LA LUTTE CONTRE LA « MERDIFICATION » des USA

LA LUTTE CONTRE LA « MERDIFICATION » OU LA FORME ACTUELLE DE LA PRISE DE CONSCIENCE DE CLASSE DU PEUPLE AMERICAIN CONTRE LE SYSTEME CAPITALISTE
Aux USA, de plus en plus de gens prennent conscience qu’avec Trump tout ou presque part à vau-l’eau.
Pourquoi ?
Trump est bien sûr épouvantable, mais beaucoup comprennent au travers de sa gouvernance qu’il n’est pas la seule cause de toutes les défaillances de ce système. Il en est qu’une une conséquence. Il est comme un furoncle sur son arrière-train : une pustule infectée sur le cul gigantesque du système capitaliste américain et ses expressions politiques et sociales. Ce furoncle aurait fini par s’infecter de toute façon, en raison de failles plus profondes dans le système et son évolution actuelle.
Des millions d’Américains, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont conscience que quelque chose ne tourne plus rond. La concentration des richesses en Amérique a engendré un système politique où les ultra-riches peuvent s’offrir ouvertement le Congrès et la présidence, un système éducatif où ils peuvent acheter l’admission de leurs enfants à l’université pendant que les plus pauvres ne peuvent plus se la payer, un système de santé où ils peuvent s’offrir des soins inaccessibles au commun des mortels, et un système judiciaire où ils peuvent échapper à la prison grâce à leur argent. Quant au reste de la population, il a été précipité dans une dystopie faite d’arbitraire bureaucratique, de cupidité des grandes entreprises et de gouffres juridiques et financiers, autant de caractéristiques désormais emblématiques de la vie américaine moderne. Le terme « enshittification » » (que l’on pourrait traduire par « merdification ») a été inventé en 2022 par le romancier Cory Doctorow pour décrire la dégradation de la qualité de presque tout ce qui nous entoure. ». Les entreprises en situation de monopole augmentent les prix de leurs produits tout en réduisant la qualité des services sans plus payer d’impôts pour la collectivité. Le matériel tombe plus souvent en panne qu’auparavant. L’avènement de l’IA a mis en lumière la perspective d’un chômage de masse, ainsi que la baisse permanente de la part des travailleurs dans les revenus des entreprises et dans le revenu national. Les oligarques qui dépensent aujourd’hui des centaines de milliards de dollars pour développer l’IA — grâce à des fonds acheminés par des figures éminentes de Wall Street, Démocrates ou Républicaines— ont tout mis en œuvre pour maintenir les salaires à un niveau bas, empêcher les travailleurs de s’organiser ou de se syndiquer et les priver de tout pouvoir politique réel ; ils financent désormais des campagnes contre l’Etat lui-même visant à protéger leurs fortunes contre une hausse de l’imposition sur les revenus du capital et sur la richesse. L’État est privé des ressources fiscales nécessaires pour assurer même les services publics les plus élémentaires. Le système tout entier semble s’effondrer sur lui-même.
Le terme « enshittification a été officiellement intégré aujourd’hui à des ouvrages de référence majeurs, comme le dictionnaire Merriam-Webster. Il reflète le sentiment, de plus en plus répandu, d’être traité comme de la merde par les grandes entreprises, les grands groupes hospitaliers, les géants de l’énergie et les compagnies d’assurance, tout en s’enlisant dans des imbroglios juridiques interminables au sein des bureaucraties d’entreprise et d’État. Comme l’a écrit le *New Yorker*, nous vivons à « l’ère de la merdification ». Ce dysfonctionnement systémique colossal génère une vive et large agitation, faite de colère, de frustration et d’indignation. Cette colère explique en grande partie pourquoi Trump est devenu président — à deux reprises (bien qu’il ait encore davantage « merdifié » l’Amérique et une grande partie du monde) en même temps que plus il « merdifie » aujourd’hui les USA et la planète, une minorité grandissante manifeste au quotidien son indignation dans des manifestations de masse continues, jusqu’à des embryons de grèves générales contre Trump et les milliardaires et glisse politiquement de plus en plus vers la gauche en se tournant vers l’offre existante, celle des DSA (Démocrates Socialistes d’Amérique) de Bernie Sanders, sensiblement l’équivalent ici de LFI, élisent un maire DSA à New-York et s’apprêtent à faire de même en novembre 2026 à Washington, Los Angeles et bien d’autres villes ou encore à postes d’élus, allant de sénateurs à députés, ou de shériffs à procureurs. Dans tout système, cette montée de la température signale un changement potentiel d’importance à venir. Tout comme les plaques tectoniques provoquent séismes et éruptions lorsqu’elles entrent en collision, cette chaleur témoigne de bouleversements sous-jacents. Dans l’Amérique d’aujourd’hui, le statu quo est devenu intenable. Il fut que ça change. Des tensions souterraines s’accumulent. Dans un premier temps, Trump a exploité ces tensions à des fins malveillantes. En même temps, il a récolté en 2020 le plus important mouvement social de l’histoire des USA, celui de Black Lives Matter (BLM), avant qu’il ne soit lui-même dépassé par celui en cours « Hands Off » puis « No Kings » et maintenant depuis le 1er mai 2026, la menace d’une grève générale ainsi que la mise sous contrôle populaire du scrutin de mi-mandat début novembre, si Trump venait à saboter les élections.
Mais même si Trump à l’issue de ces élections venait à être remplacé par une personne noble, humble et talentueuse, soucieuse de l’intérêt de l’Amérique plutôt que du sien — en somme, l’exact opposé de Trump —, tout le monde a compris que les USA resteraient en difficulté. Le Parti Républicain est haï, mais le Parti Démocrate n’est guère plus estimé. Et s’il y a une vague bleue (Démocrate) en novembre, ce ne sera pas par adhésion mais par rejet du trumpisme. Le système tout entier est déréglé. Il nécessite une transformation fondamentale. C’est cela qui fermente aux USA comme dans le monde. Ce qui se passe aux USA vu l’importance du pays, nous concerne au premier chef et accompagne et préfigure des évolutions et des prises de conscience planétaires. Les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 ne sont plus un but final comme auparavant pour les électeurs américains mais une première étape pour les classes populaires américaines et de la planète pour stopper la descente dans la « merdification », le fascisme et la barbarie et commencer la construction d’une véritable alternative socialiste internationale au monde capitaliste pourrissant.
Peut être un mème de ordures et texte
(Image. « Garbage day » : jour de ramassage des ordures)