en avant pour l’entraver. Surtout depuis que l’Union Européenne a sous-traité le contrôle des migrants à la Tunisie et la Libye en les dotant de subventions de plusieurs dizaines de millions d’euros pour bloquer les embarcations et enfermer leurs passagers. C’est ainsi que le Juventa a été agressé par les gardes-côtes libyens, puis saisi par la marine italienne, sous l’accusation de collaboration avec les passeurs. La politique répressive de l’Italie a été renforcée par l’extrême droite, mais en France aussi le pouvoir s’en prend aux ONG qui apportent leur assistance aux migrants en difficultés.
Trois des principaux activistes de Jugend Rettet ont donc été l’objet de poursuites judiciaires interminables et ce n’est qu’au bout de sept ans de procédures qu’ils seront acquittés. Pendant ce temps, leur bateau a rouillé et est devenu inutilisable. Les frais de justice se sont élevés à plus d’un million d’euros.
Ce film met donc en lumière la politique criminelle des Etats européens. Une politique qui a officiellement coûté la vie à 28 888 personnes entre 2014 et 2024, sans compter les victimes de naufrages qui se sont déroulés sans témoin.
Espérons que la diffusion de ce film sur une plate-forme grand public comme Netflix contribuera à susciter la révolte contre ces crimes. A voir et à faire voir ! Les migrants sont nos frères. Nous devons exiger la liberté de circulation et d’installation de tous les peuples.