604 personnes au service direct d’une seule fonction. C’est le chiffre marquant qui illustre l’ampleur des moyens permanents alloués au Premier ministre à Matignon, quel que soit le gouvernement en place.
Selon les données officielles extraites des annexes aux projets de loi de finances et compilées par l’association Contribuables Associés, le fonctionnement quotidien des services de la primature mobilise une véritable armée de fonctionnaires et de contractuels. Dans le détail, on dénombre notamment 164 personnes au secrétariat, 60 personnes affectées exclusivement à la cuisine et à l’hôtellerie, 38 agents dédiés à la sécurité et 14 chauffeurs.
Au-delà des salaires de base, le montant des seules enveloppes de primes distribuées aux cabinets, désormais baptisées indemnités de sujétion particulières, atteint 7,47 millions d’euros par an. Ces moyens colossaux ne visent pas un homme en particulier, mais révèlent la lourdeur structurelle de la haute fonction publique française qui perdure de gouvernement en gouvernement, de droite comme de gauche.
À l’heure où les gouvernements successifs réclament des efforts constants aux Français, rabotent les aides sociales, durcissent les conditions de retraite et recherchent désespérément des milliards d’économies dans les budgets publics, le maintien d’un tel niveau de dépenses pour une seule institution interroge légitimement. L’exemplarité de l’État devrait commencer par la réduction de son propre train de vie.
Trouvez-vous ce train de vie institutionnel justifié par les exigences de la fonction ? L’État devrait-il s’appliquer à lui-même la rigueur qu’il impose aux citoyens ? 
Sources: Contribuables Associés, Projet de loi de finances
