Les positions internationales de Jean-Luc Mélenchon, doivent être analysées

Les positions internationales de LFI et de son candidat pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, doivent être analysées au plus près, car elles pèsent, et pas dans le bon sens, sur la gauche et dans les mouvements associatifs intervenant sur ce terrain de l’international.
Ce mouvement, qui aspire à faire élire son candidat à la présidence de la République et à lui donner une majorité législative, oblige à interroger, voire à interpeller, le double standard auquel il soumet le devoir de solidarité envers, soit des peuples en lutte pour conserver ou obtenir leur souveraineté, en se confrontant à des guerres prenant parfois une dimension génocidaire, soit subissant, sans moyens de se défendre, des oppressions, tendanciellement aussi génocidaires.
Ce double standard insoumis se configure exemplairement dans le, au demeurant, très juste, tout pour la Palestine, mais rien pour l’Ukraine. Et je dis rien, par exemple par le refus total de mobiliser dans la rue, dans un mouvement antiguerre pour une paix compatible avec le droit international et le soutien aux résistances, y compris armées, aux agresseurs, en oeuvrant pour, par exemple, développer la solidarité, non exclusive d’autres peuples, avec la Palestine et l’Ukraine. Je reprends : quand je dis rien pour l’Ukraine, je suis loin du compte, car, pour ne prendre que cet aspect des choses, dans ses discours, Jean-Luc Mélenchon, se laisse aller à des diatribes contre la légitimité du président ukrainien, négligeant qu’il bénéficie du soutien de son peuple dans la conduite de la guerre de résistance contre l’armée russe. Et cela, sans jamais, interroger la légitimité du dictateur russe qu’au demeurant il s’abstient de qualifier de néofasciste en interne et de fasciste chimiquement pur dans la guerre qu’il mène en Ukraine.
Je pourrais citer aussi son opposition viscérale à tout approvisionnement en armes de l’Ukraine, imaginez ce que cela donnerait s’il devenait président de la République, y compris pour la sécurité des peuples européens confrontés aux menaces russes, aux incursions aériennes répétées dans leur espace ainsi qu’aux cyberattaques qui s’y multiplient. Le tout dans l’oubli que c’est l’Ukraine combattante qui, de fait, constitue la première ligne de défense desdits peuples européens, spécialement ceux de l’est européen, contre l’expansionnisme poutinien. Dans l’oubli, qu’à ce titre, armer l’Ukraine, qui paye le prix du sang dans la confrontation avec la guerre fasciste, est le premier geste obligé d’une défense militaire, préventive et potentiellement opérationnelle, totalement escamotée dans le programme insoumis, de tous les peuples d’Europe.
Je vous donne ci-joint accès à une contribution d’un responsable écologiste développant une analyse critique, fort argumentée, de la géopolitique insoumise. Ma divergence, importante, avec ce document (1), j’en parlerai en temps voulu, concerne l’absence (ou le peu de place qu’il lui accorde) de mention de la nécessité que, devant les graves impasses géopolitiques dans lesquelles LFI enferme ses soutiens, se développe un débat ouvert en direction de ceux-ci. Un débat à la base, porté par des comités pour un internationalisme sans géométrie variable, et non seulement dans le cadre institutionnel – électoraliste -, suiviste des opinions du candidat, comme cela se dessine. Un débat en faveur du rappel des principes élémentaires d’un internationalisme qu’elle renie dans son essence universaliste au profit d’un pacifisme iréniste passant à côté, et par là nous désarmant face à lui, du danger d’extension, depuis l’est, de la guerre fasciste russe en Europe !
(1) Ce post en faveur du débat sur l’international chez LFI ne saurait être interprété comme une caution accordée au laboratoire d’idées Terra Nova qui le publie sur son site et avec lequel je n’ai, c’est le moins que l’on puisse dire, aucune affinité.
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Extrait
« L’Ukraine et Gaza constituent deux tests décisifs d’une politique étrangère progressiste. Défendre le droit international n’a de sens que si on le défend partout, y compris lorsqu’il faut construire les rapports de force nécessaires pour le faire respecter.
En Ukraine, cela signifie nommer sans ambiguïté l’impérialisme russe et donner aux Ukrainiens les moyens de décider eux-mêmes de leur avenir. La paix ne peut consister à récompenser une guerre d’agression par l’annexion durable de territoires conquis par la force. Et puisque le désengagement américain oblige désormais les Européens à prendre davantage en charge leur sécurité, la réponse ne peut être le retour à une illusoire souveraineté militaire française solitaire. Elle doit passer par une véritable capacité européenne de défense et de dissuasion, capable de protéger le continent sans dépendre des choix de Washington.
À Gaza, la même exigence doit prévaloir. On ne peut invoquer le droit international contre Vladimir Poutine et l’oublier lorsqu’il s’agit du gouvernement de Benyamin Netanyahou. »