Ibrahim Bernat, Palestinien réfugié en France. Appel à soutien

Ibrahim Bernat :
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APPEL Au SOUTIEN À LA SOLIDARITÉ
Que reste-t-il, en France, de la liberté, de la justice, de l’égalité et de la démocratie ?
Je suis Ibrahim Bernat, militant politique et médiatique palestinien, blessé et ancien prisonnier. Je suis issu d’une famille dont une grande partie a été tués, blessés ou emprisonnés. Je suis Palestinien, je vis en France depuis quinze ans et j’y bénéficie d’un statut de résident permanent.
Durant toutes ces années, je n’ai jamais commis la moindre infraction, ni en France ni ailleurs. J’ai fait de cette terre mon pays d’accueil, j’y ai construit ma vie, fondé une famille, bâti un foyer et travaillé sans relâche pour avancer et offrir aux miens une existence digne.
Après avoir traversé en Palestine des années de douleur, d’injustice, de guerre et de persécution, j’avais voulu croire qu’il était possible de laisser derrière moi cette période sombre et de reconstruire ma vie.
Mais, au lendemain des événements de Gaza, tout a basculé.
J’ai été arrêté par les autorités françaises et mon domicile a été perquisitionné, sans qu’aucun élément de preuve ne vienne, à mes yeux, justifier les accusations portées contre moi.
Pendant deux ans et demi, ma vie s’est retrouvée suspendue au fil des audiences et des procédures judiciaires. J’ai été poursuivi pour « apologie du terrorisme », au terme d’un dossier d’accusation de soixante pages comportant pas moins de 153 chefs d’accusation et délits, que je considérais comme totalement infondés.
J’ai été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis et inscrit pour cinq ans sur un fichier lié au terrorisme.
Puis vint le procès en appel. Et cette fois, la vérité finit par triompher.
J’ai été totalement acquitté de l’ensemble des accusations portées contre moi. La cour a reconnu mon innocence et constaté l’absence de fondement des poursuites engagées, fondées sur des accusations que je considérais comme vagues, disproportionnées et dépourvues de preuves.
Après avoir vécu deux ans et demi sous le poids de ces accusations, je suis donc en droit de poser une question : qui réparera ce qui m’a été fait ?
Qui prendra en charge les sommes considérables consacrées à ma défense ? Qui réparera les blessures invisibles laissées par ces années d’angoisse, d’incertitude et de combat ? Qui rendra à ma famille et à moi-même ces années de vie suspendue, ces années que personne ne pourra jamais nous restituer ?
Et pourtant, alors que je pensais enfin pouvoir tourner la page, une nouvelle épreuve vient de m’être imposée.
Il y a quelques jours, la préfecture m’a adressé un courrier officiel m’enjoignant, dans un délai de quinze jours, de restituer mes documents français et mon titre de séjour permanent, au motif que j’aurais été mis en cause dans une affaire liée au terrorisme.
Comme si mon acquittement n’avait jamais existé.
Comme si la décision de justice n’avait aucune portée.
Comme si, après avoir été innocenté par la justice, je devais encore me défendre contre les mêmes accusations.
Alors je pose cette question, avec gravité :
Où est le droit ?
Quelle autorité décide aujourd’hui de mon avenir ? Et existe-t-il, dans cet État de droit, une autorité qui puisse se placer au-dessus de la justice ?
Comment comprendre qu’une administration puisse continuer à me traiter comme coupable après que la justice m’a définitivement innocenté ?
Que reste-t-il alors de ces principes que nous considérons comme les fondements de la République française : la liberté, la justice, l’égalité et la démocratie ?
Je ne demande aucun privilège. Je demande simplement que la justice soit la même pour tous. Je demande que le droit protège celui qui a été reconnu innocent. Je demande que quinze années de vie, de travail, de famille et d’intégration en France ne puissent être effacées par de simples accusations, surtout lorsque la justice elle-même a reconnu qu’elles étaient infondées.
Je veux encore croire que la France est cette terre de liberté, de justice et de droits que nous avons appris à respecter.
Mais aujourd’hui, une question demeure, douloureuse et sans réponse :
Si même une décision de justice ne suffit plus à vous rendre votre innocence, alors où peut-on encore trouver refuge dans le droit ?
Liberté pour la Palestine. 🇵🇸